Posté(e) 12 novembre 20223 a Bonjour à tous, Après énormément de lecture sur le post traitement des photos astro, de recherche sur le web, d’essais, et encore des essais … Je vais vous présenter en plusieurs parties un « workflow » (comme y disent les jeunes) qui permet de traiter ces prises de vues nocturnes de façon relativement simple, relativement rapide, et relativement pas cher, car le procédé n’utilise que Photoshop (que beaucoup ont déjà) mais qui peut être remplacé par d’autres gratuit, ou d’autres logiciels payant que vous avez déjà et qui permette de faire la même chose. Il y aura un autre logiciel dans le procédé, celui-ci est gratuit et on le voit par la suite. Pourquoi cet aide via ce tuto, car pour se lancer la dedans, quand on commence à chercher un peu on se rend vite compte que ça part dans tous les sens, entre les puristes, les artistes, les débrouillards, les gens qui parlent sans maitriser ce qu’ils disent etc … y a un peu de tout. La démarche ici est simplifiée au maximum et le but sera atteint avec les points suivant : 1- Découvrir la photo astro avec un minimum de matériel, et avec le maximum de matériel que vous avez déjà 2- Comprendre la base du post traitement d’une photo astro 3- Comprendre comment optimiser le signal capté par les prises de vues en l’exploitant sans le dénaturer 4- Utiliser le maximum de logiciel que l’on a déjà, ou utiliser du logiciel gratuit 5- Obtenir une photo finale avec une qualité respectable en termes de netteté, de couleurs, et avoir réussi à faire ressortir des détails sur le signal capté. La suite qui sera présentée n’est absolument pas un guide « voici comment il faut faire pour » ou « la seule est unique façon d’avoir un résultat » … il y a autant de façon de procéder dans la photo astro que de pratiquants, on trouvera toujours quelqu’un pour dire que ce que vous faites ce n’est pas bon, blablabla… bref le refrain classique quand on se retrouve entre humanoïdes … Donc le but ici est simplement de présenter un procédé simple, qui donne des astuces pour éviter des erreurs et qui me semble être accessible a beaucoup, ce qui n’est pas le cas d’autres procédés astro (en tout cas au niveau du débutant). Avant de décoller on aura besoin des softs suivant : - Photoshop, ou équivalent si vous n’avez pas PS, la liste est longue donc à vous de voir, ce qu’il faudra « impérativement » c’est la possibilité de travailler directement sur les courbes, de transformer des RAW en TIFF en ayant la main sur cette transformation de format. Et avec des calques si possible ! - Deep Sky Stacker (DSS) qui est gratuit et se trouve ici (et en francais): http://deepskystacker.free.fr/french/index.html Allez maintenant plus d’excuses on y va ! A. La prise de vue et préparation: Pour la prise de vue de voie lactée, il n’y a rien de mieux que le tuto de @PaciBPhoto qui se trouve ici : Plein de détails d’astuces etc … parfait pour éviter de rater sa soirée J’ajouterai juste à titre indicatif mes réglages sur le boitier: -Prendre un temps d’exposition juste un poil plus court que ce que va donner le calcul de la règle des 500 ou 300 (selon si vous avez un FF ou un APSC), les étoiles n’en seront que plus ronde -Dans les menus du boitier je désactive tout, la correction de luminosité, la réduction du bruit de pose longue, la correction de l’optique etc etc … Plus vous sortez un fichier RAW qui ne sera pas modifié par votre boitier, mieux c’est. Pour du ciel profond, le principe est le même dans la préparation, sauf que l’on va partir sur des focales plus longues, mais plus longues ne veut pas forcément dire 400mm, on peut déjà faire des supers trucs avec un 50mm ou 85mm ou 100mm. Et la présence de pollution lumineuse a un peu moins d’impact en ciel profond si vous avez des longues focales. Sinon, si vous ne connaissez rien ou presque a ce qui se trouve au-dessus de nos tronches de jour comme de nuit, alors il y a un premier logiciel gratos à télécharger et qui s’appelle Stellarium : https://stellarium.org/fr/ Il existe en version application pour smartphone, et je vous conseille de la prendre également (version gratuite, pas besoin de la version payante) On télécharge, on installe on ouvre et hop (version ordi): J’entre pas dans les détails du logiciel et ces possibilités, mais juste sur les petits trucs super cool pour nous gros inculte du ciel que nous sommes dont voici le premier : Le mode recherche d’objet du ciel ! Si on a glané un nom sur le net, qu’on a deux trois souvenirs d’une discussion sur le sujet, ou on connait le nom d’un système stellaire qu’on ressort pour faire les malins les soirs d’été au barbecue quand tout le monde lève le nez en l’air … ben on la tape la et le soft vous envoie directement dessus avec plein d’infos utiles. Autres trucs super cool, et qui va répondre aux questions « oui mais comment je fais pour savoir quoi viser avec mon 105mm ? Est-ce que ma cible sera grosse ou petite avec mon 50mm ? etc … » En haut à droite il y a une icône qui vous permet de choisir votre boitier et votre objectif, Stellarium vous donnera alors un cadre rouge qui va correspondre au champs couvert par votre matos et donc il ne vous reste plus qu’à trouver une cible qui rentre dedans ! Dans cet exemple j’ai pris mon Canon 7D MKII et mon Sigma 105mm ART. Si votre matos n’existe pas dans les listes proposés (et ça sera surement le cas car la liste matos concerne plus du matériel spécifique astro que du matos photo standard) mais pas de panique, on peut créer en 2 minutes son propre matos dans la liste en entrant deux trois infos de base facile à trouver sur le net ou la notice de votre matériel. Un autre exemple avec le Canon 7D MK2 et un 300mm F2.8. Et comme je ne suis pas trop une raclure (enfin j’espère !) Je vous informe qu’avec un 100/105mm (85 ou 135 ca le fait aussi) on peut chercher la Grande Nébuleuse d’Orion (M42) ou La galaxie d’Andromède (M31) qui sont assez facile à trouver dans le ciel et dont la bonne période commence maintenant ou dans quelques semaines (ben oui ça dépend aussi de ou on se trouve sur terre !) Quand tout ça c’est fait, le matos, la cible qui entre dans le cadre … je vous conseille de noter ca quelque part (le nom de la cible par exemple M31 ou Galaxie d’Andromède) car il faudra le ressortir plus tard sur votre téléphone dans l’appli Stellarium, pour vous aider à la trouver dans le ciel votre cible. B. Post Traitement d’une voie lactée: On va commencer par la voie lactée car c’est le sujet qui demande le moins de matos photo spécifique et presque tout le monde a un objectif grand angle ou suffisamment large pour couvrir une partie de la VL. On est des bons élèves, on a suivi le tuto de Bruno à la lettre et on est de retour à la maison avec une série de RAW qui va bien. Que ce soit un cadrage paysage avec VL, un « gros plan » sur la VL ou un objet du ciel profond la suite est la même, avec quelques petites différences dans le cas d’un paysage + VL car il faudra séparer le ciel du sol afin de pouvoir traiter le ciel comme il faut. B.1 Passage du format RAW au format TIFF Le RAW contient beaucoup d’informations, et ça nous intéresse d’avoir beaucoup d’informations car pour un post traitement de VL ce qui nous intéresse c’est de faire ressortir les détails et couleurs que nos yeux ne voient pas. Mais le problème du RAW c’est que beaucoup de logiciel ne le travaille pas et il faut passer du RAW à un autre format plus commun, sans perdre trop de données, le TIFF est parfait pour ça. On ouvre alors la série du soir dans Photoshop via Caméra RAW (ou autre logiciel) et on arrive ici : Une chose importante si vous avez déjà mis vos RAW sur l’ordi via un logiciel comme Lightroom par exemple, il faut sélectionner l’ensemble des photos et réinitialiser tous les réglages à zéro. Il ne faut absolument pas que les RAW affichés contiennent des réglages provenant d’un autre logiciel ou d’un paramètre que vous auriez « automatisé » dans LR par exemple. Ensuite on zoom fort à 100 ou 200% sur le centre de l’image (c’est dans le centre qu’on a en général le meilleur piqué) et on ouvre l’onglet « optique », on coche la suppression d’aberrations, l’utilisation de corrections de profil et on sélectionne son matos (si ça ne se fait pas tout seul). Pour peaufiner un peu, on va retoucher la frange avec le curseur « violet » et le « vert », si vous comparez l’étoile entouré en vert sur l’image (ci dessous) vous allez voir que le pourtour violet sur la photo précédente (ci dessus)a disparu, c’est ce qu’on veut faire. A chacun d’ajuster le curseur en fonction de sa photo, il est inutile d’aller plus loin avec le curseur une fois que le halo a disparu. Toujours zoomé a 100% ou 200% on va bouger le curseur Netteté dans l’onglet « DETAIL » en général pas trop loin (entre 10 et 25 voire 30 maxi) On bouge aussi la réduction du bruit (de luminance) pas trop loin non plus (entre 20 et 35 maxi. Le but n’est pas d’avoir la meilleure netteté maintenant car on va stacker les images ensuite, mais d’avoir une image pas trop « bruitée » et pas trop « granulée » par une netteté trop poussée. Ensuite on file sur « réglage de base », on laisse la balance des blancs sur « telle quelle » (qui veut dire telle que choisie a la prise de vue sur le boitier) uniquement si on a choisi sur le boitier lors de la prise de vue « lumière du jour » ou « daylight », sinon alors il faut choisir « lumière du jour » ici dans Photoshop. On va ensuite jouer avec certains des curseurs de l’onglet « réglage de base » en gardant un œil sur l’histogramme en haut sur lequel on aura cliqué sur les deux petits carrés à gauche et à droite de l’histogramme (entouré en vert sur la photo ci dessus) . Il ne faut JAMAIS avoir l’histogramme qui touche un bord de son cadre, si cela arrive on revient sur le curseur et on change la valeur pour que l’histogramme se décolle du bord. C’est la partie la plus importante du post traitement, car c’est là qu’on détermine le niveau de détails que l’on va garder dans le signal présent. Car on veut avoir un maximum de détails dans les basses lumières, et on ne veut pas cramer les hautes lumières non plus. On commence par le curseur d’exposition en allant entre 0 à -1. Ensuite on baisse les tons clairs (hautes lumières) entre -70 et -80, on voit sur l’histogramme que la partie basse à droite devient alors en « pointillés » c’est ce que l’on veut obtenir. (Moins le signal touche le bord de droite plus on aura de couleurs dans les étoiles) Ensuite on baisse les noirs, généralement on peut aller entre -20 et -40, sur cette série j’avais volontairement « sous exposé » a la prise de vue pour ne pas perdre trop de couleurs dans les hautes lumières, donc je n’ai pas autant de marge ici pour tirer les noirs vers le bas et aller à ces valeurs En dernier on peut booster un peu la saturation (+10+15 maximum) Sur la photo suivante, on a un bon exemple de la forme que doit avoir l’histogramme d’une VL dans un environnement sans pollution lumineuse. La pollution lumineuse si elle est présente va se voir sur la gauche de cette bosse, bien souvent avec une dominante rouge et verte avec une forme de « bosse » un peu comme un chameau. Elle ne serait pas gênante à ce stade et il ne faudra surtout pas tenter de la supprimer en poussant volontairement l’histogramme sur le bord gauche pour « couper » cette pollution lumineuse, on l’enverra efficacement plus tard dans un autre chapitre. Pour ceux qui auront une série de photo de M31 ou un autre objet du ciel profond, l’histogramme sera du même genre, rien à gauche (ou presque rien) une belle bosse sur le premier et après la bosse un signal très faible qui ira jusqu’au bord droit (sans le toucher normalement). La bosse sera surement bien plus étroite, car la voie lactée est extrêmement lumineuse donc sa « dynamique » et plus large qu’un objet du ciel profond. Voilà on est prêt à appliquer ces réglages sur l’ensemble de la série de RAW, on synchronise, on sélectionne bien toutes les photos et on enregistre en format TIFF 16 BITS sans compression. La suite dans la partie 2
Posté(e) 12 novembre 20223 a WOW !!! SUPER travail !!! Merci pour les infos sur Stellarium car je ne savais pas qu'il existait pour smartphone et je ne savais qu'il simulait le champ couvert par la focale ! Vivement la partie 2 !
Posté(e) 15 novembre 20223 a Auteur Le 12/11/2022 à 17:52, PaciBPhoto a dit : WOW !!! SUPER travail !!! Merci pour les infos sur Stellarium car je ne savais pas qu'il existait pour smartphone et je ne savais qu'il simulait le champ couvert par la focale ! Vivement la partie 2 ! Je suis tombé sur la version PC apres la version smartphone en fait. J'avais d'ailleurs apres quelques temps payé la version smartphone pour avoir les options etendues. Bon ... un peu decu quand meme car au final ca ne m'a pas apporté beaucoup plus, mais bon. La version PC par contre prend beaucoup de sens quand on veut justement se lancer et qu'on a aucune idée de la focale a utiliser pour prendre telle ou telle cibles dans le ciel. Il y a des logiciels équivalents qui permettent egalement de piloter la monture équatoriale ou de pointer directement la cible choisir. Mais bon la faut du matos sur le trepied. Merci a vous deux.
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