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Lettres

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Mes bonnes amies,

Pardonnez-moi avant tout de ne pas vous avoir écris plus tôt. En lisant la suite vous en comprendrez sans doute la raison et vous ne serez donc pas trop sévères envers moi. (Pas de fouet ni d’autres représailles donc).

Vous savez les difficultés qu’il y a parfois à communiquer avec nos semblables, d’autant plus que dans certains cas, l’emploie de ce mot « semblables » paraisse usurpé tant nous pouvons nous sentir différents.

Eh bien figurez-vous que la semaine dernière j’ai rencontré la personne la plus étrange et la plus attachante qui soit.

Pour ce faire je n’ai pas eu à partir au Pérou, en Inde ou encore au Tibet, non, non, cet être magnifique vivait sans que je le sache à deux pas de chez moi et donc pas bien loin de chez vous.

C’est en me rendant comme chaque jour à la boulangerie de la place que je me suis retrouvé en sa présence. Comment vous la décrire ? Cette être ne ressemble à rien ni personne cependant elle se confond avec tous et toutes et pourrait être n’importe qui. C’est quand on croise son regard que tout change et tout bascule. On est alors comme happé dans un puits sans fond, c’est comme un appel poignant et empli de souffrances qui se fondrait dans une mer de sagesse et de tranquillité.

A ce moment de votre lecture je me doute que vous devez vous poser des questions, notamment sur mon état de santé mentale et peut être vous demander si je n’abuserais pas de certaines fumettes prohibées par l’académie de médecine. Si je n’étais certain de nos liens d’amitié je pourrais m’en vexer !

J’ai bien fait de marquer cet arrêt et de ne pas vous révéler la suite. Je réalise maintenant que ma perception de la chose est toute personnelle et influencée par ma propre expérience, aussi je préconise ceci : Plutôt que de lire ces lignes, rendez vous chez ce personnage dont, pour le moment, vous ne savez rien ou si peu, même pas s’il s’agit d’une femme ou d’un homme. Frappez, entrez, présentez-vous de ma part, vous y serez bien accueillies. Ensuite revenez me dire votre ressenti.

Je vous joins ci-dessous son adresse. Le déplacement en vaut le coup je vous l’assure et votre avis m’importe beaucoup.

D’ici là je vous quitte en vous embrassant.

Yannick

11 Commentaires

Commentaires recommandés

Posté(e)

Cher ami

Il n'est nulle besoin de s'écrire chaque jour pour qu'une amitié perdure. Ne t'excuse donc pas de ne pas l'avoir fait plus tôt.

Ton récit ayant éveillé ma curiosité, je me suis rendue à l'adresse indiquée.

J'ai frappée à la porte, une fois, deux fois, trois fois mais n'ai obtenu aucune réponse. 

Prise d'un excès d'audace et ne voulant pas repartir sans avoir pu rencontrer cette personne si étrange et fascinante que tu nous avais décrite, j'osai appuyer sur la poignée. Et la porte s'ouvrit.

Je fis un pas à l'intérieur, enhardie, curieuse et appelai : " il y a quelqu'un ? Je suis une amie de Yannick ".

Mon appel ne reçut aucune réponse et je me permis de faire quelques pas de plus dans ce couloir sombre tout juste éclairé par la lumière du jour qui s'était engouffrée par la porte restée ouverte.

Je réitérai mon appel qui demeura vain. 

J'avançai davantage dans ce couloir aux murs nus de toute décoration jusqu'à la première porte qui se présenta sur ma droite.

Je frappai et redemandai s'il y avait quelqu'un. Là non plus, personne ne me répondit.

Je marquai une légère hésitation. Devais-je entrer ? Peut-être la personne dont tu nous avais parlé, Yannick, s'y trouvait-elle... Peut-être était-elle souffrante, attendant une aide sans pouvoir appeler au secours...

Tu me connais assez pour savoir que je m'inquiète très vite et m'imagine souvent les pires scénarios...

Je décidai donc d' ouvrir cette nouvelle porte sans y avoir été invitée et je pénétrai dans une petite pièce, presque un réduit, dénué de toutes fioritures.

Il ne s'y trouvait qu'un guéridon sur lequel une bougie se consumait dans un bougeoir d'un goût douteux et un énorme miroir à l'encadrement baroque dont les dorures étaient passablement ternies. Miroir qui me renvoya mon image dès lors que je franchis le seuil de ce réduit.

Je sursautai, surprise, mal à l'aise, face à ce reflet de moi-même que la pâle lueur de la bougie rendait lugubre.

Je sortis de la pièce, résolue à aller en explorer une autre et toutes les autres, s'il s'en trouvait. 

Et j'en trouvai d'autres, de différentes tailles mais toutes identiques dans leur décorum à ce réduit dans lequel j'avais pénétré en tout premier lieu :

Un grand miroir, un guéridon et une bougie se consumant, à chaque fois, dans chaque pièce. Cinq au total. Pas de cuisine, pas de salle de bain, pas de sanitaire... Et des volets clos à chaque fenêtre.

Qui vivait ici ? Comment quelqu'un pouvait-il vivre ici ? Pourquoi ces miroirs toujours orientés face aux portes de sorte à ce qu'ils renvoient l'image de la personne qui ose franchir le seuil ? Qui avait allumé les bougies ?

Dans quel drôle d'endroit m'avais-tu envoyé Yannick ? M'avais-tu envoyé à la rencontre de mon âme ou avais-tu commis une méprise en rédigeant l'adresse ?

J'avoue que moult questions se bousculaient dans ma tête.

Décontenancée, J'appelai une nouvelle fois : " il y a quelqu'un ? " mais seul l'écho du silence me répondit. 

Je restai là, à attendre, quelqu'un, quelque chose, que les bougies soient entièrement consumées, que mon reflet lugubre, angoissant dans ces miroirs soit englouti par l'obscurité. 

Combien de temps suis-je restée dans cet étrange endroit, je ne le sais pas exactement. 

J'en suis ressortie à la nuit tombée avec un sentiment d'inachevé. 

Cher ami, qui étais-je sensée y trouver ?

Dans l'attente de te lire et d'y découvrir ce que Lois y a trouvé, je t'embrasse également. 

Nikita

Posté(e)

Mes bien chers amis,

j'ai lu avec grand intérêt vos courriers respectifs.

Comme tout ceci est excitant ! Vous me connaissez, devant tant de mystères je ne pouvais rester dans mon canapé.

L'envie de me rendre dans ce mystérieux endroit et rencontrer cette personne si atypique se fit aussitôt obsession dans mon esprit. Je décidai donc de m'y précipiter.

Alors que je franchissais la porte de chez moi, la tête pleine de questions, fascinée par les incroyables découvertes que j'allais faire, j'eus soudain l'idée de faire d'abord un crochet par la boulangerie où tu dis avoir rencontré cet étrange personnage, mon cher Yannick.

Après tout, si l'on souhaite enquêter sur un fait étrange, il faut procéder avec méthode. J'irais donc d'abord à la boulangerie, espérant y rencontrer ladite personne, avant d'aller toquer à cette adresse. Qui sait, le hasard sera peut-être de mon côté.

Une fois à la boulangerie, j'eus la déception de n'y croiser nul chaland. La boulangère seul était présente et m'accueillit avec sa bonhomie habituelle.

J'en profitais pour lui acheter deux religieuses au café, cette pâtisserie n'est-elle pas la plus délicieuse au monde ?

Après tout, la seconde étape de mon périple était bien de se rendre chez cette personne, et venir avec un délice sucré à lui offrir me semblait une bonne façon de m'attirer ses grâces, si tant est qu'elle soit bien présente dans son étrange demeure.

Alors que je m'apprêtais à prendre congé de la boulangère, je me vis lui demander, sans même y réfléchir, si elle connaissait la personne qui vivait à l'adresse indiquée.

"Pour sûr que je le connais ! Me répondit-elle avec enthousiasme. Il est un peu étrange, mais toujours correct, et bien habillé en plus. On sent qu'il est de la haute !"

Je repris ma route avec ces seuls indices en poche, tout à la fois excitée par le frisson de la curiosité, et un peu inquiète. N'étais-je pas en train de me jeter dans la gueule du loup ?

A bien y réfléchir, la description que tu nous as faite de cette étrange maison, Nikita, n'inspirait rien de vraiment rassurant...

Une fois arrivée devant la porte de la demeure, je frappais. Il ne se passa rien. La maison semblait inhabitée tant le calme y régnait. Le jardin semblait négligé depuis un certain temps.

Devrais-je entrer, comme tu l'as fait Nikita ? 

Je jetai un oeil aux alentours, et aperçut une seconde porte, un peu plus loin, à peine cachée derrière quelques buissons. Je frappai sur cette seconde porte, et là on m'ouvrit.

L'homme qui apparut devait avoir environ 50 ans, d'allure rustre, mal peigné, et accompagné d'une odeur assez forte d'alcool et de tabac. J'eus instinctivement un mouvement de recul. Je lui expliquai alors la raison de ma venue.

"Il est pas là !" me répondit-il d'un ton presque agressif.

"Savez-vous quand il reviendra ? demandai-je poliment.

Je suis jardinier, moi pas secrétaire !" me lança-t-il avant de me refermer la porte au nez.

La seule pensée qui me vint à cet instant, fut qu'à sa place je ne me serais pas vanté d'être jardinier vu l'état du terrain... 

Je rentrai donc chez moi, dépitée, frustrée, et un peu honteuse de n'avoir pas eu le cran de rentrer dans la demeure comme tu l'avais fait Nikita. 

Yannick, nous révèleras-tu enfin le mystère qui se cache derrière cette étrange personne que tu as rencontré ?

Dans l'attente de vous lire mes chers amis.

 

Loïs

Posté(e)

Mes amies,

Ah mes amies, si vous saviez comme je m’en veux de vous avoir attirées dans cette aventure. Je me rends compte à présent des dangers que ça peut représenter et je ne me pardonnerais jamais s’il vous arrivait quoi que ce soit de fâcheux. De plus je vous ai donc fait venir pour rien, ou pour si peu ! Toi Nikita tu as pu voir l’intérieur désolant de la maison de ce mystérieux personnage et toi ma pauvre Loïs tu t’est fait blackbouler par cet odieux jardinier incompétent !

Je suis désolé que tu ne sois pas tombée sur cet être étrange chez la boulangère (je reconnais que ses religieuses sont de véritables tueries)

Je finirais par me demander si tout ceci est bien réel et ne se produit pas uniquement dans ma tête. Pour en avoir le cœur net je suis donc retourné, tôt ce matin, à la boulangerie.

A peine y étais-je que la chose entrait, sur mes talons. Je me suis retourné et une fois de plus mon regard a été captivé par ses yeux. J’ai un peu discuté de banalités puis je lui ai dit que j’avais envie que des amies très chères puisse faire sa connaissance. Alors j’ai eu la bonne surprise d’être invité dans sa demeure.

Je crains de te contredire un peu ma chère Loïs quand tu emploies le masculin pour l’individu qui nous intéresse, je ne peux pas te donner tout à fait tort ni tout à fait raison non plus. Une fois entrée dans la sombre maison j’ai eu droit à une visite complète. Ici Nikita je dois, pour toi aussi, remettre la vérité en place. Au rez-de-chaussée il y a un grand couloir qui fait le tour de la maison, plusieurs portes y sont disposées mais toutes ouvrent sur une seule et unique pièce centrale et que l’on découvre donc chaque fois sous un angle différent. Sombre, peu meublée elle comporte en effet un grand miroir, une table de chevet, une chandelle allumée.

A l’étage deux chambres. L’une dispose d’un grand placard offrant un large choix de superbes costumes, de fracs, de smokings. L’autre montre un dressing de reine plein de robes somptueuses dans les plus précieuses étoffes. Voyant cela j’ai de nouveau tenté de regarder mon hôte mais ses yeux m’ont de nouveau envouté. Sa voix douce ne m‘a été d’aucune aide, j’ai juste entendu « On voit chez l’autre ce qu’on a envie d’y voir. Ma salle du miroir t’aidera à voir clair en soi. 

Je l’ai donc suivi dans la salle du bas. J’ai dû choisir ma porte d’entrée. J’ai pris la bleue. Elle s’est refermée derrière nous. A la faible lueur de la chandelle je me suis vu dans le miroir. Derrière moi une vague ombre impossible à identifier attendait. Dans le miroir je voyais à travers moi. J’étais transparent, comme surexposé. J’avais bêtement envie de fermer le diaphragme de trois crans quelques taches plus sombres évoluaient dans mon corps, des « flares » en négatif matérialisant des idées noires.

La voix m’a dit, s’il te fallait choisir pour m’accompagner, laquelle de mes chambres prendrais tu.

Je n’ai pas hésité, j’ai dit presque malgré moi : « La chambre de la reine ! ».

Dans la seconde je m’y suis retrouvé.

Devant moi se tenait : Elle.

 Somptueuse, élégante, séduisante, ravissante, bouleversante.

Elle m’a demandé de vous écrire ce courrier puis de la suivre.

Cette lettre elle m’a promis de vous la poster.

Je ne sais plus trop ou je suis, je ne sais plus trop où je vais.

A bientôt j’espère mes belles amies.

Yannick

Posté(e)

Mes très chers amis

Je dois en tout premier lieu revenir sur ta lettre, Lois et te dire que pour ma part, je préfère les religieuses au chocolat. Mais ceci n'est qu'un détail insignifiant et en parcourant tes lignes, j'en suis arrivée à la conclusion que cette mystérieuse personne dont Yannick nous avait parlé existait bel et bien. Tu comprendras aisément qu'après mon étrange aventure dans ladite maison, je nourrissais quelques doutes quant à son existence. J'ai même pensé pendant un instant que notre ami commun, Yannick, s'était amusé à me jouer un tour, connaissant ma curiosité et ma soif de nouvelles aventures. Ce jardinier rustre te confirmant que cette maison était bien habitée et par un homme de surcroit, j'en suis venue à me demander si je n'avais pas été du coup, victime d'hallucinations dues à mon imagination trop fertile.

J'ai toutefois décidé d'attendre une nouvelle épître de Yannick avant d'y retourner pour en avoir le cœur net. 

En lisant ta lettre Yannick, l'inquiétude m'envahit...

Non seulement, tu ne confirmes pas que cette si mystérieuse personne soit un homme comme le jardinier rencontré par Lois le laissait entendre mais aussi, tu n'as visiblement pas vécu la même chose que moi en pénétrant dans cette sombre maison.

Il n'y avait pas d'étage lorsque j'y suis allée, pas de portes de couleur non plus. Elles étaient toutes grises, d'un vieux blanc passé avec le temps.

Face à toutes ces interrogations et contradictions, face à mon inquiétude grandissante à la lecture du contenu de ta lettre cher ami, je décidai donc de m'y rendre à nouveau, tout d'abord pour t'y retrouver.

Je ne pris pas le temps de frapper à la porte cette fois-ci et pénétrai directement dans la maison. 

J'appelai : " Yannick, Yannick, tu es là ? "

Je n'obtins aucune réponse. 

J'ouvris toutes les portes et me retrouvai chaque fois dans les mêmes pièces que celles que j'avais découvertes lors de ma précédente visite. Ces mêmes pièces sombres, quasi vides hormis ces miroirs subtilement éclairés par les lueurs des bougies.

" Où est Yannick ? " hurlais-je à chaque fois, dans chaque pièce. " Qu'avez-vous fait de lui ? ".

J'allais de pièces en pièces en courant perdant peu à peu la raison.

Au bout d'un moment que je ne pourrais mesurer en minutes ou en heures, je m'arrêtai dans la plus grande salle et m'approchai davantage du miroir.

La bougie s'étant presque totalement consumée, mon image s'y reflétait à peine. 

Je posai mes deux mains sur le miroir et y avançai mon visage. 

C'est à cet instant là que je l'ai vu. dans le reflet de mes yeux, une forme, humaine je crois. Pas une ombre non, c'était autre chose. Là, dans mes yeux, quelque chose était présent. 

Quelque chose au regard perçant...

" Où est Yannick ? " demandai-je à nouveau mais cette fois doucement, presque dans un souffle.

" Là où il a choisi de se rendre " entendis-je dans ma tête.

" Où est-ce ? " ajoutai-je. Et là, seuls les battements de mon cœur qui frappaient fort dans ma poitrine me répondirent.

Je quittai la grande pièce pour entrer dans une autre, puis dans une autre et encore dans une autre répétant à chaque fois le même schéma, la même attitude, posant les mêmes questions. 

Je le fis dix fois, trente fois, cent fois peut-être... 

Puis l'obscurité fut totale. Les bougies s'étaient toutes consumées en totalité.

Je m'assis alors contre un mur et m'éclairant à l'aide de mon smartphone, je rédigeai cette lettre. 

Mes très chers amis, je vais rester là à attendre. 

Je vais attendre ta réapparition Yannick, je vais attendre ta venue Lois, je vais attendre que les bougies soient remplacées.

J'ose espérer que si par un étrange phénomène, vous ne me retrouviez pas dans cette sombre maison, vous trouverez au moins cette lettre. 

À bientôt chers amis. Bien affectueusement.

Nikita

Posté(e)

Mes bien chers amis,

n'ayant reçu aucune nouvelle de votre part, ni à l'un ni à l'autre, je me suis décidée à retourner voir cette mystérieuse maison. Je ne peux croire que vous me laissiez ainsi sans réponse, je crains donc que le pire ne vous soit arrivé !

Je me rends donc présentement vers ce lieu, mon bloc-notes à la main afin de laisser une trace au cas où il m’arriverait quelque chose à moi aussi...

Alors que j’arrive devant la maison, je me rends compte que la porte est déjà entrouverte. J’entre donc, sur la pointe des pieds, le cœur battant la chamade.

“Nikita ? Yannick ? Vous êtes là ?”

Seul l’écho de ma voix me revient. L’intérieur de la maison est d’un noir d’encre, j’allume donc la lumière de mon smartphone afin de me diriger. J'avance à tâtons, dans ce couloir obscur, pour finalement apercevoir une silhouette assise par terre appuyée contre le mur. Je me précipite, c'est toi Nikita !

« Nikita ! Nikita ! Je suis là, c'est moi Loïs ! »

Tu ne me réponds pas, je pointe la lumière de mon téléphone sur ton visage. Tes yeux sont grand ouverts, figés, regardant à travers moi, comme si je n'étais pas là. Tu sembles comme hypnotisée...

J'essaye de te secouer mais rien n'y fait, tu ne sors pas de cet état de rêve éveillé.

J'aperçois alors un papier posé à tes côtés. C'est une lettre que tu as rédigé, t'adressant à Yannick et moi.

Peut-être est-il arrivé la même chose à Yannick ?

Je me décide à explorer le reste de la maison pour tenter de le trouver. Je n'aime pas l'idée de te laisser là seule, mais tu ne sembles pas en danger, peut-être Yannick l'est-il ?

Je poursuis mon exploration de la maison, seule l'inquiétude de ce qui aurait pu arriver à Yannick me permettant de lutter contre la terreur qui m'envahit à chaque pas. J'ouvre chaque pièce, les unes après les autres. Elles sont toutes vides, sans fenêtre ni lumière. Jusqu'à ce que j'arrive dans une chambre un peu différente des autres. J'y aperçois un miroir, un guéridon avec les restes d'une bougie entièrement consumée, et un placard ouvert, contenant d'un côté des vêtements d'homme, et de l'autre des vêtements de femme.

Cette personne si étrange dont Yannick nous a parlé serait donc transgenre ? Ou transformiste ? A moins qu'il ne s'agisse de deux personnes différentes, un homme et une femme ? C'est incompréhensible, mais pas le plus important. Pour l'instant, il faut que je trouve Yannick !

Je continue d'explorer la pièce à l'aide de mon smartphone, et je finis par l'apercevoir. Il est lui aussi assis par terre, le dos appuyé contre le mur, les yeux dans le vague, tout comme Nikita. Et lui aussi a rédigé un courrier qui se trouve désormais à ses pieds. Je comprends petit à petit ce qui s'est passé...

Alors que je commence à sérieusement paniquer, j'entends une voix résonner dans la pièce.

« Et toi Loïs, qui es-tu ? Un homme ou une femme ? Qui veux-tu être ? »

Comment cet être peut-il savoir que cette question est précisément une problématique à laquelle je n'ai jusqu'à présent jamais trouvé de réponse ?

« Je ne suis ni l'un ni l'autre !  Hurlais-je dans un cri de désespoir. Tu le sais très bien puisque tu t'amuses visiblement à pénétrer l'esprit de ceux qui entrent ici ! »

« Tu dois choisir maintenant... » répond la voix avec douceur.

« Je ne peux pas... » dis-je, fondant en sanglots...

Je vois alors cet être étrange, androgyne, s'approcher de moi. Ses yeux sont effectivement fascinants, hypnotiques. Je tente de m'en détacher mais c'est difficile, je ne crois pas pouvoir continuer à rédiger ce qui m'arrive... Je sens une lourdeur m'envahir... Le stylo est de plus en plus lourd dans ma main, que va-t-il m'arriver ?

Posté(e)

Rapport de gendarmerie du 6 septembre 2007

Ce jour, Monsieur Raimond Moufette, agriculteur à Coudray dans le Malesherbois, est venu déposer la déclaration ci dessous. Il se doit de noter que Monsieur Moufette était dans un état d’agitation avancé et avait parfois du mal à s’exprimer. Ses propos ont donc été rendus cohérents pas nos soins afin d’en faciliter la lecture.

Je soussigné Raimond Moufette déclare avoir été témoin des faits suivants :

Hier soir, rentrant du champ des Grivettes, que je venais de labourer, je passais en tracteur devant la maison abandonnée de la route de Boissy aux Cailles. Arrivant à proximité de la masure v’là t’y pas que ma machine s’arrête ! Plus rien, plus de jus et pas possible de faire repartir l’engin. Et du même coup, dehors je vois le ciel qui devient tout drôle, plein de nuages, mais pas des nuages de pluie, non des nuages sombres avec des couleurs pas comme d’habitude. C’est là que les coups de tonnerre ont commencés et que j’ai mis mes mains sur mes oreilles tellement c’était fort. Bien sur je restais dans la cabine du tracteur et je regardais vers la vieille maison parce qu’elle semblait aspirer les nuages. Et là, croix de bois, croix de fer, si je mens je vais en enfer, y a des lueurs de partout qui montent à travers les tuiles, et pis un gros craquement et juste après trois sortes de jets de lumières aveuglantes qui montent vers en haut et disparaissent dans le gros nuage lumineux. Après plus rien, tout est redevenu calme et normal et sans que je ne fasse rien le tracteur s’est remis à marcher !

Je suis rentré à la Ferme et j’ai rien dis à la Ginette qui me trouvait tout bizarre. J’ai dû descendre trois quatre canons pour me remettre et c’est pour ça que je ne suis pas venu ici hier soir vous auriez cru que j’étais pompette.

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Chaque année, début septembre, La boulangère de la place, le jardiner de la vieille masure et Raimond Moufette se retrouvent. Ils vont à la nuit tombante s’asseoir dans le jardin de la ruine et ils attendent en parlant du temps passé. Ils attendent le retour de Nikita, de Loïs et de Yannick dont on n’a jamais retrouvé la trace. Ils savent qu’une chose étrange s’est produite. En partant, le soir venu, la boulangère laisse toujours un petit paquet. Dedans il y a trois religieuses au chocolat.

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mnouchka

Membre

Posté(e)

Trop bien, bravo!!!

Posté(e)

une belle démarche pour vous allier sur une autre domaine en alliant quelques images :) 

Jobnemo

VIP

Posté(e)

Hello,

Topissime!

Invité
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