Jump to content

Les interviews de photographe

Les différents articles forumdephotos
  • F2P
    Pour ce mois d'Avril 2021, je vous incite à découvrir l'interview d'un grand amoureux de la nature et qui nous régale de ses photographies.
    Il s'agit de GuyBaechler que je remercie grandement de sa participation à la vie du forum photo pour les images qu'il nous propose et pour ses commentaires sur les prises de vue des autres membres.
     
    Bonjour Guy. Je te remercie d'avoir bien voulu participé à cette interview. Peux-tu te présenter à nous en quelques mots ? 
    Avec Plaisir, mais c’est moi qui te remercie de cette attention. Je suis né en 1963, année de l’assassinat de Kennedy mais également de la sortie du film Le Guépard.
    Je suis en couple et j’ai la chance d’avoir à mes côtés une compagne qui partage mon intérêt pour la faune et la nature en général.
    J’habite un petit village du Val-de-Ruz au Sud-Ouest de la Suisse. Un magnifique endroit qui me permet d’être en moins de 30 minutes soit à la montagne, soit au bord du lac. La nature est à portée d’objectif et cela me convient. Et je travaille dans une banque de la région.
     
    Tu fais de la photo depuis longtemps ? Comment cette passion est-elle née ? 
     
    Depuis longtemps ? Oui et non. J’ai découvert la photo à 16 ans. Des amis de mes parents sont venus un soir pour un souper et madame avait pris un album. À la vue des photos de paysages et de faune de cette passionnée, j’ai attrapé le virus. J’ai pompé dans mes petites économies pour acquérir un Rikoh KR5 et un 50mm de base. Jeune adulte, j’ai changé pour un Canon AE-1. La passion devenant plus pressante et la demande des copains pour des photos de motos, ma deuxième passion, et des copines pour des portraits, j’ai développé mes connaissances et mon matériel, surtout des objectifs.
    Plus tard, avec une famille ( marié et 3 filles ), j’ai mis mon hobby en veilleuse et fait surtout des photos de famille, de vacances et un peu de studio car je m’étais équipé en sous-sol avec des flash, parapluies, etc...
    Puis la tuile, pour moi, l’arrivée du numérique. Tout mon matos était obsolète et il était difficile de trouver un labo pour le développement. Financièrement, la période n’était pas propice aux dépenses alors je me suis rabattu sur un compact Canon que j’ai utilisé durant une dizaine d’années mais sans grande conviction.
    Il y a quelques années, des problèmes de santé dont une septicémie m’ont fait passer très prêt de la limite à ne pas dépasser pour en parler. Après cela, on voit la vie différemment. J’ai acheté un drone pour me remettre à la photo mais différemment. Pas trop convaincu, je suis passé un jour, presque par hasard, dans un magasin photo de ma région pour voir… J’y suis retourné la semaine suivante. La carte de crédit a beaucoup souffert : un boitier, trois objectifs et du petit matériel. Depuis, la passion est revenue plus forte que jamais. De plus, ma chérie m’accompagne et nous faisons un duo. Elle observe et m’indique ce que je ne vois pas puis on discute des clichés à la maison. Comme nous pratiquons la randonnée, on a très rapidement allié la photo à nos ballades.
     
    Photographie animalière et de paysage donc. Y a t-il d'autres domaines qui t'intéressent et que tu pratiques ? 
    Oui, bien sûr. J’ai toujours pris des photos de circonstances, ce que la vie m’offre et que j’aime. Bien évidemment, en ces temps de limitation des libertés, les voyages sont proscrits et bien des activités de loisirs sont suspendues. Alors, ils nous restent la ballade en nature et les clichés qui en découlent. En temps normal, je fais également de la macro, de l’urbain et de la photo de rue ou de sport voire de concert.
     
    Puisque tu en parles, comment vis-tu cette période actuelle ? 
    Plutôt bien je l’admets. Je me considère comme un privilégié par rapport à d’autres. Certains ont perdu leur travail, d’autres sont dans les difficultés financières, d’autres encore sont limités dans leur libertés et vivent dans des conditions difficiles. Pour moi, aucun de mes proches n’est touché, mon travail est stable, la Suisse n’a pas pris de contraignantes mesures de confinement, ni de couvre-feu. Je peux donc, dans mon coin de pays en campagne, continuer de profiter de la nature et de mon hobby. Avec la belle saison, il me suffira de faire 100 mètres à pied depuis chez moi pour me retrouver en plein champs. Bien sûr, les possibilités sont réduites avec la fermeture des restaurants, des cinémas et de bien d’autres choses mais j’ai toujours eu pour philosophie de voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide.
     
    Bonne philosophie. Revenons à la photo. Qu'est ce qu'une bonne photo pour toi ? 
    Voilà une question bien difficile.
    Au-delà d’un minimum technique tel que la netteté, le piqué, une exposition correcte et un cadrage équilibré, je ne suis pas focalisé sur la perfection mais bien plus par l’émotion qu’une image peut créer en moi. Bien des images qui techniquement ne sont pas parfaites engendrent cette envie viscérale de regarder, de ressentir et même d’y revenir plusieurs fois. Et la panacée, c’est lorsqu’on s’en souvient des mois après avec toujours cette même émotion.
     
    Tu as une culture photographique ? Tu fréquentes les expositions ? 
    Oups, je ne suis pas vraiment un cultivé de la photo. Néanmoins et encore une fois, certaines images m’ont réellement interpellé et je me suis ensuite intéressé au photographe.
    La première fois, ce fut des clichés pris le 6 juin 1944 sur une plage de Normandie par un certain Robert Capa. Au-delà des polémiques engendrées par ce reportage, j’ai vraiment été touché par la force de ces images car il s’agit de mon deuxième hobby, l’histoire et en particuliers cette période.
    Deuxième exemple, le lynx de Vincent Munier et également l’ensemble de ces clichés que j’ai découvert alors. La pureté de ces images et leur force par la simplicité sont, pour moi, la recette de l’émotion qu’elles engendrent. À part cela, je fréquente, mais peu, les expositions. La dernière en date est l'exposition « Wildlife Photographer of the Year qui est passée à Neuchâtel. Absolument magnifique pour certaines œuvres.
     
    Et exposer toi-même, cela te plairait ? 
    Oui mais un peu comme un rêve, et lointain. Sincèrement, je n’oserais pas me lancer aujourd’hui.
    Je ne pense vraiment pas avoir le niveau de ce que je vois en expo. Ou alors, peut-être, quelques clichés noyés parmi bien d’autres dans une exposition commune et donc en toute discrétion. Juste pour voir.
    Pour l'instant, je me contente de faire ou tenter de faire des images qui me plaisent. Je les partage sur le net pour avoir des avis dans le but de m'améliorer et je me contente de ces partages.
     
    Qu'est ce que tu penses du monde de la photo aujourd'hui ? 
     
    Oups, la question difficile sur un vaste sujet qui parfois peut être polémique.
    Dans le positif d’abord, je relève une démocratisation qui profite à chacun. On peut faire des images avec un simple téléphone. Le matériel permet également par la technologie d’aborder de nombreuses disciplines jusque-là à portée d’une élite. L’apprentissage est également simplifié par l’usage d’internet avec une foultitude d’informations et de vidéos explicatives. Le partage peut être instantané et toucher un large public. L’échange par l’entremise des forums et autres sites de partage est aussi une grande source satisfaction et une magnifique école permettant de se développer. Quant au post-traitement, c’est un monde inépuisable de création que j’ai découvert.  
    En résumé, le monde d’avant avec un film de 36 poses à ISO fixe, un AF manuel à deux doigts, une vitesse de rafale qui dépend du pouce armant le levier du boitier, un développement qui prend 2 semaines et coûte un bras, tout cela est fini et c’est tant mieux.
    Il y a néanmoins des aspects plus discutables. Certains inondent le web d’images sans préciser qu’elles ne sont pas d’eux. D’autres ( des marques connues ) prétendent que l’on peut prendre une montgolfière à 3 kilomètres de distance avec un téléphone et obtenir une image de pro. D’autres encore démontrent des actes irresponsables pour se mettre en scène et risquent leur vie. Sans parler de ceux qui mettent en danger la faune ou la flore pour obtenir un cliché exceptionnel ( par exemple : oiseaux au nid ) ou qui ont la chance de dénicher une espère rare mais fragile et publient les coordonnées GPS de leur exploit, condamnant le pauvre animal à la vindicte des chasseurs d’images ou de trophées.
    En conclusion, un monde infini dans sa créativité et sa richesse mais qui nécessite, comme bien d’autres, une certaine sagesse et un respect proportionnel aux possibilités du monde de la photo.
     
    Quel avenir pour la photographie, selon toi, quand on voit que le gouvernement français actuel a relégué la délégation à la photographie au rang de simple " bureau " ( une sous-catégorie dans les arcanes ministériels ) ?
    Ma chère Nikita, voilà une question encore plus difficile pour un Suisse. Je ne connais pas la situation en France mais dans mon coin de pays nous avons une excellente école de photo et beaucoup d’autres dans les différentes parties linguistiques ( en Suisse, il y a 4 langues nationales ).
    Cette formation est reconnue au niveau national et certifiée à un niveau universitaire. Si ce domaine artistique n’est pas politisé, il est néanmoins reconnu par nos instances dirigeantes et soutenu en conséquence. De plus, chaque amateur qui ne veut pas en faire une profession peut bénéficier de nombreuses formations même si elles ne sont pas reconnues en tant que telles car cette profession est protégée par la législation helvétique. D'autre part, nous pouvons bénéficier de musées fort intéressants et à la réputation internationale. Alors, je crois pouvoir dire que la photo a un avenir en Suisse.
     
    On va venir s'installer en Suisse alors. Parlons un peu de toi. Tu as d'autres passions en dehors de la photo ? 
     
    Mais venez, on vous accueille avec plaisir. Cependant, en France vous avez un gros avantage : la diversité et l’étendue des zones vierges que je vous envie. Chez nous, un peu trop de monde partout car le pays est dense.
    Bon, pour mes autres passions ou hobbies, je commence par la plus ancienne, celle que je pratique également depuis l’adolescence. La moto. Actuellement en pause mais qui me tenaille encore les tripes à chaque printemps. Ma « petite » Honda ST 1300 Paneuropean hiverne au garage.
    En complément de la photo, nous pratiquons la randonnée à condition d’avoir un but de visite et l’occasion de faire quelques clichés.
    Pour le côté plus cérébral, je suis grand amateur d’histoire avec trois sujets en particulier : la 2ème guerre mondiale, l’épopée napoléonienne et les anciennes civilisations telles que les Égyptiens ou les Incas.
    Pour terminer, ma compagne et moi adorons visiter des villes. Chaque année, on prend 3-4 jours à une ou deux reprises pour nous inspirer d’une localité européenne. Bon là, depuis un an, les projets sont en attente et vous savez pourquoi.
     
    Que peut-on te souhaiter pour l'avenir Guy ? 
     
    Probablement, la santé encore longtemps, la retraite très bientôt et que la nature ( faune et flore ) soit préservée bien mieux que maintenant afin de me permettre de prendre encore de nombreux clichés et de conserver ce patrimoine pour nos enfants, les enfants de nos enfants et…
    Je n’en demande pas plus.
     
    Nous arrivons à la fin de cette interview Guy. Y a t-il un sujet qui te tient particulièrement à cœur et dont tu souhaiterais nous parler ? 
     
    Volontiers mais, en fait, il y en a deux.
    Premièrement, je suis intimement persuadé que nous avons tous un rôle à jouer dans ce monde en fonction de nos compétences. Pour nous, les amateurs de photos, c’est probablement de permettre à tous de voir ce monde sous un angle nouveau. Nombre de gens passent tous les jours à un endroit sans le voir et sont surpris lorsqu’un chasseur d’image présente une image avec sa vision, son regard et sa sensibilité. Ouvrir les yeux est peut-être notre apport au mieux sur cette terre. Que nos images provoquent des émotions positives en cette période de solitude pour certains, permettent à d’autres de mieux comprendre la faune et la flore pour la respecter ou ouvrent l’esprit des plus obtus sur la beauté et la diversité de notre société humaine est probablement la plus belle des choses que nous puissions faire.
    Ensuite, et dans le même ordre d’idée, je tenais à remercier les passionnés qui font vivre ce forum. Je pense savoir l’investissement et le dévouement que cela sous-entend. Tant les administrateurs que les modérateurs et peut-être d’autres que je ne soupçonne même pas font de ce site un support pour que nous puissions partager notre passion et sans lequel nous serions chacun dans notre petit monde.
    Alors sincèrement un grand MERCI. Une pensée reconnaissante pour tous ceux qui partagent des photos, ceux qui apportent des commentaires dans le but d'évoluer et à ceux enfin qui font bénéficier les autres de leurs savoirs.
     
    C'est nous qui te remercions de ta participation, que ce soit avec tes photographies, tes commentaires sur les images des autres membres et pour avoir accepté de répondre à mes questions Guy.
    .............

     


  • F2P
    Pour ce mois de Mars 2021, je vous propose de découvrir l'interview qu'a bien voulu m'accorder Charrac, l'un de nos amis du Québec. 
    Photographe émérite, il participe activement au forum photo en nous présentant régulièrement ses images et en donnant son avis sur celles des autres membres. 
    Un grand merci à lui d'avoir accepté de répondre à mes questions. 
    ..............
    Bonjour Charrac. Je te remercie d'avoir accepté de participer à cette interview. Peux-tu te présenter à nous et nous expliquer l'origine de ton pseudo ? 
     
    Certainement, alors comme vous le savez maintenant, j'habite au Québec dans la ville de Magog dans la région de l'Estrie, situé à une centaine de kilomètres à l'est de Montréal. J'y travaille comme intervenant social mais étant situé près de la nature avec ses montagnes, lacs et marais, l'endroit est une vraie mine d'or pour qui s'intéresse à la photo de la nature, d'où mon choix à m'y établir.
    Pour ce qui est de mon pseudo, rien de plus simple. C'est la combinaison des trois premières lettres de mon prénom (Charles) avec les trois premières lettres de mon nom de famille (Racine), ce qui fait « Charrac ». Rien à voir avec votre ex-président Chirac comme on me l'a déjà demandé.  
     
    Depuis quand fais-tu de la photographie ? Comment est née cette passion ? 
     
    En 2004 j'ai acheté ma première caméra numérique, soit un compact Fuji FinePix E550 à 5 mpx. C'était un compact avancé tout de même puisqu'il y avait sur celui-ci les réglages semi-automatiques et manuels en plus de l'automatique.
    J'avais à l'origine acheté cette caméra pour un usage familial et de voyage pour des photos souvenirs. Mais les nombreuses possibilités de ma nouvelle petite caméra ont poussé ma curiosité plus loin. Je me suis alors acheté une encyclopédie d'apprentissage de la photo qui m'a permis d'apprendre les notions de profondeur de champ et d'exposition ainsi que les réglages semi-automatiques et manuels permettant de créer de plus belles images.
    Les compliments que j'ai reçus alors de mon entourage sur mes photos m'ont encouragé à vouloir poursuivre en voulant toujours faire mieux. Et voilà, une nouvelle passion était née.
     
    Quels sont tes domaines de prédilection en photo ? 
     
    Je m'estime être un peu touche à tout en photo mais j'aime tout particulièrement la photo reliée la nature comme l'animalier, les insectes en macro-proxy, les fleurs et les paysages. J'aime beaucoup aussi la photo de rue et le portrait. J'ai aussi un penchant pour la photo dynamique de mouvement pour tout ce qui va vite. Le défi étant soit de figer le sujet ou de créer des traînés ou des filés de mouvement liés à la vitesse. On n'a qu'à penser aux avions, trains, voitures exotiques et de course, animaux en course ou en vol etc... Ce sont des exemples de ce que j'aime bien prendre en photo.
    Enfin, je fais aussi à l'occasion de la photo de mariage et de l'événementiel. Mais ça, c'est peut-être plus pour le revenu que pour l'amour du style. Mais j'aime ça tout de même suffisamment pour le faire car sans quoi je ne le ferais pas. Ce qui me dérange dans ce type de photographie est le fait que parce que je suis payé, je ne peux faire les choses à mon propre rythme. Pour être concurrentiel, je promets généralement de livrer 150 photos deux semaines après le mariage et il faut que ce soit fait. Trier les 150 meilleures photos sur entre 500 et 700 photos et les traiter c'est très long et beaucoup de travail. Je me sens alors bousculé et du coup, j'aime moins la photo que d'habitude mais bon, cela ne se produit que deux ou trois fois par année en plus qu'il n'y ait rien eu lors de la dernière année à cause de la covid.
     
    Qu'est ce qui fait une bonne photo pour toi ? 
    Une bonne photo pour moi est une photo qui réussit à bien mettre son sujet en valeur, d'abord par des éléments élémentaires tels une belle netteté à l'endroit approprié, un bon choix de cadrage et une belle composition générale pour en permettre une bonne lecture. Puis, je vais d'autant plus apprécier l'image quand l'auteur(e) parvient à relever l'aspect artistique de sa photo par l'application d'un post-traitement colorimétrique et de luminosité approprié.
     
    Tu passes beaucoup de temps en post traitement de tes images ? 
    Pas tant en réalité. Je dois même faire attention de ne pas faire les choses un peu trop rapidement, car il m'arrive de laisser passer parfois des défauts que je devrais voir et corriger normalement. Cela vient du fait je pense que je fais machinalement souvent les mêmes traitements de base sur mes photos étant donné qu'elles sont souvent prises avec la même caméra généralement réglée de la même façon au niveau colorimétrique et de l'exposition. Il me prend des envies folles parfois de pousser des traitements à leur extrême limite à la fois pour voir ce que cela va donner mais aussi pour apprendre du même coup de nouvelles avenues de PT.
     
     
    Tu parles de " laisser passer des défauts ". Tu ne penses pas que les images soient un peu biaisées avec toutes les possibilités qu'offrent le post traitement aujourd'hui et que par conséquent, tout le monde peut se prétendre " photographe " ? 
    Non, pas vraiment car la qualité d'une photographie est la résultante de plusieurs éléments qu'une personne doit avoir et maîtriser pour prétendre être photographe. Il y a la qualité du matériel et des accessoires photos utilisés (objectifs et caméra), la compétence à la prise de vues à savoir les réglages de caméra et l'application des techniques selon le contexte. Il y a aussi le post-traitement de correction de base des images brutes (RAW) pour amener les images à être représentatif au mieux de ce que l’œil a vu au moment de la prise de vue et enfin le post-traitement artistique servant amener l'image à un niveau de qualité visuelle artistique supérieur avec souvent une touche ou un style personnel permettant souvent d'identifier un(e) photographe.
    Enfin bref, tout cela fait beaucoup de choses à voir et à maîtriser pour pouvoir s'improviser photographe du jour au lendemain n'est-ce pas? La photographie est la résultante d'une combinaison de savoir-faire et de talent artistique que « tout le monde » ne peut pas prétendre avoir, du moins, à un haut niveau. Cela demande une bonne dose d'apprentissage et un certain talent créatif pour arriver à faire des prise de vue et des post-traitements de haute qualité. C'est ce qui m'amène d'ailleurs à considérer la photo comme un art visuel à part entière, au même titre que le dessin, la peinture sur toile ou même la sculpture. À chacun son art, ses compétences, son talent et sa passion.
     
    Quelle est ton opinion alors sur le monde de la photo aujourd'hui ?
     
    Je trouve que la photographie est un moyen d'expression et de créativité extraordinaire, que la technologie numérique d'aujourd'hui a rendu accessible à tous. Surtout avec les caméras incluses maintenant dans tous les cellulaires. La chambre noire est rendue dans nos ordinateurs via des logiciels de développement et l'internet quant à lui permet d'une part d'avoir facilement accès à des formations par des vidéos, blogs, réseaux sociaux etc... et d'autre part de partager à la vitesse de l'éclair les prises de vues qui génèrent à leur tour des critiques constructives permettant aux photographes de progresser rapidement. Personnellement, je trouve ça génial.
    Le moins bon côté cependant, est la disparition peu à peu de nos boutiques spécialisées en photographie au profit des vendeurs sur internet comme Amazon, eBay, et autres sites spécialisés qui eux vendent moins cher. Je trouve ça dommage car jadis, j'ai toujours trouvé que le fait de magasiner des accessoires photos, développer des liens avec certains vendeurs, de visualiser, toucher et essayer des produits avant d'acheter faisait partie du plaisir de la photographie. Aujourd'hui, toutes les boutiques sont fermées dans ma région et je dois me rendre à Montréal pour avoir un service semblable à celui que j'avais autrefois, donc j'y vais moins souvent. Mais bon, comme pour toute chose, je m'adapte graduellement.
     
    Parlons d'un sujet qui conditionne un peu nos rythmes de vie depuis un an. La covid. Quel est ton ressenti là-dessus ? Comment vis-tu cette période ? 
     
    J'ai un double sentiment en ce qui me concerne face à la situation du covid. Comme pour la plupart des gens, je me sens plus isolé bien sûr mais aussi privilégié car le problème que nous vivons actuellement est beaucoup plus dramatique pour d'autres que pour moi, du moins jusqu'à présent. Je pense évidemment aux gens atteints de la covid et leurs proches mais aussi aux gens qui ont perdu ou perdront leur emploi, leur commerce ou entreprise à cause des fermetures forcées. Personnellement, je n'ai pas ce souci. Durant cette période de confinement, je fais du télétravail à la maison et mon plein salaire continue d'entrer chaque semaine, ce qui m'assure d'avoir du pain et du beurre sur la table pour les jours à venir.
    Pour ce qui est du moral ou même peut-être du maintien de la santé mental face à l'isolement, il y a les rapports du cercle familial qui aide à le maintenir, le télétravail mais aussi évidemment, la photo et tous ce qui vient avec, comme les sorties de prise de vue, les PT et les échanges dans les forums photos et autres réseaux sociaux. En fait, ces trois éléments (famille, travail et photo) occupent tellement toutes mes pensées je pense, que cela parvient à m'éviter de trop penser à la covid et les désagréments qu'elle m'apporte, ce qui m'aide à garder un bon moral malgré tout.
     
    Est ce que tu as d'autres passions en dehors de la photographie ? 
     
    Oui, même si c'est moins le cas en ce moment à cause encore une fois de la covid, je suis aussi un adepte du tennis avec des amis et collègue de travail. En plus de jouer, je suis avec intérêt les tournois et classements des professionnels de l'ATP et de la WTA. J'ai évidemment un parti-pris bien sûr pour les joueurs de Tennis Canada.
    À part ça, je fais aussi du trading boursier et je suis rigoureusement mes placements en même temps que je fais du PT photo à l'ordinateur. Une manière comme une autre de rendre la photo rentable.
     
     Pourquoi t'être inscrit sur le forum photo ? Qu'est ce que cela t'apporte ? 
     
    En fait, je suis sur des forums photos depuis 2006, année où j'ai découvert cette façon d'apprendre et de partager sur internet. Combiné avec des vidéos YouTube, c'est de cette façon que j'ai appris tout ce je sais sur la photo... et que je continue à apprendre. Car il faut bien le dire, la photo est une discipline où on apprend sans cesse. C'est quand on croit tout savoir en la matière que l'on réalise qu'on en apprend encore et encore...
    C'est de cette façon en fait que je préfère partager en photo. Partager avec d'autres qui connaissent la photo autant sur l'aspect technique qu'artistique. Des photographes qui sont bien placés pour y porter les meilleurs jugements sur des photographies. C'est d'ailleurs ce qui différencie les forums des autres moyens de partager comme Facebook et Instagram qui se contentent trop souvent d'un pouce en l'air ou de commentaires de gens qui apprécient globalement la photo mais qui s'y connaissent peu techniquement.
    Enfin, comme il m'arrive de temps à autre d'aller voir ce qui se passe ailleurs sur d'autres forums, j'ai découvert ce forum-ci, francophone, qui voit l'importance de commenter les autres pour espérer être commenté, chose d'impératif pour moi. Il y a aussi le fait que plusieurs photographes semblaient motivés à échanger dans un but constructif et avec respect avec les autres. C'est là que je me suis donc dit « Je m'inscris » et j'en suis très content.
     
    Que peut-on te souhaiter pour l'avenir Charrac ? 
    De la santé, de la prospérité et tout plein de bonnes années encore pour faire de la photo pour partager et échanger sur le forum.
     
    Y a t-il un sujet que tu souhaites aborder en particulier, photo ou autre ? 
     
    Pas particulièrement. Je pense que l'ensemble décrivant ma passion pour la photo a été dit.
    Sur ce, j'aimerais te remercier Nikita pour cet intérêt pour moi comme photographe amateur et cette interview.  J'espère simplement que cela en intéressera quelques-uns. 
    Et à tout les membres qui se sont rendus ici dans la lecture, eh bien un grand merci à vous pour votre intérêt.
     
    C'est moi qui te remercie Charrac, de ta participation à cette entrevue et au forum photo en général. 
    .................

     


  • F2P
    En ce mois de Février 2021, je vous invite à en apprendre un peu plus sur PierreT, l'un de nos membres. 
    Adepte du portrait et de l'architecture, il explore également d'autres domaines photographiques avec succès. 
    Un grand merci à lui de sa participation au forum photo et d'avoir joué le jeu de l'interview. 
    ......................
    Bonjour PierreT. Je te remercie d'avoir accepté de répondre à mes questions. 
    Peux-tu te présenter aux membres du forum en quelques mots ? 
     
    Bonjour Nikita,
    C'est gentil de me consacrer une interview. Comme mon pseudo l'indique, je me prénomme Pierre, et mon nom de famille commence par un T. J'habite à Paris, et je suis professeur de français langue étrangère. J'enseigne le français à des étrangers n'ayant pas la possibilité d'obtenir un titre de séjour de manière régulière (sans ressource, réfugiés, etc...) ainsi qu'à des étudiants. C'est un métier que j'aime beaucoup : on ne devient pas riche (du tout), mais ça permet de voyager (pour travailler dans d'autres pays) et de rencontrer énormément de personnes intéressantes apportant avec eux leur culture. Et bien entendu, je suis passionné par les objectifs soviétiques. Cela implique de les utiliser, c'est pour cela que je fais des photos.
     
    Parlons de photographie justement. Comment t'est venue cette passion ? 
     
    Ce n'est pas une très longue histoire (à l'échelle d'une vie). Quand j'étais adolescent, j'aimais beaucoup la photographie, mais avec une approche très simpliste (c'est pas forcément l'âge où on fait des trucs très intelligents). J'avais un compact, j'étais le "photographe" de la famille. Je m'amusais déjà à expérimenter, mais encore une fois, ce n'était pas du grand art. La fin de l'adolescence arrivée, j'ai commencé à me passionner pour la langue russe, je suis parti à la fac l'apprendre, et j'ai donc été introduit à l'histoire de l'URSS, qui m'a beaucoup intéressée (j'ai fini par m'acheter une voiture soviétique d'ailleurs). Un jour, mon père m'a annoncé qu'il avait retrouvé un vieil appareil photo soviétique qu'il avait acheté en Union Soviétique en 1972, un certain "Zenit". J'ai mis une pellicule dedans (après avoir regardé sur internet comment faire, j'imagine), et j'ai fait des photos sans trop me soucier de l'exposition. Le résultat final m'a franchement plu. Je garde toujours ces photos en souvenir, qui, même si elles sont ratées d'un point de vue technique, ont une grande valeur sentimentale (mes premières photos avec un objectif soviétique). Voici une de ces photos (voir photo en bas). 
    Ça m'a plu, mais faire de la pellicule, ça m'a paru chiant et cher. En regardant sur internet, j'ai bien compris que le caractère de la photo était majoritairement produit par l'objectif. J'ai donc décidé de m'acheter un petit appareil photo numérique à objectif interchangeable (un 350D d'occasion) pour continuer à utiliser l'Helios-44 qui était sur le zenit de mon père. C'était durant l'été 2011.
    À l'époque, je m'intéressais beaucoup à la photographie en général, et l'objectif était encore un accessoire. J'ai commencé à expérimenter différentes techniques (par exemple les poses longues, le HDR avec bracketing, le panorama avec plusieurs photos, etc...). Je me suis acheté un trépied à 25 euros (que j'utilise toujours pour prendre en photo mes objectifs ), un flash (qui prend la poussière), et j'ai commencé à acheter des optiques pas chers, pas spécialement soviétiques car je n'avais pas d'argent et je ne savais pas vraiment quoi chercher. Un grand angle pour essayer le paysage (24mm), un téléobjectif (300mm) pour des oiseaux et des trucs pas proches, et quelques babioles optiques. Je me suis même inscrit à un club photo, chose incroyable pour un ermite comme moi (mais je n'y suis pas resté longtemps, car "chassez le naturel, il revient au galop").
    D'un point de vue technique, à ce moment là, j'ai beaucoup appris sur un forum anglophone destiné aux objectifs manuels, et aussi grâce à une personne très sympa et compétente dans le domaine technique : un certain Thierry Hacquard, qui a d'ailleurs sa petite collection d'appareils et d'objectifs soviétiques. C'est très important d'avoir une personne à qui on peut poser toutes les questions qu'on se pose, bien mieux qu'internet, où l'on trouve souvent tout et son contraire.
    Je n'étais pas encore dans la collection, c'était la fin du commencement et le début de la suite. Donc je pense que je peux m'arrêter là.
     
    Quand on regarde toutes tes photos, on a l'impression que tu touches un peu à tous les domaines avec succès et surtout pour ce qui est du portrait. Quelle est ta recette ? 
     
    Pas vraiment tous les domaines. Je n'ai jamais aimé pratiquer la macro ni la photo animalière (dans un environnement naturel). Je suis très patient dans la vie, mais pas du tout en photo. J'admire les photographes qui se lèvent tôt et se cachent dans leur affût pendant des heures. Les photos sont magnifiques, mais pour moi, le jeu n'en vaut pas la chandelle, ce n'est qu'une photo. Pour la macro, il faut souvent être à genou, et avoir de très bons yeux. Il faut également aimer les insectes (sujet fréquent de macro). Or, j'ai rapidement mal aux genoux, j'ai pas de bon yeux (j'enlève mes lunettes quand j'utilise mon appareil) et je n'aime pas trop tout ce qui a des petits pattes et qui bouge très rapidement.
    Je ne suis également pas très fan des paysages. Je n'en prends que lorsque je voyage, pour le souvenir principalement. En gros, je ne vais pas chercher le paysage, je prends ce que la vie me donne.
    La photo de rue, c'est pas vraiment mon truc aussi, je ne suis pas assez sociable pour ce genre d'expérience, et je n'ai pas un air assez aimable. J'aimais beaucoup les manif', mais c'était avant les "gilets jaunes", à une époque où il y avait une ambiance festive. 
    Le portrait, c'est vrai que j'aime ça, mais seulement en lumière naturelle. Je n'aime pas le studio car, encore une fois, c'est compliqué à mettre en place. J'ai un semblant de studio mobile (fond noir ou blanc avec ses supports, 2 sources continues avec des déflecteurs) mais c'est fatiguant à installer, surtout quand on a pas envie. De plus, les photos de studios ne m’intéressent pas (aussi bien à faire qu'à regarder), je n'y suis pas du tout sensible.
    Je suis un homme de bokeh, j'ai besoin d'un arrière plan vivant. C'est pour ça que j'apprécie autant le portrait en plein air. C'est également toujours un plaisir pour moi d'en faire, car c'est toujours l'occasion de me promener avec quelqu'un que j'aime bien (mes "modèles" sont toujours des personnes que je connais pas mal : amies, étudiantes voire parfois ma compagne). Pour moi, la photo, c'est avant tout le plaisir dans le processus :
    - le plaisir de choisir son objectif (ça peut être très long quand on en a beaucoup)
    - le plaisir du manuel, les bagues qui tournent dans la graisse (et l'odeur qui va avec), et la beauté de l'objectif
    - le plaisir de passer un bon moment
    - le plaisir de faire plaisir à quelqu'un qu'on aime bien en lui offrant de belles photos
    Je ne trouve pas ces deux derniers éléments dans les autres types de photos.
    Et c'est également dans ces conditions que je peux montrer le plus efficacement le caractère de mes objectifs, puisque je privilégie toujours la pleine ouverture.
    Ma recette ? Ça peut paraître très pragmatique, mais je fais très attention à l'arrière plan et à la lumière, mais aussi à la distance entre le sujet et l'objectif, et la distance entre le sujet et l'arrière plan, en fonction de la focale et de l'objectif. Chaque objectif produit un bokeh différent qui se produit à différentes distances. Après, pour le modèle, ça va plutôt de soi, vu qu'elles sont habituées à être prise en photo par moi. Le reste, c'est l'objectif qui le fait. Mes photos seraient bien moins intéressantes si j'utilisais un objectif moderne, et d'ailleurs, je ne ferais pas de photo si j'en avais un.
     
    Tu as déjà exposé ? 
    Jamais, il faut être un artiste pour ça. Savoir imaginer, créer une série, avec une idée ou un concept.
    Moi, j'essaie simplement de faire les plus belles photos possibles avec le maximum d'objectifs soviétiques possible, tirer le meilleur de chacun d'eux. Si je devais exposer quelque chose, ce serait plutôt mes objectifs. Si j'avais de l'argent, j'ouvrirais sans doute un musée de l'optique soviétique. Les photos illustreraient la description des objectifs. Je serais sûrement le seul à le visiter, mais ça me botterait. Mais ça, c'est seulement des "si". 
     
    Tu ne te considères pas comme un artiste ? Pourquoi ? De ce que j'ai vu de tes photographies, c'est assez créatif. C'est quoi du coup un artiste photographe pour toi ? 
     
    Pas du tout. Pour moi, un artiste transmet un message, il sait où il va quand il prend une photo. Il construit sa photo dans sa tête avant de la prendre. Il développe également un univers particulier, qui se retrouve dans chacune de ses photos. 
    Alors que je ne fais que des photos, pour le plaisir. Mes photos sont systématiquement faites pendant des promenades (seul ou accompagné), je cherche des trucs sympa à prendre en photo, selon l'objectif que j'ai. Si j'ai un objectif à portrait, je cherche des personnes (chanteurs de rue, ou autres personnes qui ne seraient pas gênés par des photos), si j'ai un grand angle, je cherche un intérieur (église notamment), si j'ai un fisheye, je cherche à m'amuser avec les déformations comme sur une de mes dernières photos, etc... C'est une démarche totalement dénuée de volonté artistique, il s'agit de faire une photo réussi techniquement et sympa à regarder, sans me casser la tête, avec un objectif soviétique. Il y a quelques années, mon approche était un peu différente (j'ai même été officiellement "auteur photographe" , sans succès).
    Un artiste doit aussi savoir parler de ses photos. Or, j'en suis incapable. Je peux parler de la technique, je peux écrire des pages sur mes objectifs, mais je ne vois aucune "poésie" dans mes photos. D'ailleurs, mes titres de post sur ce forum trahissent assez clairement mon approche actuelle. 
     
     Pourquoi t'être inscrit sur le forum ? Qu'est ce que cela t'apporte ? 
     
    C'est la première fois que je m'inscris sur un forum de photographie (et non pas de matériel photo). Comme expliqué précédemment, parler de photo, ça ne m'a jamais vraiment botté. Mais j'ai eu envie de faire un effort.
    Et je dois avouer que je ne regrette pas. C'est un peu bizarre pour moi de commenter une photo sans parler de l'objectif. Sur mon groupe facebook par exemple, chaque photo est avant tout un prétexte pour parler de l'objectif utilisé, ceci même si la photo est magnifique. Ici, c'est juste la photo. C'est un peu perturbant, mais c'est important dans la vie de chercher de nouvelles expériences en dehors de sa zone de confort pour progresser.
    Ce qui est marrant (et plutôt bon signe), c'est que maintenant, quand je poste une photo, je cherche ce qui pourrait clocher avec la photo, ce qu'on pourrait trouver à corriger. Avant, c'était plutôt "tiens, voilà une photo, avec ses défauts, à prendre ou à laisser". Ça n'a pas changé ma manière de prendre des photos, mais plutôt ma manière de regarder la photo sur Photoshop®.
    Bon, c'est toujours avec grand plaisir que je réponds aux questions sur les objectifs, mais j'essaie de limiter ici, pour ne pas faire tâche.
     
    Quel genre de critique photo es-tu ? 
    Je suis critique pas très critique. Je pars du principe qui chacun voit midi à sa porte. Quand j'aime une photo, je le dis. Quand je n'aime pas une photo dans son ensemble, je m'abstiens de commenter. Quand j'aime bien une photo, mais qu'il y a un petit truc qui, je trouve, pourrais être amélioré, je me permets de le dire, en espérant que la personne ne le prenne pas mal. Je ne suis pas du genre à avoir un avis tranché sur une photo. Si la personne apprécie sa propre photo, c'est déjà bien. On est là avant tout pour se faire plaisir. 
     
    Qu'est ce qui prime pour toi ? La technique, le sujet ou l'émotion ? 
     
    Question difficile. Je ne dirai pas que l'émotion prime. Elle est là ou elle n'est pas là. C'est un élément personnel, en rapport au moment où on a pris la photo. Quand je fais des portraits par exemple, je les traite le jour même car j'ai encore l'émotion de la photo, le moment n'est pas encore terminé et c'est le meilleur moment pour traiter une photo, pour moi en tout cas. Pour une autre personne, ou moi même à un autre moment, l'émotion pourrait être différente ou inexistante.
    Le sujet est bien entendu important aussi, mais j'ai tendance à penser que n'importe quel sujet peut-être bon, si on le prend comme il se doit en photo... une belle femme, une vieille personne, un enfant, un homme, un chien, un arbre, une vieux paquet de clopes sur le trottoir, une chaussure verte...
    La technique , je dirais que c'est le plus important. Une belle photo, avec un beau modèle, une belle lumière mais avec un focus raté, c'est poubelle. La question du focus est un point technique très important quand on ne fait que du manuel. Heureusement, après toute ces années, et grâce à l'aide au focus dans le viseur du Sony A7, ce problème arrive moins souvent, mais l'erreur reste humaine, et un sujet est parfois difficile à suivre quand on utilise un objectif bizarre avec un système de focus un peu limite, surtout quand on adore la pleine ouverture. Mais c'est aussi pour ça que j'aime le focus manuel. Quand une photo est ratée, je suis le seul et unique responsable, c'est le jeu. Il n'y a rien de plus frustrant que de rater quelque chose à cause d'une machine électronique.
     
    Tu fais beaucoup de post traitement ou tu te limites au minimum ? 
     
    De manière générale, très peu. Sur les paysages, photos de rue et autres trucs de ce genre, ma routine est simple : Camera raw® : crop 16/9 (je fais ça systématiquement depuis 2014, ne me demandez pas pourquoi...), contraste, exposition. Une fois sur photoshop®, je peux retirer un ou deux détails qui gênent, et c'est sauvegardé. 
    Pour le portrait, c'est différent, je veux que la personne aime la photo, donc je m'arrange pour cacher les petites choses. En plus des éléments déjà mentionnés, je travaille plus précisément la peau (boutons, rougeurs, noirceurs). Pour les modèles asiatiques, je retouche aussi légèrement l’ovale du visage et l'exposition de la peau (les critères de la beauté asiatique ne sont pas exactement comme chez nous).  
    Mes retouchent excluent toute modification du caractère de l'objectif (flare, bokeh, rendu colorimétrique général), car c'est au final ce qui est le plus important pour moi.
     
    Changeons de sujet. On traverse actuellement une période assez particulière avec la covid. Quelle est ta vision des choses là dessus ? 
     
    La crise de la covid a été assez compliquée pour la collection, avec l'arrêt des liaisons aériennes entre l'Ukraine et la France. En 2019, j'étais sur une moyenne de deux colis tous les mois, contenant généralement entre 5 et 10 objectifs. En 2020, j'ai du recevoir environ 10 colis sur toute l'année, surtout en fin d'année avec la reprise partielle des vols commerciaux (le transport de colis par la poste "normale" se fait via les vols commerciaux).
    J'ai également perdu mon partenaire de longue date pour les affaires en Ukraine, puisqu'il a perdu son travail. En plus, étant donné que notre affaire était au point mort, il n'avait aucun revenu de ce côté là. Donc il a changé totalement d'activité. Heureusement, depuis, j'ai pu trouver un nouveau partenaire, mais c'était compliqué.
    Pour la photographie, c'était très frustrant, surtout au printemps lorsque les fleurs sortaient et que nous devions rester enfermés dans notre appartement parisien. Etant très prudent avec ce virus, je ne suis sorti que pour faire les courses, l'appareil photo est resté dans sa housse pendant quelques mois. Malheureusement, rien n'est terminé, j'espère simplement que le prochain confinement sera décidé plus tôt, pour pouvoir profiter du printemps cette fois-ci. J'envie beaucoup les personnes vivant à la campagne, avec un jardin, c'est quand même plus sympa pour les photos.
     
    Nous arrivons à la fin de cette interview PierreT. Que peut-on te souhaiter pour l'avenir ? 
     
    Beaucoup de nouveaux objectifs rares et inconnus ! 
    Sinon, du bonheur, la santé...
    Et pourquoi pas de belles photos à faire ?
     
     Je te remercie encore d'avoir accepté de répondre à mes questions PierreT. As-tu quelque chose à ajouter ? Un message à faire passer aux membres et aux visiteurs qui liront cette interview ? 
     
    Euh, je ne pense pas avoir quelque chose à ajouter.
    À ceux qui ont lu cette interview : merci d'avoir lu cette interview. 
    .............................

     


  • F2P
    Pour cette nouvelle année qui débute, je vous propose d'en apprendre davantage sur l'une de nos membres : PtiPoison. 
    Adepte de la macrophotographie, PtiPoison nous présente également des photos dans plusieurs autres domaines avec parfois un petit grain de folie que l'on apprécie tous. 
    Toujours conviviale dans ces critiques, sa personnalité et son humour font d'elle, un piler du forum.
    ............
    Bonjour PtiPoison. Tout d'abord je te remercie d'avoir accepté cette interview. Peux-tu nous dire quelques mots sur toi et nous expliquer d'où vient ton pseudo ? 
    Bonjour madame chat, bonjour à tous,
    Mon prénom c'est Gilberte, j'élève des chèvres dans le Larzac et je leur apprend la photo...
    Ok j'arrête de dire n'importe quoi, en fait mon vrai prénom c'est Estelle, j'élève juste mes 2 enfants et ça occupe bien. Pas encore retraitée mais déjà presbyte, pour la photo c'est moins marrant. Sinon mon job c'est de dessiner des bijoux.
    Mon pseudo, ça date d'une époque reculée ou je faisais du tir à l'arc, et ou j'avais gratifié un des membres du club d'une récompense, « le mufle d'or », il m'a rendu la pareille en me faisant un « poison d'or », ça à évolué en petit poison, puis pti poison. Il paraît que ça me va bien m'a t-on dit...
     
    Oui je trouve que ça te va bien.  Depuis quand fais-tu de la photo ? Comment t'es venue cette passion ? 
    J'en fais depuis toute petite, mon frère et moi avons eu des petits appareils, tout basiques, une boite avec un bouton dessus en gros... J'aimais bien avoir des souvenirs, mais je ne faisais pas particulièrement attention au cadrage ou à la technique, je me faisais juste plaisir.
    Après ado, j'aimais beaucoup quand mon père me laissait finir la pellicule sur son OM2 ( j'adorais le bruit du « clic » qu'il faisait d'ailleurs ), mais toujours sans trop faire attention, au feeling.
    On va dire que pendant très longtemps ça a été tout automatique, sans me poser de question.
    Jusqu'au jour ou j'ai testé le foca universel de mon grand-père, tout manuel, et là, j'ai été obligée de réfléchir un peu, mais pourquoi il y a tout ces chiffres sur la cellule, j'en fais quoi ? Ça sert à quoi ?
    Au final, j'ai commencé tard à vraiment essayer de m'améliorer, je ne parle pas du temps qui manque … de la vie qui fait que on laisse un peu de coté certaines choses, mais je m'y suis remise sérieusement en 2015, en essayant d'apprendre a « vraiment » faire de la photo. C'est de la que date ma première inscription sur un forum d'ailleurs.
    Pour terminer avec le bon vieux temps, mon grand-père avait un polaroid aussi, on était épatés de voir apparaître l'image, on la guettait. Finalement j'ai toujours un peu « baigné » dans la photo.
     
    Quel sont tes domaines de prédilection en photo ? Lequel est le plus " simple " pour toi ?
    Et bien sans surprise, la macro est mon domaine de prédilection. C'est simple pour moi dans la mesure ou il n'y a pas à aller loin pour trouver des sujets. Tu me laisses dans un carré de nature avec mon appareil et je suis occupée pour un moment.
    Je fais parfois du portrait en lumière naturelle, mais comme c'est des photos de mes enfants la plupart, je ne les poste pas sur le forum. Ou alors ils sont de dos ou on les devine plus qu'on ne les voit, donc ce n'est plus vraiment du portrait… 
    Occasionnellement du paysage, mais c'est un domaine difficile pour moi. Autant à la prise de vue, ( cadrage, expo …) qu'au traitement.
    Et très rarement, de la photo de rue, en général, c'est de la photo volée, je ne suis pas très sociable avec les inconnus.
    Après finalement techniquement, rien n'est simple, il faut bosser.
    J'oubliais, je fais de la photo animalière…. de mon chat essentiellement, je connais bien le modèle, c'est plus facile. 
     
    Doit-on en déduire que tu es misanthrope toi aussi ?
    Baaaaah...... j'aime bien certains humains, mais pas tous. 
    Et en général ceux que j'aime bien, je les connais, les autres, tant que je ne les connais pas je ne les aime pas.  Et quelques rares que je connais que je n'aime pas aussi... Donc suis une vraie misanthrope ? Je ne sais pas ....
    J'ai une confiance très limitée en l'espèce humaine pour être exacte, dans sa globalité, parce que individuellement certains gagnent à être connus.
    Pas sure d'être claire, mais je me comprend et je vais arrêter la avant de dire plein de grosses bêtises.
     
    Ne t'inquiète pas, des bêtises, on en entend et on en dit beaucoup.  Revenons à la photo : pourquoi t'être inscrite sur un forum ? 
    Et bien comme je disais en 2015, j'ai décidé de m'y mettre sérieusement, j'ai cherché comment faire avec mon ami le moteur de recherche que tout le monde connait, et je suis tombé sur cette solution, les forums de photos.
    Je me suis inscrite, j'ai testé et je suis restée ( avec quelques absences parfois... ), ça m'a permis de progresser, de rencontrer d'autres passionnés de photo.
    C'est ça qui est beau avec internet, on peut échanger facilement.
     
    Tu photographies à l'instinct ou tu sais par avance ce que tu veux faire ? 
    Alors en photo, c'est comme dans la vie, je suis un peu bordélique et pas franchement organisée…
    Je fonctionne effectivement beaucoup à l'instinct, je photographie les opportunités qui se présentent.
    Je suis quand même obligée de définir le type de sortie que je fais, macro, paysage, ville … parce qu'il faut faire un choix de matériel ( mon dos va m'en vouloir si je ne m'allège pas un peu ) mais ensuite, je me balade au petit bonheur la chance.
    Je ne vais pas aller à tel endroit, sachant que je vais trouver telle espèce d'insecte, c'est comme pour les vacances, je ne me fais pas un programme, je sais juste ou je vais et le reste c'est comme ça vient.
    Forcément, je loupe surement des choses, mais je préfère comme ça. Je déteste planifier, et en plus, j'aime qu'un plan se déroule sans accroc, donc je n'en fais pas, et ainsi pas d'accroc !
    Et souvent, je décide au dernier moment de sortir faire des photos, un exemple, un soir en juillet, je suis sortie photographier la comète ( j'ai oublié son nom ), je ne savais même pas où trouver un bon spot, je suis partie avec le pied et l'appareil photo, et hop, j'ai fini par trouver un petit chemin et un endroit correct pour m'y poser, mais j'aurais pu aussi bien revenir bredouille….
     J'admire ceux qui s'organisent, préparent, planifient, je ne sais pas faire. (même pas sure d'avoir envie de le faire, faudrait que je trouve quelqu'un qui organise pour moi …..  )
     
    Quel genre de critique photo es-tu ? 
    Hmmm, compliqué comme question ça. Je ne sais pas quel genre de critique photo je suis.
    Je fonctionne beaucoup au ressenti, des fois je vais aimer ou ne pas aimer une photo sans savoir pourquoi, donc pour faire une critique constructive, ce n'est pas évident.
    Je vais voir certaines choses, et parfois, je vais passer totalement à coté….
    Sinon, je lis les remarques précédentes souvent et je me dis, mais bien sur, il/elle a raison, mais toute seule je n'aurais pas forcément mis le doigt dessus.
    Quand une photo me plait je le dis, quand je ne la trouve pas bonne mais que je ne saurais pas dire pourquoi, je m'abstiens, ce ne serait pas constructif et des fois je ne sais juste pas quoi dire.
    Au final,  je ne pense pas être une bonne critique, c'est tout ce que je sais.
     
    L'année 2020, si particulière, est terminée. Comment l'as-tu traversée ? 
    Sur la pointe des pieds ….
    Cela aura vraiment été une année très particulière (de merde  !!! ) comme tu dis.
    Je ne vais pas me plaindre, on a tous morflé à divers degrés, ceci dit, la photo m'a bien aidé à traverser les périodes de confinement, je n'ai jamais fait autant de photo de gouttes, ( à moins d'un km, on prend ce que l'on trouve ) …. vous en avez encore pour un moment dans la section macro.
    Bref, passons ….. On croise les doigts pour s'en sortir le plus vite possible.
     
    Est-ce que tu penses que dans tout photographe se cache un artiste ?
    Oh punaise, tu me gâtes niveau question, je ne suis même pas sure de penser tout court….
    À partir de quel moment est-on un artiste ou pas, selon quelle définition du mot artiste ?
    En photo on montre notre vision, un point de vue, quelque chose qui nous a tapé dans l'œil, qu'on a trouvé beau ou moche, émouvant ou choquant, ou que sais-je  …. on essaye de le mettre en valeur, de faire passer un message parfois, donc nous devons bien avoir un petit coté « artiste » au fond de nous.
    On essaye de mettre notre touche personnelle.
    Après j'imagine que nous n'avons pas tous le même sens artistique, pas le même sens de l'esthétique non plus. L'art doit-il être esthétique d'ailleurs ?
    Une photo d'araignée, c'est artistique ? Je suppose que c'est dans la vision que la personne proposera qu'est le coté artistique...
    La part « artistique » de chacun va avoir divers degrés surement. Beaucoup font probablement de la photo sans jamais s'envisager en tant qu'artiste.
    On peut juste faire de la photo souvenir, ce n'est probablement pas très artistique dans ce sens, si on ne le fait pas avec un peu de recherche ?
    Ou serions-nous des artistes qui s'ignorent ?
    J'ai tapé « artiste photographe »dans google pour voir…. et bien je ne suis pas une artiste photographe , j'ai lu des choses comme « chaque image est conceptualisée » « sa prise de vue est organisée », »technique irréprochable », pas moi du tout, je n'ai pas de démarche, je ne suis pas organisée, je me fais juste plaisir, ma technique est limitée, je suis du vent.
     
    Du vent ? C'est étonnant que tu penses cela alors que tes images sont souvent très créatives avec un petit brin de folie que beaucoup apprécient. Je vais te gâter encore une fois : crois-tu que les meilleures photographies naissent dans la souffrance, comme pour le rock ? 
    Oui, du vent, à voir, une petite brise d'été ou une grosse tempête d'hiver, ou le vent d'autan qui rend fou, il y en a plein des vents. Remarque des fois le vent fait de l'art avec les nuages, le sable.... 
    Non, je ne crois pas, et je pense même que les pires photographies aussi peuvent naître dans la souffrance. Pour la macro, j'ai mal aux genoux et au dos quelque soit la qualité de mes photos  ah pardon, la souffrance morale, je m'égare.... 
    Je ne crois pas que les meilleures photographies naissent de la souffrance, je pense qu'elles naissent de plein d'émotions différentes. À chacun de trouver son moteur. Pour certains, ce sera la souffrance, pour d'autre, va savoir.... 
     
    Que peut-on te souhaiter pour cette année 2021 ?
    La santé, l'inspiration, la liberté, pourvoir réaliser mes envies, la fin du covid ( là, je crois qu'on est plusieurs sur le coup !!! ) , que je n'entende plus mes voisins ( bon ça, des boules quies, mais ça fait mal aux oreilles…), que le matériel photo pousse sur les arbres et que je puisse le cueillir ( comment ça ce n'est pas possible ? ), que mon grain de folie ne me quitte jamais, que je garde une âme d'enfant, un nouveau lapin crétin ( je ne retrouve plus l'ancien ) ou un minion ….. que la vie ne soit pas trop vache ce sera déjà pas mal.
     
    Nous arrivons à la fin de cette interview PtiPoison. As-tu quelque chose à dire aux membres, aux visiteurs ? Un message à transmettre peut-être ? 
    Forumeuses, forumeurs, visiteuses, visiteurs,
    Félicitations, vous êtes arrivés au bout de cette interview sur ce sympathique forum, c'est un plaisir d'échanger avec vous.
    Merci à l'équipe pour son travail
    Je vous souhaite à tous une bonne année 2021, parce qu'il est permis d'espérer et de souhaiter quelle soit meilleure que 2020.
    Soyez fous !
    Mort au covid et vive la photo !
     
    Merci à toi d'être ce que tu es, de ta participation au forum et à cette interview. Je te souhaite également une très bonne année 2021 Estelle. 
    ..................

     


  • F2P
    Pour ce mois de décembre 2020, je vous propose de découvrir l'interview de Bib, l'un de nos amis du Québec. Il nous fait régulièrement visiter son beau pays grâce à ses belles photographies et participe activement à la vie du forum photo. 
    Un grand merci à lui d'avoir accepté de répondre à mes questions. 
    .............
    Bonjour Bib. Tout d'abord, merci d'avoir accepté de participer à cette interview. Peux-tu te présenter à nous en quelques mots et nous expliquer l'origine de ton pseudo ? 
     
    Bonjour Nikita,
    Et bonjour chers amis photographes !
    J’ai tout d’abord été surpris d’avoir été sollicité. Je ne suis pas certain de mériter cette attention. Mais comme j’ai été intéressé de lire les derniers participants, c’est avec plaisir que je suis ici pour cette entrevue ! C’est une belle initiative de nos webmestres ! 
    J’ai travaillé 40 ans pour le même employeur. Essentiellement, c’était sur la route au service à la clientèle pour l’installation, la réparation et l’entretien d’appareils  électroniques de mesures industriels et commerciaux dans les usines de fabrication et de transformation de produits de consommation: industrie pharmaceutique, alimentaire, pétrochimie, minière, papetière, recyclage, etc... et dans l’industrie du transport. Mon travail m’a permis de sillonner la province de Québec de long en large, ce fut un vrai bonheur ! Je suis fait pour ce pays !
    Jeune retraité, je vous assure que  ma première année de congé ne s’est pas passé comme prévu ! Ma douce et moi avons dû annuler en mai dernier, un voyage dans le sud de la France et le nord de l’Italie. Je regarde donc avec envie vos paysages ! Nous avons eu la chance de passer un peu plus de 15 jours en France en 2010. Vous avez un pays formidable avec une grande diversité culturelle. On gagne à y aller plusieurs fois ! Ce n’est que partie remise !
    Je n’ai pas de mérite pour mon pseudo. Ce n’est pas moi qui l’aie choisi. Il me vient de mes amis d’enfance, mes chums comme on dit ici. À l’époque, on se donnait tous des diminutifs : Boubou pour Boudreault, Déro pour Desrochers, Thib pour Thibault... qui est mon nom de famille. Et j’ai eu Thib comme surnom pendant plusieurs années jusqu’à un certain soir, où on avait tous  un peu « la gueule carrée » ! On a la gueule carrée essentiellement pour deux raisons : il fait très froid et la mâchoire n’articule pas bien ( cela arrive quand on joue au hockey sur la patinoire extérieur par -20! ) , ou... on prend un ou deux verres de trop ! Ce soir là, il ne faisait pas froid, et  Thib est devenu Bib ! La même gang de chums ( ici, on emploi le féminin pour gang de chum  ) m’appellent encore ainsi aujourd’hui ! 
     
     Merci pour cette explication.   Depuis quand fais-tu de la photographie ? Comment t'es venue cette passion ? 
     
    Sans trop le savoir, enfant, la photo m’intéressait. Je dévorais les beaux livres, m’attardant plus aux photos qu’aux textes. Les photos représentaient le monde à découvrir. J’adorais les couleurs, les animaux, les couchers de soleil, les palmiers au bord de la mer, les villes, etc…
    Mon père ne connaissait pas la photographie, mais il avait souvent un appareil à la main aux moments importants de l’année ! Un Kodak Brownie d’abord, un Yashica 35 mm ensuite, et une ciné-caméra 8mm plus tard. À ce moment-là, la photo pour moi n’était rien d’autre que de prendre des souvenirs pour les soirées de projection diapos !
    Jusqu’au jour où vers 16 ans, mon chum Rich ( tu te rappelles les diminutifs ? ) me montre son reflex Mamiya / Sekor.  Wow ! Il était bien plus cool que le Yashica de mon père !   J'étais attiré par les réglages ! Ce jour là, j’ai su que moi aussi j’aurais un reflex ! 
    Rich  prenait des photos de tout… sauf des portraits de personnes ! Ça, ça m'intriguait. Il avait une chambre noire dans le garage, chez ses parents. J’ai trouvé le développement photo intéressant, surtout l’agrandisseur où on masquait certaines parties du papier photo, mais comme je n’avais aucun endroit pour monter un labo, j’ai vite mis ça de côté.
    J’ai eu quelques appareils automatique, des 126, des 110. Vous savez ceux que l’on chargeaient avec des négatifs dans des cassettes en plastique, et les Flash Cubes ?? 
    Finalement, mon premier reflex remonte à 1982, c’était un Minolta X-700. Je l’avais « bargainé » ( marchandé ) avec un juif de la côte est du Maine aux États Unis. Pas très chanceux, j’entre chez lui au début de mon magasinage. Je n’achète jamais dans le premier magasin. Le vendeur me dit en me regardant dans les yeux et en roulant ses " R "  « Je te fais un prix. Le prix le plus bas en ville. Si tu pars sans l’acheter et que tu reviens, il sera plus cher ». Je suis sorti sans l’acheter et… il avait raison !  Je suis revenu et il me l’a vendu plus cher… mais j’avais négocié un accessoire en plus !  J’ai toujours ce boitier. Ce fut le début de l’aventure photo.
    J’ai lu le manuel… et j’ai utilisé dès le départ, le mode… manuel. Mes premiers paysages ont été ceux des Îles de la Madeleine. C’était l’endroit idéal ! J’avais la chance d’y travailler un mois par année.  La semaine c’était le boulot, la fin de semaine, la photo. J’avais une bobine de film par semaine. J’ai encore aujourd’hui l’odeur si particulière des négatifs au nez ! Avec si peu de photos, tu penses au cadrage et aux réglages ! J’ai tout de suite aimé quelques-un de mes premiers clichés ! Aimer ses photos, c’est important.
     
    Est-ce que tu as des domaines de prédilection ? Qu'est ce qui t'intéresse ? 
     
    Mes domaines de prédilection s: le paysage évidemment. Quand je pense sortie photo, c’est ce qui m’est le plus naturel. C’est incroyable de voir comment un même point de vue, peut se montrer sous des aspects différents d’une saison à l’autre, d’une journée à l’autre, de l’éclairage du matin à celui du soir ! Le Québec est grand ( 3 fois la superficie de la France ), c'est bien mais c'est aussi un défi de se déplacer. Les distances sont longues. Le problème avec le paysage, c’est que l’inspiration est plus difficiles à trouver après trente ans à arpenter les alentours de la maison, ou de l’environnement proche. Alors je trimbale toujours ma caméra en vacances, en voyage ou en balade. Ma douce ( vous aurez compris que c’est mon épouse ! ) est originaire de la province voisine du Québec, le Nouveau Brunswick.  Nous allons y visiter sa famille, à chaque été. Je ramène donc des photos de cette province maritime que nous avons eu le plaisir de découvrir d’année en année et de région en région.
    Les évènements m’attirent : les spectacles, les fêtes culturelles, les rodéos ou les évènements sportifs, comme les Jeux du Québec. Les Jeux du Québec ressemblent à des mini-jeux olympiques pour les jeunes de moins de 18 ans, de toutes les régions de la province de Québec. Ils ont lieu au deux ans. Ces Jeux durent deux semaines et regroupent des milliers de participants. Il y a les jeux d’hiver et les jeux d’été qui ont chacun leurs disciplines respectives. J’ai eu l’opportunité d’être photographe accrédité lors des Jeux du Québec qui ont eu lieu dans ma ville en 2007. Ce fut une belle expérience. Comme photographe, nous avions nos assignations à des sports précis et notre salle de presse. J’ai eu la surprise de voir une de mes photos publiée dans le Journal de Montréal. Le plus gros quotidien français en Amérique du Nord.
    J’aime aussi l’urbain pour son architecture et les scènes de vie, il y a toujours quelque chose à photographier en ville. C'est inspirant.
    Une forme de photographie qui m’attire de plus en plus est la photographie abstraite. Les couleurs et les formes m’interpellent, m’apaisent et m’interrogent. J’y vois un univers à découvrir, comme dans le temps où je feuilletais les beaux livres !
    La photographie animalière demande du temps pour la faire selon mes critères, c'est à dire, se rendre sur des lieux propices au lever du jour. Jusqu’à maintenant, le temps était bien difficile à trouver. Avec ma nouvelle situation de retraité, ce sera peut être plus accessible.
    Les deux types de photos qui me parlent moins, sont la macro et le portrait.
    J’ai beaucoup de respect pour les adeptes de la macrophotographie! Précision et patience. Une zone de mise au point minuscule qui ne supporte pas le déplacement du sujet. De mon côté, prendre des dizaines de photos du même sujet me tente moins, les empilages, etc… Je m'essaie à faire quelques proxy photo avec mon matériel de tous les jours, mais pour la macro, il faut des objectifs dédiés. Le désir n'est pas là.
    Les portraits, eux, sont fascinants. On voit la vie quand on regarde le portrait de quelqu’un. Mais je me sens inconfortable à faire du portrait. Je n’aime pas les éclairages artificiels et les studios. Le photographe et le modèle doivent être détendus pendant les séances, et je ne le suis jamais !  Photographier quelqu’un me stresse. Je sens la responsabilité de rendre le modèle heureux et relaxe. Je n’aime pas jouer à faire semblant que je suis en contrôle, si ce n’est pas le cas. J’adore les gens, mais pas de les prendre en photo !  
     
    Doit-on en déduire que la photo de rue ne t'attire pas ? 
     
    Si tu parles de la photo de rue où l’humain est le sujet principal et qu’il est reconnaissable, effectivement j’en fais très peu. J’ai le respect de la vie privée à tort ou à raison. Très rarement, je vais demander à quelqu’un s’il est d’accord à se faire photographier. Si c’est pour mon propre compte, je vais plutôt m’abstenir de prendre la photo. Cela m’est arrivé de demander l'autorisation que pendant mes assignations en tant que photographe accrédité pour ma ville. La photo pourrait être alors diffusée dans les publications municipales et c’est une obligation de faire signer une décharge de droit à l’image par la personne qui est sur la photo ou par ses parents si c’est un mineur.
    Par contre, il m’arrive assez souvent de faire de la photo de rue où un personnage renforce le message de la photo, ou donne un sens à la photo. J’en ai posté quelques une ici : celle d’une murale avec un joggeur passant devant ou dernièrement, celle de l’halloween avec les personnages flous qui font office de fantômes. Chaque fois, la personne n’est pas reconnaissable.
     
    Puisqu'on parle de photo de rue, comment est-ce appréhendé dans ton pays ? Est ce que les personnes sont plus conciliantes qu'en France quand on souhaite les prendre en photo ? 
     
    Tu comprendras que je ne peux pas comparer avec la situation en France, parce que je ne la connais pas, mais de mon humble point de vue et selon ce que je perçois, je dirais que c’est plus souple ici que chez vous.
    Les gens me semblent moins concerné par le droit à l’image ici bien qu’on en entende parler de plus en plus. L’explosion de la photographie cellulaire a démocratisé la photo. Jadis on devait faire le choix de s’acheter un appareil photo, aujourd’hui tout le monde en a un sur son cell. La popularité des réseaux sociaux fait jaillir des photos de partout ! Par le fait même, et avec tous les scandales de données personnelles recueillies sans autorisation, les gens deviennent plus concernés par leur droit à l’image. 
    Une anecdote qui m’est arrivé voilà 2 ans, je photographiais un évènement culturel dans un parc de Montréal. Je prenais des photos des artistes mais aussi du parc en général. Un individu s’est approché de moi et m’a dit qu’il ne voulait pas être photographié. J’ai été franchement surpris ! C’était la première fois ( et la seule fois ) que quelqu’un m’interpellait sur ça. D’autant plus que je ne l’avais pas cadré, ou si oui, bien involontairement d’une façon générale. Malheureusement pour lui, j’avais le droit de prendre toutes les photos que je voulais… et même de lui, sans son consentement !
    Effectivement, une cause judiciaire a eu lieu sur ce sujet en 1988, et elle s’est rendu jusqu’en cours suprême du Canada ( le plus haut tribunal canadien ). La cause Duclos-Aubry a donné des balises sur les droits aux gens qui sont photographiés, et aussi aux droits des photographes.
    Tu me permettras ( ou pas ! ) de joindre un extrait d’un article de Wikipedia   sur cette cause:
    Aubry c. Éditions Vice-Versa inc. est une décision de la Cour suprême du Canada dans laquelle celle-ci accorde des dommages et intérêts à Aubry en raison de la publication d'une photographie d'elle-même dans une revue sans que celle-ci ne l'ait autorisé.
    En 1988, Gilbert Duclos prend une photographie de Pascale Claude Aubry, sans lui demander l'autorisation, alors que celle-ci est assise sur un escalier extérieur sur la rue Sainte-Catherine à Montréal. Aubry découvre au mois de juin de la même année qu'une photographie d'elle-même est publié dans le magazine Vice Versa. Duclos avait cédé gratuitement les droits de l'image au magazine. Le magazine a été publié à 722 exemplaires.
    Aubry décide donc de poursuivre en responsabilité civile Duclos et Les Éditions Vice-Versa inc. pour avoir une compensation pour le préjudice qu'elle a subi. Âgée alors de 17 ans, elle dit avoir été l'objet de raillerie de la part de ses amis à la suite de la publication de la photographie.
    La Cour suprême donne raison à Aubry et accepte la décision de la Cour supérieure qui ordonnait à Les Éditions Vice-Versa inc. de verser 2 000 $ à Aubry. La Cour accepte donc le principe que le photographe doit obtenir l'accord de la personne photographiée s'il veut publier sa photo.
    La Cour apporte évidemment des tempéraments à ce principe. Une personne dont la photo serait prise lors d'un évènement d'intérêt public, c’est-à-dire une personne se retrouvant momentanément sous les feux de la rampe, ne pourrait revendiquer son droit à l'image. De la même façon, une personne jusqu'alors inconnue se retrouvant impliquée dans une affaire du domaine public ( un procès important, un évènement économique majeur, etc...) ne saurait se prévaloir de son droit à l'image. Enfin, toute personne figurant de façon accessoire sur une photo ( pensons à une photo d'un monument ou d'un paysage ) la Cour dit que la personne fera partie du décor et ne verra pas son droit violé.
    Paradoxalement, la photo publiée qui a porté préjudice à la personne est aujourd'hui du domaine public parce qu'elle a été donnée comme preuve à la Cour suprême du Canada[réf. nécessaire].
    Fin de la citation.
    Suite à ce jugement, il y a eu beaucoup de discussions sur ce droit à l’image à savoir ce qui est permis ou pas.
    Ainsi, je peux prendre toutes les photos, de qui je veux, sans leur permission  si je ne les publie pas. Je peux publier une photo d’une personne sans son consentement, si ( entre autres ) elle n’est pas le sujet principal de la photo, s’il y a plusieurs personnes sur la photo, etc…
     
    Pourquoi t'être inscrit sur le forum photo ? 
     
    Principalement, pour 2 raisons:
    De 1, pour avoir un point de vue différent sur mes photos. La culture et les valeurs européennes en rapport avec la nature et la vie en société sont différentes de la culture nord-américaine, et ça teintent vos commentaires. Par conséquent, j'ai un éventail plus large d'opinions. Le forum est convivial, bien tenu, il a plusieurs rubriques intéressantes. Il y a de bons photographes et des commentaires plus substantiel que Wow ! Oui! Bravo ! Poubelle ! Nul !  J'ai beau pratiquer la photo depuis plusieurs années, je cherche à m'améliorer. J'ai besoin d'un commentaire un peu étoffé. C'est pourquoi, j'essai moi aussi de donner des commentaires assez descriptifs. J'aime échanger avec les autres photographes. 
    De 2, pour avoir le plaisir de découvrir vos horizons, vos villes et villages, vos paysages côtier et alpin, vos architectures... bref, je voyage !  
    Je sillonne les forums photos au Québec et en France depuis qu'il faut moins de 5 minutes pour télécharger une photo ! 
    Je te rassure, je ne suis sur aucun autre forum photo de France que Forumdephotos.com !  
    Tous les autres forums photos français auxquels j'ai participé ont fermé ! J'espère que je ne porte pas malheur !  
     
    Ne t'inquiète pas, on a le top aux commandes.  Quels sont tes critères lorsque tu critiques une photographie ? 
     
    La composition, l’originalité, le sujet, la qualité de l’image… pas mal dans cet ordre. Je dois avoir un « ressenti  positif » sinon, l’image m’intrigue et je cherche à savoir pourquoi sans la rejeter.
    Pour la composition, il y a ceux qui ne jurent que par la règle des tiers, la spirale du nombre d’or, etc…. Et d’autres qui n’y croient pas pour un sou.  Dans ma démarche, je me suis aperçu, que beaucoup d’images qui me plaisaient respectaient la règle des tiers ou encore qu’elles avaient plus de sens grâce à elle. Mais ce n’est pas une règle absolue. Parfois, briser les règles fonctionne très bien !
    L’originalité, l’innovation, la création ont une très grosse place dans mon évaluation. Voir une photo de la tour Eiffel qui m’étonne, je trouve ça, extraordinaire ! Si le sujet est original, c’est un plus !
    Je place la qualité de l’image en dernier, mais il ne faut pas croire que ce n’est pas important pour moi. Personnellement, je trouve très difficile de présenter mes photos dans un forum sans qu’elles ne soient pas dégradées. Je sais qu’il est possible d’avoir des photos avec un rendu impeccable dans le respect des règles du forum, mais je ne sais pas comment !  Alors je n’en tiens pas rigueur aux autres participants, à moins que ça soit évident. 
    Une belle image, qu'elle soit passée en post traitement ou pas, ne fais pas de différence pour moi, une belle image est une belle image.
    Je n'oublie pas que mon avis, n'est qu'un avis, ni plus, ni moins.  Mais, l’élément le plus important de ma critique c’est d’être respectueux dans mon commentaire. De mon point de vue,  il y a du positif dans presque toutes les images. Si elle ne me plait pas , je n’oublie pas que la personne qui l’a proposée y a trouvé un intérêt, c'est peut être juste moi qui ne le voit pas. Ça me rappelle une leçon de ma mère quand j’étais jeune. Elle m’a déjà dit : quand tu n’aimes pas quelque chose, ne dis pas que c’est mauvais, dis que tu n’aimes pas ça. Il y a une grande différence entre les deux.
     
    Est-ce que tu penses que chaque photographe, qu'il soit amateur ou professionnel, est en recherche de reconnaissance ? 
     
    La reconnaissance peut être vue à plusieurs niveaux. Ne pas confondre reconnaissance et évaluation. Reconnaître qu’une photo est formidable, c’est une chose. Reconnaître la qualité du travail à travers le temps, et avoir un style propre c’est différent. Pour le pro, que son travail soit reconnu par ses pairs, c’est une grande motivation et j’imagine, une grande satisfaction.
    Le monde des arts fait appel aux sentiments. Qui dit sentiment, dit sensibilité. Ceux qui touchent aux arts sont sensibles. On n'est pas tous artistes, mais on est tous sensibles ! Un compliment mérité sur une photo, ça fait du bien !
    Je suis porté à dire que la majorité des amateurs cherche surtout à être encouragé. Je sais très bien qu’il y a des gens qui font de la photo sans jamais montrer leur travail à personne soit par timidité, ou parce qu’ils ne savent pas à qui le montrer, ou par peur de la critique. Il y a aussi des gens qui ne sont pas intéressés à partager tout simplement.
    La photographie est un monde que je comparerais à la musique. Cela a l’air simple au départ: le sujet d’une mélodie d’un côté, le sujet d’une photo de l’autre, la gamme a sept notes, la photo a le triangle d’exposition. On peut croire que tout a déjà été musicalement composé ou photographié, que ce n’est que du réchauffé, mais il se trouve toujours un smatt ( une personne brillante ) qui va sortir un truc incroyable !
    Alors on se dit, que moi aussi je vais essayer ! Premier constat : ce n’est pas simple !  
    Donc, on gosse ( travailler sur un projet en ayant plus ou moins les compétences pour le faire ) sur son boitier et sur ses photos dans le sous-sol de sa maison. On essaie d’imiter un résultat, puis de se distinguer. Mais comment savoir si on est sur la bonne route… ou simplement sur la route ? Il y a tant d'avenues ! Il faut alors partager avec des gens qui ont le même intérêt. Avoir un commentaire avisé, c’est un départ ! Recevoir une évaluation sur une photo... il faut en prendre et en laisser. C’est seulement un petit échantillon du travail qu’on fait.
    La reconnaissance a un sens plus large, c’est une récompense à beaucoup plus d’efforts. Dans ce sens, je ne suis pas certain que cela concerne tout le monde.
     
     Comment traversez-vous la période actuelle au Québec ? 
     
    On sort de la photographie ici, mais je comprends que c’est une situation unique qui nous concerne tous, peu importe où nous demeurons. Je suis content de partager ça avec vous.
    Ceux parmi vous qui écumez les nouvelles du monde au sujet de la pandémie auront peut-être appris que le Québec est la province au Canada qui a le pire bilan tant au nombre de cas que de décès soit 130,000 cas, 6800 décès en cette fin de novembre pour une population d’environ 8 millions d’habitants. Plusieurs raisons ont été donné par le gouvernement québécois pour expliquer ces résultats. Il y aura toujours des mécontents, mais la grande majorité des Québécois ont toujours confiance dans ses élus. On a tous compris dès le départ que personne ne voulait être à la place des décideurs. Pendant les premiers mois de la pandémie, tous les partis politiques de l’opposition ont fait équipe avec le parti au pouvoir pour gérer la situation. Je pense que cela a sécurisé la population. On s’est tous vu dans le même bateau. Il y avait une belle unité devant l’adversité. Personnellement, je n’avais jamais vécu cela auparavant. Avec le temps, il y a eu évidemment des récriminations de différents groupes, dont certains travailleurs et les contestations sont maintenant plus présentes. Aujourd’hui, tous les partis politiques font leur boulot de représentation.
    Le Québec, le Canada et les États Unis ont la plus longue frontière commune de tous les pays du monde. Quand on voit ce qui se passe à quelques km au sud de chez nous, avec l’attitude totalement irresponsable de Donald Trump, on se trouve chanceux d’avoir repoussé les Américains en 1776! On est triste et préoccupé par leur situation. Quand les Américains toussent, les Canadiens attrapent la grippe ! Ce sont nos amis et alliés depuis longtemps.
    Ici, une photo d’une œuvre artistique en cours, représentant le nombre de décès aux États Unis. L'artiste Suzanne Brennan Firstenberg réalise une œuvre sur un terrain de 3.5 acres à l'extérieur du John F Kennedy Mémorial Stadium à Washington D.C. Chaque drapeau représente un décès causé par la Covid aux Etats Unis. Elle ajoute des drapeaux encore et encore. Le nombre de décès est mis à jour sur un tableau. Il y a 248,000 drapeaux.
    L'artiste a commencé à mettre des drapeaux sur un terrain adjacent de l'autre côté de la rue, il manquait de place. L'oeuvre s'intitule. “In America, How could this happen...,”
    Sinon, ici, on apprend à vivre avec la pandémie, comme vous aussi, j’imagine. L’économie souffre beaucoup. Au Québec, près de 2 travailleurs sur 3 font partie de la petite et moyenne entreprise ( moins de 50 employés ). Beaucoup d’entrepreneurs sont au bord du gouffre. Les gouvernements en sont conscients. Des programmes d’aide fusent de toutes parts, mais cela n’est pas suffisant pour écarter la détresse psychologique.
    La pandémie apporte de nouveaux défis à tous les jours. Le prochain de taille sera la période de Noël et du jour de l’an. On nous a annoncés que les réunions de familles seraient permise par groupes de 10 sur 4 jours, du 24 au 28 décembre. Aucun rassemblement cependant pour le jour de l’an, en prévision d’un retour au travail après une période sans contact.
    La venue bientôt d’un vaccin donne espoir. On a la chance au Québec d’avoir une bonne industrie pharmaceutique. Le gouvernement canadien a négocié avec plusieurs compagnies du Québec et mondiale, des vaccins en quantité suffisante. On attend un début de vaccination ( non obligatoire ) pour le printemps, peut être avant.
    La photo s’inscrit bien dans une période de confinement, je trouve. On a des paysages urbains qui sortent de l’ordinaire. Des gens masqués partout, qui étaient des sujets improbables il n’y a pas si longtemps. Cette période laissera des traces photographiques comme aucune autre avant elle.
     
    Y a t-il un sujet en particulier que tu souhaites aborder, qu'il soir en rapport ou non avec la photo ? 
     
    C’est la question la plus difficile !!  ( parce que je dois la trouve r! ) 
    J’aimerais glisser un mot sur l’avenir de la photo et la place qu’occupe le  post traitement.
    Comme je l’ai dit plus tôt, tout le monde aujourd’hui grâce à la téléphonie cellulaire, ont un appareil photo sous la main. Bien que pour beaucoup de ces personnes, la fonction photo soit là surtout pour étayer les auto-reportages sur sa propre vie, la qualité des photos tirées des téléphones portables s’améliore d’une génération à l’autre. En plus, avec la venue de la vidéo de qualité bon marché, on pourrait être étonné par la popularité de la photo à travers un boitier classique. Mais la  photographie c’est tellement plus que du « point and shoot » d’un téléphone.
    Personnellement, j’éprouve beaucoup de plaisir à mijoter une idée, à sortir mon boitier, à faire tous les réglages nécessaires, à composer et à déclencher. Mais j’en éprouve tout autant à m’installer devant mon écran pour faire du post traitement! Je sais que ce n’est pas pareil pour tout le monde, mais ce qui est merveilleux en photographie, c’est que c’est un domaine tellement vaste, que tous et chacun peuvent occuper toute la place qu’ils veulent ! 
    Une photo peut être la plus fidèle représentation de la réalité, en lumière , en couleurs du jour et en composition. Elle sera un témoin de cette journée, de son époque, de notre époque! Et je trouve ça important qu’il reste des photos représentatives de notre époque, comme de celles qui nous ont précédés. Des gens un peu comme nous, pourrons alors dans 30, 50 ou 100 ans ( souhaitons-le ! ) regarder ces photos en disant « Tabarnac mon chum, as-tu vu comment s’ta beau dan’l temps !  »  Par contre, c’est plus difficile aujourd’hui de les obtenir. Je crois que nous avons une responsabilité à ce niveau. Pensez seulement à un paysage champêtre avec une route bordé d’un panneau routier et deux poteaux de fils électriques au loin. Les chances sont grandes qu’on élimine les poteaux, les fils et l’enseigne routière. Pourtant chacun de ces éléments est représentatif du paysage actuel. Ils ne polluent pas nécessairement la photo. Si on les enlève,  la photo perdra de son authenticité. Est-ce que les seules photos réalistes qui resteront seront celles prises par un smartphone ?
    Et d’un tout autre ordre d’idées, une photo peut être aussi une expression de cette réalité, et c’est tout aussi bon. Une même photographie peut avoir plusieurs interprétations, plusieurs vies, comme la chanson « Hallelujah » de Léonard Cohen, reprise par une douzaine d’artistes ! On laisse libre cours à l’imaginaire, à la créativité, tant à la prise de vue qu’au post traitement, c’est là tout le génie de la photographie !
    Évidemment, on n'est pas obligé de tout aimer !  Ce ne sont pas toutes les versions d'Hallelujah  qui sont géniales ! 
    Parlant de ne pas tout aimer, j’ai beau essayer d’être avant-gardiste, ché pas pour toé’ , mais j’ai de la misère à accepter le remplacement de ciel sur un paysage. 
     
    Nous arrivons à la fin de cette entrevue Bib, veux-tu ajouter quelques chose ? Transmettre un message aux autres membres du forum photo et aux visiteurs ? 
     
    Tout d’abord grand merci « Niki » de m’avoir laissé m’exprimer à ma façon ! Je ne suis toujours pas convaincu que mes propos méritaient cette attention. Comme le dit la chanson de Robert Charlebois « …je suis un gars ben ordinaire… » .
    Pour les membres actifs sur le forum, je tiens à dire que c’est faux de croire que l’on cristallise une idée en 140 caractères ! On peut mal se faire comprendre, même avec les meilleures intentions. Alors si vous avez un doute sur une de mes interventions, demandez une précision, ça me fera plaisir d’élaborer un peu plus. Je dis merci à chacun de vous pour votre énergie, votre plaisir, vos bons mots comme pour les moins bons, votre temps, vos connaissances, votre amour pour la photo et surtout, merci de poster régulièrement vos images. C’est grâce à tout ça ( et un peu grâce à Krystron, Nikita et les modérateurs ( quand même  )) si le forum est en vie, si je peux faire voyager mes photos, et recevoir des critiques sur mon travail. Vous y apportez tous, votre couleur, et j’aime les couleurs saturées, sachez-le !  Vous êtes une belle gang !
    À ceux qui sont de passage, je dirais que ce n’est pas par hasard si vous vous retrouvez à lire ce texte. La photo et le forum vous concernent peut-être plus que vous le pensez. Un forum de discussions est un bon endroit pour partager, apprendre et s’améliorer peu importe le niveau. On peut y trouver la motivation et l’inspiration.  Vous avez enfin trouvé un espace où discuter photographie avec des gens qui ont le même intérêt que vous !
    Finalement, un dernier mot…  avant mon prochain commentaire sur une de vos photos.   
    Je m’en voudrais de ne pas profiter de l’occasion pour rappeler que cette année, la période des fêtes sera bien différente de ce que l’on vit d’habitude. Pensez à vous et à ceux que vous aimez. La lumière au bout du tunnel, je la vois, elle est là ! Je nous souhaite une année 2021 pleine de réjouissances et de feux d’artifice !!!
    Merci encore Bib d'avoir bien voulu répondre à mes questions, de ta convivialité et de ta participation à la vie du forum photo. Et je te souhaite également le meilleur pour l'avenir.
    ............
    Le Yashica de mon paternel et mon Minolta X-700. J’ai retrouvé le Yashica voilà 2 mois. Il a encore une bobine de Kodachrome  vieille de 50 ans dedans !

     
    Une de mes premières photos de paysage, Îles de la Madeleine  avril 1983. 

     
    J’ai eu le plaisir de retourner aux Îles de la Madeleine en août 2017.
    La même photo pour le fun.


  • F2P
    Pour ce mois de novembre 2020, je vous propose d'en apprendre un peu plus sur l'un de nos membres : YannickBac. 
    Photographe hétéroclite, il nous présente une grande variété d'image depuis son inscription sur le forum photo et participe très activement dans toutes les différentes rubriques. 
    Un grand merci à lui donc pour son implication et pour sa très grande convivialité. 
    ...............
     
    Bonjour YannickBac. Je te remercie d'avoir accepté cette interview. Peux-tu te présenter à nous et nous expliquer ton pseudo ?
    Bonjour et merci de l'attention que vous voulez bien m'accorder.
    Comment me présenter ici ? Retraité depuis quelques années, je mets à profit le temps qui m'est donné pour faire pas mal de choses que je n'ai pas eu réellement le temps de faire alors que je travaillais. Je ne dis pas " alors que j'étais actif " car en fait être retraité peut très vite devenir un métier à temps plein. La photo est un élément important de mon programme, je m'y suis intéressé depuis pas mal de temps sans pouvoir cependant approfondir le sujet. Quand au " pseudo " il s'est fait un peu tout seul au fil de mes inscriptions sur divers sites du net où le prénom seul était déjà utilisé ( mais pourquoi tous ces gens portent ils mon prénom ? ) en ajoutant les premières lettres de nom nom et comme j'étais de retour dans le monde des actifs ça faisait un peu " Yannick is  back ".
     
    Depuis quand fais-tu de la photo ? Comment t'es venue cette passion ?
    Né dans les années 50, j'ai toujours vu mon père faire les photos de famille avec un Semflex 6x6 , ça me fascinait de regarder par dessus cette boite et de voir dans la petite vitre l'image se dessiner à l'envers. J'ai bien sur dû en passer par des boitiers de bakélite où on mettait des bobines qui donnaient généreusement 12  photos de format 6x9.
    À l'adolescence, j'ai trouvé dans une brocante un Roleiflex 6x6 ... ça a été le début de la passion. Plus tard, j'étais alors étudiant, je travaillais dans des restaurants le week end et j'ai pu me payer mon premier Reflex, un Asahi Pentax Spotmatic F. j'ai eu en même temps l'occasion de fréquenter le labo photo de mon école et appris à faire mes tirages. J'ai adoré cet appareil mais il a dû plaire aussi : un ignoble individu qui me l'a volé. J'ai ensuite eu un ou deux autres boitiers avant de m'essayer au numérique qui ne m'inspirait pas trop à ses débuts. Je suis revenu sur cette impression en découvrant les infinies possibilités offertes par cette technologie. L'envie était là, pas le temps,  j'ai dû attendre la retraite pour m'y donner avec un peu plus de " sérieux " ( mais pas trop quand même ) !
     
    Qu'est ce qui t'inspire ? Tu as des domaines favoris ?
    C'est une question qui ne peut recevoir de réponse précise.
    Je dirais tout et rien de restrictif. Un paysage, un visage, une scène de rue , un monument, un détail , une ambiance, je me sens intéressé par tant de domaines que je ne veux pas me limiter à un seul. En photo c'est peut être un tort et je suis admiratif de ces photographes capables de prendre des images d'animaux superbes, des photos d'insectes parfaites, des portraits impeccablement travaillés  ou toute autre " spécialisation ". Chaque discipline appelle un travail particulier . Je suis admiratif de ces gens qui possèdent la technique photographique sur le bout des ongles et savent l'utiliser à bon escient. J'essaie de m'en inspirer et je sais que j'ai des marges de progression considérables mais je ne veux pas choisir. Peut-être que ce que j'ai déjà exposé de mes photos ici le montre, c'est un peu un bric-à-brac mais parfois, j'en suis content alors je partage. Alors pour répondre à la seconde partie de cette question, je dirais qu'une photo doit à mon sens, susciter une émotion, quelle qu'elle soit. Une photo d'enfant ou celle d'un mur de brique est capable de ça. C'est mon domaine d'exploration.
     
    Dis-nous en plus sur ton domaine d'exploration justement. Tu pars à l'aventure avec ton appareil photo ou tu prépares tout à l'avance ?
    C’est drôle que tu me poses cette question parce que c’est un peu en effet l'aventure qui gouverne. Depuis que j’ai quitté le monde du travail, avec mon épouse, nous avons décidé de mieux connaître la France en prenant le temps, alors j’ai aménagé une camionnette et du printemps à l’automne nous partons et vadrouille avec en général une destination précise mais sur le trajet c’est selon les envies et opportunités.
    Ainsi ce sont souvent les petites routes qui nous voient passer pour peu qu’un panneau indique une petite chapelle du XII ou une grotte troglodyte. Quand le départ est décidé, c’est bien sur mon sac photo le premier chargé. J’emporte tout de crainte de ne pas avoir le bon objectif au bon moment. Je me suis donc considérablement musclé les épaules à promener ce sac dès que nous mettons « pied à terre » Ensuite j’ai pris l’habitude de regarder, d’être attentif à l’environnement et la petite chapelle du XII peut devenir très secondaire si un chien dans la rue a une attitude inhabituelle ou si un coin de maison présente quelques jolies pierres. Il me suffit donc que ce soit beau, drôle, attendrissant, tragique, pathétique, insolite pour que j’éprouve le besoin de déclencher la photo.
    Pour faire part aux autres de mes ressentis il n’y a pas cinquante moyens. Le texte marche bien aussi et je m’y exerce depuis quelques années. J’écris des nouvelles et participe parfois à des concours ( certaines de mes histoires ont eu un prix ). J’ai publié en ligne un recueil pour que des gens puissent lire mes textes. Autre moyen de faire passer l’émotion : le théâtre, et là aussi j’ai la chance de connaître une troupe de pros qui de temps en temps me fait participer à un spectacle. Mais pour en revenir au sujet principal et être bref, que je sorte dans mon jardin ou que je parte à l’autre bout de la terre, mon appareil est toujours à portée de main.
    Ah ! un petit bémol quand même, si je dois faire un portrait, alors là, oui je prépare tout à l’avance.
     
    Le confinement n'a pas été trop dur pour quelqu'un comme toi qui aime bouger ?
    Très franchement non ! J’aime bouger certes mais j’aime aussi être chez moi et je ne suis jamais sans occupation. J’ai la chance d’habiter une maison avec jardin dans une petite ville à proximité de campagne et de forêts. Les citadins ont sans aucun doute du supporter plus de contraintes que moi. Une Maison c’est synonyme de travaux perpétuels, entretien, réparation, transformation et comme j’aime « faire moi-même », ça a pas mal meublé toute cette période de relative immobilité. L’appareil photo n’a pas eu le temps de rouiller pour autant, même dans un rayon de 1 km il y a des choses à voir et à découvrir. Un groupe de chevaux au pré, un arbre mort curieux, un chat sauvage ( ben oui même chez moi on trouve des chats ! ) j’ai aussi créé une animation journalière sur F Book à l’intention des membres d’un foyer rural local. Il s’agissait d’un « atelier d’écriture » à l’usage des jeunes et des moins jeunes avec un nouveau sujet tous les jours durant un mois et comme c’était un atelier, j’accompagnais les consignes d’une photo de mon atelier de bricolage différente chaque fois. De plus les appareils photo numériques actuels sont capables de faire de belles petites vidéos et ce que nous avons fait avec mon épouse, avec des scenarios un peu décalés, pour distraire nos amis durant ce confinement.
     
     C'est sympa ça.  Revenons à la photo. Y a-t-il des photographes qui t'inspirent ? Dont tu apprécies particulièrement le travail ?
    Des photographes dont j’apprécie le travail ? Certainement oui. Comment rester insensible à ces clichés ramenés par certains grands photographes reporters qui parcourent le globe pour témoigner de la vie de gens dans des univers chaotiques ou curieux qui nous sont inconnus ou encore des photographes animaliers qui déploient des ruses de Sioux et affrontent des conditions extrêmes pour parfois une seule photo, mais une photo exceptionnelle ? Ces grands professionnels ont le talent de tirer tout leur potentiel d’images fabuleuses et nous les font partager. Alors il y a les super stars et les photographes célèbres par-delà les temps.
     Il se trouve qu’à 3 km de chez moi, il y a un village nommé Buthiers. Dans ce village se trouve la « maison de campagne » qu’avait acheté un certain Robert Doisneau et de nos jours c’est sa petite fille qui y vit. Je la connais bien C’est une femme charmante et elle organise de temps en temps une exposition des œuvres de son grand père dans la salle municipale du village. Je connaissais les photos souvent montrées de cet homme mais sa collection est d’une richesse dingue. Les scènes de vies dans Paris sont bien sur superbes, même si certaines étaient un peu mises en scène, mais il s’est promené un peu partout en France et chaque photo éveille une émotion.
    Il y a bien sur Henry Cartier Bresson et son Leica, Yann Arthus Bertrand et ses photos aériennes et bien d’autres artistes dont le nom ne me revient pas mais qui sont tout aussi talentueux.
    On s’inspire toujours de quelqu’un. Quand on est amateur on aimerait faire « comme », avec plus ou moins de bonheur et de réussite. Ces photographes qui m’inspirent peuvent aussi être de parfaits anonymes et parmi les amateurs on en croise parfois de très talentueux. Sur Forumdephotos, on voit pas mal de belles photos, de temps en temps on en voit de superbes. C’est une bonne source d’inspiration.
     
    Donc sur le forum, les photos qui y sont postées t'inspirent aussi ?  
    Comme je le disais dans ma réponse précédente, « Sur Forumdephotos, on voit pas mal de belles réalisations, de temps en temps on en voit de superbes. C’est une bonne source d’inspiration.  C’est également un bon forum d’apprentissage et de partage. Il est intéressant ( amusant ) de voir comme chacun est attiré, voir spécialisé, par tel ou tel univers. Certains doivent vivre allongés dans l’herbe à l’affut du moindre insecte ou se balader le nez en l’air en quête de papillon, d’autres arpentent inlassablement les montagnes les plus escarpées à la recherche de leur ermitage, j’en connais même une qui serait, dit-on, envoutée par les chats, et ces passions sont rendues terriblement communicatives par la qualité des images proposées pour quelqu’un comme moi ayant envie de toucher a tout.

    Pourquoi t'être inscrit sur le forum photo ? Qu'est ce que cela t'apporte ? 
     Pourquoi être venu sur ce forum et pas un autre ? Il y avait cette prise de conscience qu’il me fallait progresser, je faisais de temps en temps une photo pas trop mal mais ça tenait parfois du hasard, de la chance. Il faut de l’inspiration, un regard mais aussi de la technique. J’avais un peu de chaque,  pas assez. J’ai cherché, voici à peu prés un an, ce que proposait le net. Je suis d’abord allé m’inscrire sur un forum « échelle mondiale » dont la formule à priori était séduisante, mais c’était essentiellement basé sur les « concours » et je me suis rendu compte que c’était plus axé sur la stratégie de jeu que sur la qualité des clichés ( quand entrer dans le concours, comment booster la visibilité… ) aucun retour sur les photos proposées.  Je me suis donc mis en quête d’autre chose et j’ai tapé sur le moteur de recherche « forum photo ». Devine sur quoi je suis tombé ? La formule semblait attractive, l’inscription facile, j’’ai tenté. C’était le 15 aout dernier. J’y ai trouvé exactement ce que je cherchais : Des passionnés qui montrent leur travail, acceptent les critiques ( au bon sens du mot ) et donnent leur avis, leurs conseils mais aussi leurs commentaires valorisants sur les photos des autres. De petits jeux hebdomadaires et mensuels pour assaisonner l’ambiance, des échanges toujours courtois, quelques pointes d’humour … Je ne vais pas m’appesantir là-dessus ça pourrait faire gonfler les chevilles des organisateurs, mais avec mes deux mois d’ancienneté je me sens déjà un peu chez moi et j’ai bénéficié de pas mal de bons conseils. What else ?
     
    Quelle serait pour toi " la photo "? Celle que tu rêverais de faire. 
    Pas facile de faire un choix ! Quand on n'a pas la passion " sélective " les candidates sont légion ! Pourtant c'est quand même l'émotion provoquée qui prédomine pour moi et s'il fallait designer une photo que j'aurais rêvé de faire pour tous les messages, les sentiments, le trouble, la misère, l'espoir et le désespoir, la beauté qu'elle inspire je dirais " L'afghane aux yeux verts " de Steve Mac Curry . Une jeune femme, un voile et ce regard terriblement beau ! Oui si il faut en garder une seule c'est celle là.
     
    Si je te dis jaune, tu penses à quoi ?
    Lol ! Ca devient étrange ! Attend je m'allonge sur le canapé ( rouge ) ! Je dis jaune d'œuf mais aussi briseur de grève, je dis soleil et petit poussin, je dis paille et je dis sable et pourquoi pas, tant qu'on y est, je dis or et je dis soufre et au final je me dis qu'il faudrait sans doute régler la balance des blancs . Te voilà bien avancée !
     
    Est-ce à dire que tu ne franchis jamais la ligne jaune ? 
    Je n'ai pas dis ligne parce que parler de " ligne jaune " c'est se mettre une étiquette d'ancien, voir de vieux, sur le front. Ca fait belle lurette qu'elles ne sont plus jaunes ( comment ? Belle lurette ne se dit plus ? ) De là à dire que jamais je ne la franchis jamais, il n'y a qu'un pas que je ne ferai pas puisque personne ne peut prétendre ne pas l'avoir fait. Quelle délicieuse sensation, n'est ce pas, quand on grignote les limites et qu'on va juste  au delà de ce qui est autorisé. Il m'arrive peut être, mais personne ne pourrait le prouver, de déborder un peu du coloriage, si peu qu'on peut penser que je ne le fais pas exprès, principalement dans des écrits et uniquement pour observer, quand ça se présente,  la réaction de l'auditeur pendant la lecture.
    En photo y a t'il des lignes jaunes à ne pas franchir ? Je ne le crois pas.  C'est comme pour l'humour  " on peut rire de tout, mais pas avec n'importe qui. " (Cf. Desproges)
     
    Qu'est que ce que cela t'apporte de faire de la photographie ? Est-ce une façon de t'exprimer autrement que par des mots ?
    Au stade où j’en suis, la photographie est avant tout un plaisir, sans doute une passion mais juste celle de capter de belles images qui parfois veulent dire quelque chose, traduisent une atmosphère que je peux souligner par mon travail. Je ne crois pas qu’il y ait de plus parfaite façon de s’exprimer que par les mots. La photographie c’est un témoignage, la captation d’une situation, d’une scène, d’une image qu’elle soit réelle ou modifiée. C’est la vision d’un moment donné que l’on peut ensuite partager avec d’autres. On est le témoin, le rapporteur de ce que dit la photo. Le photographe est une sorte de passeur, de messager, mais ce n’est pas réellement lui qui écrit le scenario ( ou rarement ). Heureusement on a le droit de faire les deux, de la photo et écrire.
     
     Je ne peux qu'être d'accord avec toi. Nous arrivons à la fin de cette interview YannickBac. Tu souhaites ajouter quelque chose ? Transmettre un message aux membres du forum photo et aux visiteurs qui te liront ? 
    D'abord je dois te remercier pour ces petits moments passés à répondre à tes questions, j'espère n'avoir pas été trop exhibitionniste et je me demande maintenant si mes confidences mériteront d'être lues.
    Que dire aux membres de ce forum qu'ils ne savent déjà ?
    C'est le bon endroit pour partager une passion que nous avons en commun dans une bonne ambiance et dans un esprit constructif. En peu de temps j'ai pu apprendre pas mal de choses sur l'art de la photographie et de son traitement et je sais que je vais pouvoir encore avancer grâce à vous tous. J'aime aussi découvrir au fil de vos présentations de photos et de vos commentaires  une part de ce que vous êtes dans la vie. L'équipe qui manage le forum est réellement impliquée dans son fonctionnement et dans le maintien d'une bonne éthique. Ce n'est pas si fréquent et il faut le souligner. Quand au visiteur de passage, s'il est lui aussi animé par la passion pour la photo et le désir d'avancer, il se pourrait bien qu'il décide à pousser un peu plus la porte pour venir jouer avec nous.
     
    Je te remercie encore d'avoir accepté de répondre à mes questions et pour ta participation active sur le forum.
    ................

     


  • F2P
    En ce mois d'octobre 2020, je vous propose d'en apprendre davantage sur un talentueux photographe humaniste, Skeudenner, l'un de nos membres. 
    Si il nous présente souvent des photographies de rue en noir et blanc, il est également adepte des prises de vue de monuments et de paysage ou même d'œuvres d'art.
    Un grand merci à lui d'avoir accepté cette interview et de sa participation active au forum photo. 
    ................................
    Bonjour Skeudenner. Tout d'abord, je tiens à te remercier d'avoir accepté cette interview qui sera, j'en suis sure, très intéressante. Peux-tu te présenter un peu à nous et nous expliquer l'origine de ton pseudo ? 
     
    Bonjour, Je m'appelle Yann, ce qui est très original pour un breton, je vous le concède. Je réside en Bretagne, dans le pays Vannetais bien qu'étant originaire de Cornouaille ; la Cornouaille bretonne et la Cornouaille britannique ont en commun, à l'origine, le même peuple celte des Cornovii. Mon pseudo " Skeudenner " vient de la langue bretonne, et signifie " faiseur d'images ", ce qui n'aura pas échappé à mes amis bretons du forum.
    Après une carrière longue et enrichissante de conseil auprès des entreprises, je profite pleinement de ma retraite pour m'adonner à mes passions, dont la photographie.
     
    Parlons-en de la photographie. Depuis quand en fais-tu ? Comment t'es venue cette passion ?
     
    Mon premier appareil photo fut un cadeau de mon parrain, il s'agissait d'un " Kodak Brownie Flash ", un cube noir en bakélite avec un viseur de poitrine, deux vitesses : instantané et pose, alimenté avec des films de format 6X6 de 12 poses, il comportait également un énorme flash à ampoules (capricieuses). J'appris alors les premiers rudiments de la photographie avec les yeux d'un enfant qui venait d'atteindre "l'âge de raison" ; hélas ! ma joie fut de courte durée, car le budget familial ne prévoyait pas le coût des pellicules et encore moins celui du développement des photos. Cet appareil était la version française du Brownie Hawkeye Flash, la version américaine avec flash du Brownie Hawkeye qui avait vu le jour la même année que moi ; une facétie du destin sans doute...
    J'ai renoué avec la photographie bien des années plus tard, lors de mon installation pour des raisons professionnelles dans une petite ville de province. Je décidais alors de m'inscrire dans le club local de photographie. Un des animateurs et son épouse, devinrent rapidement des amis de la famille. Il me transmit à la fois sa passion et ses connaissances en photographie, à tel point que cela devint quasiment une occupation à plein temps pendant nos loisirs. Les nombres guide, le choix des focales et des vitesses d'obturation, l'art du posemètre, la sensibilité des films et de leur bon usage, tout cela n'eut plus de secret pour nous très rapidement, grâce aux week-ends et aux soirées prolongées. Il en fut de même pour le "labo", sa lampe rouge, le choix des bains et des papiers, les lampes d'agrandisseurs qui grillent et les odeurs des bains, sans oublier le coup de gueule quand "un visiteur impromptu" ouvrait la porte malencontreusement ! Je compléterai ma formation, un peu plus tard , avec un vieux briscard dans la salle de tirage d'un grand quotidien qui publia plusieurs de mes reportages. Cela ne fit qu'augmenter une passion déjà brûlante.
     
    Tu es nostalgique de l'argentique ? 
     
    C'est une question complexe à laquelle il m'est impossible de répondre d'une manière tranchée, le rationnel s'opposant à l'affectif en ce qui me concerne. Ma période argentique me renvoie tout d'abord à l'enfance, à l'émerveillement devant ces images qui permettaient de conserver pour des années des moments furtifs, des visages de personnes aimées, et puis celui de les voir apparaître sur la feuille de papier plongée au fond du bac de révélateur. Ensuite est venue cette période de complicité avec mon ami JC, l'apprentissage des techniques, le mélange d'admiration et de fascination pour les photographes illustres qui nous faisaient rêver, ce qui nous donna rapidement le goût du reportage. Ce fut l'occasion d'un autre apprentissage, car le reportage à la période de l'argentique avait des exigences que le numérique gommera, mais en partie seulement grâce aux avancées technologiques . Alors, oui, toutes ces photos de grands reporters et d'humanistes, réalisées parfois dans des conditions très difficiles, m'ont donné l'envie de me confronter à la réalité du terrain, et d'apprendre de nouvelles techniques de prise de vues. Tout cela, à bien y regarder, relève du domaine de l'affectif, car le numérique m'aurait certainement permis de faire la même chose et avec plus de facilité, et ça c'est le domaine du rationnel. On peut, peut-être, nourrir quelque nostalgie quant au rendu des images argentiques au regard de celles produites par le numérique, mais les possibilités de traitement en numérique ont réduit considérablement la réalité de cette perception des choses. À ce propos, je suis toujours empli d'une grande perplexité, lorsque je vois des passionnés de l'argentique passer par le numérique pour exposer leurs images à la vue du public.
    D'un point de vue purement pratique, il ne peut y avoir de place pour la nostalgie, le numérique a contribué à simplifier considérablement la vie des photographes, pour peu que l'on se soit donné la peine de consacrer le temps nécessaire à en maîtriser sa spécificité. 
     
    Justement, l'arrivée du numérique... Qu'est ce que tu en penses ? Tu n'as pas l'impression que de nos jours, tout le monde se croit photographe ?
     
     Pour quelqu'un comme moi qui ai fait ses premières photos au "Brownie", ses  premières vraies expériences photographiques avec le Minolta SRT 101, lequel fut remplacé rapidement par un Nikon FE, j'ai abordé l'ère du numérique non sans une certaine appréhension.
    Cette nouvelle façon de faire de la photo, du fait des évolutions technologiques, a mis à la portée de tout le monde la possibilité de photographier tout, à n'importe quel moment, d'en voir immédiatement le résultat, et de l'envoyer dans l'instant à n'importe quel destinataire, fût-il à l'autre bout du monde. C'est une autre dimension dans la réalisation des images, on est passé du "temps de l'attente" au "temps court", et cela n'a pas été sans conséquence sur la pratique et les résultats obtenus.
    Le fait de pouvoir "mitrailler" sans retenue pour un coût devenu dérisoire, les pellicules ayant été remplacées par des cartes mémoires, chacune d'elles représentant des dizaines de films argentiques, ajouté aux traitements plus ou moins automatisés, et sophistiqués, des appareils photo, tout ceci a engendré une frénésie du déclencheur et un déferlement d'images de valeurs très inégales. C'est cette abondance d'images, couplée à la démocratisation d'internet et des médias sociaux, qui a banalisé la pratique photographique. Toute évolution technologique entraîne derrière elle des conséquences, plus ou moins prévisibles et souhaitables, elles ne furent pas les mêmes selon la position des uns et des autres dans le "petit monde de la photo", ce qui est certain, c'est que ce fut une véritable révolution pour tout le monde !
    La qualité intrinsèque des photos s'est sensiblement améliorée, et les possibilités du traitement numérique ont permis des modifications jusqu'alors impossibles, mais aussi parfois excessives. Les prises de vue argentiques nécessitaient beaucoup d'anticipation, et une grande application dans les choix des réglages et des cadrages. Le rapport à l'image s'est vu considérablement modifié offrant une plus grande souplesse, notamment la possibilité de voir immédiatement le résultat d'une prise de vue, et donc d'en faire plusieurs de la même scène, d'en modifier l'aspect, de s'affranchir des limites de sensibilité de la pellicule argentique, tout cela a suscité de nouvelles vocations de chasseurs d'images, mais il y a une contrepartie à l'accession au numérique, c'est la nécessité de se former à l'utilisation des nouveaux outils pour en tirer la quintessence, et ce n'est pas le plus facile ! Pour ma part, si je n'ai pas rencontré de vraies difficultés lors de l'utilisation des appareils photo numériques, par contre l'acquisition des connaissances nécessaires à celle des logiciels de traitements numériques m'a demandé des heures et des heures d'apprentissage, voire des journées, pour bien comprendre les procédures et les fonctionnalités ; les très nombreux tutoriels proposés en ligne m'ont été d'un grand secours dans ce domaine.
    Est-ce que tout le monde, aujourd'hui, se croit photographe ? C'est une excellente question, mais il n'est pas possible d'y répondre sans avoir précisé, au préalable, le sens que l'on entend donner à ce terme que je trouve très générique. Toute personne munie d'un appareil photo, et ce quelque soit ses compétences, est par nature photographe. La distinction va se faire par l'usage, la destination, et la qualité, au regard des principes de base, des images produites ; nous pourrions, à ce stade, distinguer les "amateurs" et les "professionnels, ce qui serait une manière simpliste de différencier les photographes. C'est à mon sens plus complexe, car c'est dans la conception même de l'usage que va s'opérer la diversité de la pratique photographique. Certains se contenteront de faire des photos souvenirs d'un moment particulier en famille, en voyage, entre amis... d'autres rechercheront à produire des images à valeur artistique, documentaire, de communication... Les buts à atteindre sont incomparables, et nécessitent une totale adéquation entre les moyens et les connaissances dans le second cas, alors que l'approximation pourra suffire dans le premier cas. Pour tenter malgré tout de répondre à ta question, je pense, du fait de l'extrême banalisation de la pratique de la photo et du concours des plateformes d'hébergements, que beaucoup de personnes s'imaginent en photographe accompli, cependant il me semble que, pour être vraiment un photographe, la passion, la curiosité, la sensibilité et le coup d’œil sont plus importants que le matériel dernier cri, c'est ce qui a fait la réputation des grands maîtres du 8e art !
     
    Parlons de toi, en tant que photographe. Qu'est ce qui t'intéresse ? Comment travailles-tu ? 
     
    Bien ancré dans mon identité bretonne, j'ai ressenti le besoin de découvrir d'autres cultures ce qui m'a amené à parcourir le monde. Les voyages vers des destinations choisies pour leurs cultures ancestrales, et même millénaires, comme l'Égypte, l'Asie, l'Amérique centrale ou l'Amérique latine, ont nourri ma curiosité, mon besoin d'aller à la rencontre des gens, de découvrir leur mode de vie. Se rendre compte par soi-même, sur le terrain, chez les gens, des différences et les partager, c'est à mon sens la véritable école de la vie.
     Ces endroits, ces moments précieux, car uniques, j'ai voulu les conserver en mémoire et les figer dans le temps, la photographie m'a permis de le faire. Ce que j'ai appris par la pratique du photojournalisme m'a considérablement aidé et m'a permis d'avoir une certaine aisance lors des prises de vue ; cet aspect des choses est très précieux, car il est très difficile de nouer le contact humain avec un inconnu si vous avez le nez dans les fonctionnalités de votre appareil.
    Si je devais qualifier le genre photographique qui a ma prédilection, je dirais "la photographie humaniste", essentiellement en noir et blanc, c'est celle qui aiguise la curiosité, qui met tous vos sens en éveil pour être attentif aux couleurs, aux costumes, aux odeurs, aux situations, elle impose l'improvisation, l'anticipation, et demande une part de chance. Ce style de photographie ne nécessite pas de partir à l'autre bout du monde, il peut se pratiquer à côté de chez soi, avec probablement plus de facilité puisqu'il n'y a pas la barrière de la langue, mais aussi, assez souvent, avec plus de réticence de la part des sujets que vous souhaitez photographier.
     En pratique, il est plutôt conseillé d'utiliser un matériel suffisamment léger pour ne pas être éreinté au bout d'une heure ou deux, aussi je me contente d'un boîtier reflex et d'un ou deux objectifs (en général un zoom et une focale fixe 35mm), pas de flash ni de pied, le premier ne me serait vraiment utile que dans des lieux où il est interdit, le second est trop encombrant, je le remplace par "la débrouille" ! Il y a un autre aspect non négligeable dans la pratique de ce style de photo, c'est la manière d'obtenir l'accord de la personne que l'on envisage de photographier ? Je n'aime pas le concept de la "photo volée", l'idée même me dérange, car c'est se priver du contact humain et c'est un manque manifeste de considération à l'égard de la personne que l'on veut photographier, or j'ai une forme de sympathie naturelle pour mes "modèles", quels qu'ils soient, je visionne même les photos que je viens de faire avec eux. Il faut être visible, et manifester son intention sans ambiguïté, l'accord viendra tout naturellement soit par un acquiescement plus ou moins manifeste de la personne, ou du fait de son indifférence, le refus laissant rarement place au doute ! 
    J'aime aussi la photographie des œuvres d'art, des monuments, et des paysages que je traite plutôt en couleur malgré ma préférence pour le noir et blanc. Il y a des domaines qui suscitent mon intérêt, mais que je ne pratique pas comme la macrophotographie, l'astrophotographie, le portrait en studio, et d'autres que j'ai pratiqués occasionnellement comme la photo de sport.
    Le post-traitement est l'autre facette de la pratique de la photo numérique, surtout pour ceux qui comme moi ne travaillent qu'en NEFs ( RAW ). C'est une occupation solitaire, prenante, et laborieuse en ce qui me concerne ; je peux refaire plusieurs fois le traitement d'un fichier, si je ne suis pas satisfait de mon travail, ce qui est fréquent. C'est une exigence que je m'impose, moralement par égard pour celles et ceux qui ont accepté d'être photographiés, et aussi parce que c'est le seul moyen pour progresser ; la meilleure stimulation c'est le doute et l'insatisfaction. C'est également une motivation pour explorer de nouvelles pistes, avec plus ou moins de bonheur.
     
    De nos jours, qu'est ce qu'un bon photographe pour toi ? 
     
    C'est une bonne question à laquelle il est difficile de répondre. Suivant la situation dans laquelle il se trouve, la réponse peut différer ; un photographe qui exécute un reportage devra ramener les images nécessaires à l'illustration de celui-ci, et ce même si la qualité n'est pas optimum en raison de conditions difficiles, si la mission est menée à bien, c'est un bon photographe, et il en sera de même pour toute commande spécifique, où la qualité est requise, et où il faut faire abstraction de ses goûts personnels.
    Dans tous les cas, l'humain supplante la technique, même si elle est nécessaire, pour être un bon photographe, il faut être passionné, il faut de la curiosité, il faut avoir de la sensibilité, il est nécessaire d'être très observateur, souvent patient et persévérant ; les meilleurs boîtiers du monde ne remplaceront jamais les qualités humaines. Ces prérequis une fois posés, en fin de compte, ce seront les photos qui feront "le bon photographe" au regard des autres, chacun pouvant se considérer ainsi selon ses propres critères.
     Est-ce aussi simple ? Certes, non, car si les photos reflètent bien le travail de l'auteur, ce sont les observateurs qui jugent avec leurs propres connaissances de la pratique photographique, bien souvent sommaires, et surtout avec leur ressenti, et fort heureusement tout le monde n'a pas le même, ce qui fait que "le bon photographe" de l'un peut être "le mauvais photographe" de l'autre, c'est la loi de l'affect.
    Pour conclure, je dirais qu'un bon photographe, aujourd'hui comme autrefois, c'est celui qui a une bonne connaissance technique, qui sait " écrire " des histoires avec la lumière, et qui sait capter l'instant décisif. À l'ère du numérique, le meilleur preset pour faire une bonne photo , c'est l'âme du photographe.
     
    Oublie tout ce que tu as vu ailleurs et parle-moi des photographies postées sur le forum. Quel genre de critique photo es-tu ? Qu'est ce qui prime pour toi ?
     
    Tous les genres photographiques sont abordés, ou presque, et fort heureusement répertoriés dans des rubriques distinctes, cela facilite les choses pour le visiteur intéressé par un sujet particulier. Les photos proposées sont dans l'ensemble de bonne tenue, les faiblesses des unes étant largement compensées par la grande qualité des autres. Certaines sont très élaborées, leurs auteurs faisant preuve d'une grande maîtrise technique, et de recherche dans la construction de leurs images, d'autres sont plus instinctives, plus spontanées, en privilégiant la capture de l'instant. J'ai vu également des photographes mal assurés dans leur pratique, à la recherche d'avis ou de conseils, venir soumettre leurs images, et découvrir parmi celles-ci des pépites.
    Je ne sais pas comment sont perçus mes commentaires, je préfère le terme de commentaire, car je ne m'estime pas qualifié pour critiquer le travail des autres, mais ils sont toujours formulés avec objectivité, et avec le souci d'apporter aux autres l'aide que j'ai reçue en d'autres temps. Mes commentaires auront pu, malgré tout, paraître excessifs, ou trop pointilleux, aux yeux de certains, j'en suis bien conscient, à ma décharge, je répondrais que je suis bien plus excessif dans mes exigences à mon endroit, c'est le seul moyen pour progresser. Cela étant, je module mon propos selon la personne à qui je m'adresse, et toujours en essayant  que celui-ci soit constructif ; le but étant d'encourager, avec des conseils ou des compliments, et non l'inverse. Avoir une certaine pratique n'induit pas que l'on est qualifié pour critiquer, mais seulement que l'on peut partager sa petite expérience, c'est ma démarche. Il ne faut pas perdre de vue non plus que l'affect rentre pour une grande part dans notre manière d'apprécier les photos, et par conséquent qu'il influence notre perception des choses, le choix du traitement, de la lumière, de la couleur... tout le monde subit son influence! 
    Je pense qu'il convient de différencier "les belles photos" des "bonnes photos", les premières attirent le regard par leur caractère esthétique, alors que les secondes, en plus de leur aspect esthétique, sont chargées de sens, portent un message, invitent le lecteur à la réflexion, c'est ce style de photo qui prime pour moi.
     
    On vit une période un peu particulière, quel est ton regard là dessus ? 
    Je vis cette période en essayant de m'adapter aux circonstances, en recherchant des compromis entre ce que je voudrais faire et ce que je peux réellement faire, c'est compliqué, c'est frustrant, et pourtant c'est nécessaire. Entre les interdictions, les restrictions, et les gestes sanitaires, l'espace de liberté s'est vu réduit comme une peau de chagrin, il n'y a d'autres choix que de patienter et de faire tout son possible pour que la situation redevienne normale le plus tôt possible, et que cessent cet horrible comptage quotidien des victimes et celui des  désastres !
     
    Qu'est ce que t'apporte ta participation au forum photo ? 
     
    C'est un forum convivial, et ce n'est pas courant, il me rappelle un autre forum, disparu brutalement, que fréquentait la bande à PP, on peut y échanger des idées, des avis, des techniques de travail, c'est très enrichissant. Cela me donne l'occasion de voir beaucoup de photos dans des domaines très différents, dont ceux que je ne pratique pas, et qui mériteraient que je m'y intéresse.
    Les sujets abordés dans les fils proposés sont suffisamment nombreux et variés pour que chacun de nous puisse y trouver son bonheur, régulièrement je consulte de nouvelles rubriques qui m'apportent des informations intéressantes, y compris dans les plus ludiques.
    Les photos publiées sont dans l'ensemble d'un très bon niveau, c'est une incitation à surveiller sa propre production, et ce ne peut qu'être bénéfique. J'ai constaté également un vrai phénomène d'émulation entre les participants.
     Il y a des relations qui se nouent entre photographes selon les affinités, c'est sympathique, et cela contribue à la bonne ambiance générale ; le staff y est très attentif, et particulièrement réactif, c'est une excellente chose.
     
    La photo de rue semble être un de tes domaines de prédilection. Peux-tu nous en parler ? 
    Ce domaine a largement ma préférence depuis très longtemps, j'ai été indéniablement  influencé par le photojournalisme que j'ai pratiqué pour un quotidien pendant des années, on y retrouve, plus ou moins, les mêmes habitudes, à ceci près tout de même, le "sujet" peut surgir à n'importe quel moment, il faut par conséquent être toujours prêt à déclencher. La photo de rue, c'est avant tout saisir la vie au quotidien, des moments fugitifs, des témoignages d'instants particuliers, même anodins, mais qui s'inscrivent dans un contexte propice à réaliser "une image de vie", sans mise en scène. J'aime nouer des contacts éphémères avec des personnes inconnues qui m'acceptent pour un court moment dans leur quotidien routinier, que ce soit d'une manière explicite, tacite, voire indifférente, mais sans interrompre pour autant leur activité du moment. Dans mon esprit, tout doit se dérouler naturellement et de façon instinctive, je dois être visible de tout le monde et savoir me faire oublier ; par exemple, pour la photo sur l'ivoire végétal, je me suis approché pour regarder comment travaillait cet artisan, et pour observer ses gestes, avant de prendre des photos, entretemps il avait "oublié" ma présence et restait concentré sur son délicat travail, rien n'est posé, tout est fait dans la continuité. La photo du groupe de femmes en Inde a été réalisée sans qu'elles changent d'attitude par rapport à l'instant précédent, alors que j'étais encore loin d'elles, quelques sourires de part et d'autre et je déclenche. Je préfère cette démarche à la pratique de la "photo volée", je ne suis pas un paparazzi, et je n'ai aucune appétence pour cette manière de procéder que je trouve hypocrite, il n'y a aucune raison de se cacher, la photographie n'est pas une pratique honteuse, si la personne refuse, cela m'est arrivé, très rarement, elle est dans son droit, je l'accepte bien volontiers et avec le sourire, car c'est ma façon de m'excuser de l'avoir dérangée. Il y a quelque chose de palpitant à parcourir les rues pour y quêter l'imprévu, saisir le fugace, l'œil en éveil, en restant attentif aux mouvements, aux attitudes, aux situations, dans l'attente de ce quelque chose qui va provoquer l'émotion et le déclic, c'est un cocktail de patience et de hasard.
    Je voudrais aussi parler des réactions, des réticences, et des limites dans la pratique de la photo de rue ; ce n'est que mon point de vue sur la question que d'autres percevront peut-être, sûrement d'une façon différente.
    Les réactions, pour la plupart des gens, quand on évoque le sujet avec eux, ils pensent que c'est une "forme d'agression", en s'accaparant leur image à leur insu, cela provoque ipso facto des réticences, ce qui, par méconnaissance du sujet et par l'abus de certaines pratiques, peut se comprendre. Quelqu'un qui repère un adepte de la "photo volée" est parfaitement en droit de se poser des questions sur les intentions de "son paparazzi" ; d'autres photographes, à l'inverse, n'hésitent pas à venir très près, trop près, de leur sujet, cette pratique  “ in your face ” n'est pas plus élégante.
    Ce que je trouve déroutant malgré tout, c'est que des millions de photos sont déversées tous les jours sur des réseaux sociaux divers et variés, mettant en scène des quantités de personnes dans toutes les situations, même les plus scabreuses, et que parmi ces " posteurs " nombre sont ceux qui sont prêts à critiquer " la photo de rue ", c'est tout de même paradoxal ! Au nombre des contradictions, il en est une d'importance, c'est de constater que pour une pratique autant décriée, elle est de celles qui attirent le plus grand nombre de visiteurs dans les expositions qui lui sont consacrées. 
    Il n'est pas possible de parler de cette discipline photographique sans évoquer l'aspect mercantile, certains individus lambda photographiés pouvant s'imaginer que leur image va être commercialisée et rapporter ainsi beaucoup d'argent au photographe, c'est une chimère ; au mieux, admettons que cela relève de l'exception, et encore, pour un photographe reconnu bien souvent sur le tard.
    Le photographe de rue ne fera pas fortune, ce n'est pas son but, c'est un passionné, qui plus est utile par la valeur documentaire de ses images témoignant de la vie des gens, de son époque, il participe à la photothèque du quotidien des anonymes ; à ce titre, c'est une contribution à la fois sociale et culturelle, ce seront les archives de demain. N'a-t-on pas toujours un grand plaisir à voir et revoir ces photos des temps passés ? Le fait que de nombreuses expositions, et de nombreux ouvrages  lui soient consacrés, que des prix soient remis aux auteurs du genre, indique indéniablement qu'il y a un public important intéressé par la photo de rue. 
    Il peut être utile de s'attarder sur des règles de droit et de bon sens :
    - Créer une image documentaire ou artistique, dans l'espace public, ne doit en aucune manière causer du tort aux personnes photographiées.
    - On peut photographier librement dans l'espace public, dans le respect des personnes, par opposition à l'espace privé. Dit autrement, le droit à la création artistique prime sur le droit à l'image dans l'espace public tant qu'il n'y a aucun tort de causé à quiconque. (cf. Cour d'appel de Paris 5 novembre 2008)*
    - Informer les personnes et demander leur autorisation si un usage commercial est envisagé.
    En guise de conclusion, et en résumé, je dirais que la photographie de rue requiert des qualités humaines pour aller au contact des gens, demande de la passion, de la curiosité, de la sensibilité, le sens de l'anticipation, de bons réflexes et des automatismes auxquels s'ajoute une bonne connaissance de son matériel .
    *« le droit à l’image doit céder devant la liberté d’expression chaque fois que l’exercice du premier aurait pour effet de faire arbitrairement obstacle à la liberté de recevoir ou de communiquer des idées qui s’expriment spécialement dans le travail d’un artiste, sauf dans le cas d’une publication contraire à la dignité de la personne ou revêtant pour elle des conséquences d’une particulière gravité »
    (CA Paris, 5/11/2008, 06/03296, I. de C. c/ Gallimard).
     
    tu es passionné et passionnant. Ça donne envie de s'y mettre tout ça. Pourtant, on a souvent l'impression qu'en France, c'est plus difficile de pratiquer la photo de rue que dans d'autres pays, non ? 
     
    C'est une réalité qui s'est construite dans les dernières décennies, auparavant les photographes ont joui d'une totale liberté pour exercer leur talent dans la rue, fort heureusement sans quoi aucune photo d'Henri Cartier-Bresson ou de Robert Doisneau n'aurait pu être publiée !
    Dans le pays des Lumières et de la Liberté, c'est tout de même paradoxal d'être confronté à des difficultés et des contraintes que vous n'avez pas dans un pays comme la Chine, ce n'est qu'un exemple parmi une litanie, mais particulièrement représentatif. L'origine des problèmes attachés à la photo de rue est liée à l'apparition du droit à l'image, laquelle est difficile à situer sans véritable référence temporelle autre que les principes fondamentaux du droit, du nécessaire respect dû à la vie privée (1803, article 9 du Code civil), et des jurisprudences successives ; la pratique de la photographie du quotidien c'est le reflet de ce qui est au vu et au su de tout le monde, encore un paradoxe !
    Une culture procédurière importée des États-Unis, il y a une vingtaine d'années, associée à des pratiques douteuses de paparazzi, et à la banalisation de la photographie ont créé un climat de défiance qui a fini par dégrader les relations entre les photographes, amateurs et professionnels, et le public. Ce phénomène si perceptible en France, l'est beaucoup moins, voire totalement absent, dans des pays étrangers. J'en veux pour exemple ma présence au Myanmar en novembre 2010, le 7 ce sont les élections dans un contexte politique difficile, j'ai circulé le plus librement du monde, mon appareil photo à la main, et j'ai fait toutes les photos que je voulais sans aucune contrainte, et sans le moindre contrôle au cœur de Rangoon ! J'ai en mémoire une série de photos réalisées à Paris en 2010, dans le quartier de la gare de l'Est, sous des regards soupçonneux de personnes s'interrogeant sur mes intentions. Même si les cultures sont très différentes, les mentalités ont évolué, et pas dans le bon sens à la différence des pays asiatiques ou d'Amérique centrale, pour ne citer que ceux-là parmi bien d'autres, où les gens sont davantage préoccupés par leur quotidien que par leur ego, la situation de précarité les inquiète bien plus que le droit à l'image qui se résout par un acquiescement ou un refus immédiat ; c'est plus sain et plus humain comme attitude, de mon point de vue.
    Au train où vont les choses, on peut se poser la question de l'héritage visuel de la France dans les décennies à venir ; d'aucuns répondront qu'il y a Facebook, Instagram et consorts, oui ce sont les réceptacles habituels des stakhanovistes du pixel, mais est-ce vraiment ce que l'on souhaite laisser comme témoignage de notre époque ? Toujours dans le registre des absurdités et des contradictions, en France celui qui se présente avec un appareil photo à la main, ou autour du cou selon les goûts de chacun, est assimilé à un professionnel par nature, la même personne munie d'un "photophone" n'attire pas l'attention, quelle qu'en soit la qualité, il s'agit dans les deux cas d'outils destinés à la production d'images me semble-t-il !
    Dans ce pays, comme ailleurs, pour pratiquer la photo de rue, avec plaisir et sérénité, il faut de l'éthique et de la sympathie à l'égard des sujets photographiés, il est indispensable de savoir si, soi-même, on accepterait d'être pris en photo dans la même situation, et de la voir publiée sous une forme ou une autre, c'est une règle de conduite simple qui doit pouvoir aplanir beaucoup de difficultés. Ce principe une fois posé, rien n'empêche, en France, que "le photographe humaniste" perpétue sa contribution à la mémoire collective, et entretienne " l'école du regard ".
     
    L'avenir te fait peur ? 
    De quel avenir parles-tu ? De l'avenir en général ou de celui de la photo ?
     
    Des deux en fait.
     
    Si l'on y réfléchit bien, ce n'est pas l'avenir qui fait peur, c'est l'inconnu, dès qu'il devient présent, donc réel, cela va beaucoup mieux !
    L'avenir c'est un passé en devenir, aurait-on une bonne raison d'avoir peur de son passé ? Cela changerait-il quelque chose ? Je trouve que l'on est déjà très occupé avec le présent, la réalité, et son lot quotidien de préoccupations immédiates, mais aussi ses joies et ses plaisirs, il me semble plus utile de dépenser son énergie à profiter de l'instant présent, cela peut ressembler à une vision épicurienne de l'existence, par opposition aux Orientaux qui ont une vision plus fataliste des choses. 
    «La peur est la chambre noire où le négatif se développe»  Usman B. Asif
     Cette citation me donne l'occasion d'évoquer l'avenir de la photographie, puisqu'il est sous-entendu dans la question. Les fabricants traditionnels de matériel photo sont inquiets devant les évolutions de la pratique photographique, la phagocytose des "photophones" en étant la première cause. L'avenir de la photographie ne se jouera pas sur les évolutions technologiques, "la course à l'armement" n'est qu'une tendance insidieuse destinée à faire "chauffer les cartes bancaires", il se jouera sur la capacité artistique du photographe à se démarquer des autres photographes qui continueront d'inonder d'images les médias sociaux. L'avenir de la photo, c'est la créativité, l'imagination, et la passion, c'est tout le contraire de la course aux " like ", aux " petits cœurs " ou aux abonnés à grand renfort de recettes toutes faites ! Ce sera une forme d'orpaillage, avec de très grandes batées, mais il y aura des pépites tant que l’œil du photographe privilégiera la qualité avant la quantité.
     
    Nous arrivons au bout de cette interview Skeudenner. As-tu quelque chose à ajouter ? Un message à transmettre aux autres membres et aux visiteurs ? 
     
    Je tiens à remercier toute l'équipe qui anime ce forum de grande qualité, et qui m'a donné l'occasion de m'exprimer en toute liberté au cours de cet interview, peut-être un peu prolixe.
    J'apprécie également beaucoup la convivialité et la qualité des échanges entre les membres.
    J'invite les amoureux de la photographie à continuer de publier sur F2P ces belles images qui ravissent nos yeux, et à partager, en toute sincérité, ces avis et ces commentaires si précieux pour progresser et ainsi contribuer à la vie du forum.
    Vous l'invité(e) qui avez eu le courage de lire ces lignes, jusqu'à la dernière, n'hésitez pas à vous inscrire, vous trouverez sûrement ici ce que vous avez tant cherché ailleurs.
    Longue vie à FORUMDEPHOTOS !
     
    Merci à toi d'avoir accepté de répondre à mes questions Skeudenner et de ta participation sur le forum photo.

     

     

     

  • F2P
    C'est la rentrée ! Et pour ce mois de septembre 2020, je vous propose de découvrir l'interview de Jamba-31. 
    Très actif sur le forum que ce soit en nous montrant ses photographies et en commentant celles des autres membres, Jamba-31 est toujours convivial, de bonne humeur et constructif dans ses critiques. C'est un altruiste, un vrai. 
    Un grand merci à lui donc d'avoir accepté de répondre à mes questions. 
    ....................
    Bonjour Jamba-31. Tout d'abord, je te remercie d'avoir accepté de répondre à mes questions. Peux-tu te présenter à nous et nous expliquer l'origine de ton pseudo ? 
     
    Bonjour Nikita et tous ceusses qui prendront le temps de lire
    c'est un plaisir et un honneur que de subir le feu de tes question 
     
    IRL , je m'appelle Stéphane , mes parents était italiens et voulait un prénom facile a dire dans les deux langues … J' ai 57 ans , j'ai la chance de ne plus travailler et  d'être encore en bonne santé pour profiter ….
    Jamba … ce qui m'a fait choisir ce pseudo …bhaaa, je crois sur une de mes nombreuses inscription sur un site du net … l'époque a correspondu avec une certaine empathie pour ce bon vieil Eddy Mitchell , dont je suis fan depuis assez longtemps … Il  venait de sortir l'album JAMBALAYA : même si sur le coup , je n'ai pas trop apprécié et le morceau et l'album en entier , le nom sonnait bien , surtout avec mon habitude d'y coller une certaine prononciation.  Je jouais encore au Basket a l époque, étant le plus vieux de l'équipe, on me surnommait " papy " bien sur, et les autres moi je les appelait les " Djeunss " comme ils le prononçaient eux-mêmes, et depuis j'ai d'ailleurs encore tendance a exagérer  et faire sonner le J en DJI… et donc Djamba, ça me plaisait … J'ai eu fait un peu de musique aussi dans ma jeunesse , Basse et percu , je me démerdais sans plus, mais j'adorais jouer du Djembé …. Et puis il y avait aussi un joueur du Stade Toulousain que j'admirais … Jean-Baptiste Ellisalde …. Que sur le terrain on appelait Jamba ….
    Voila les multiples raisons du Jamba, auquel je colle de temps zen temps un 31, pour mon département de résidence.
     
    Merci pour l'explication. Depuis quand fais-tu de la photo ? 
    Houlaaaa  …précisément je ne sais pas …
    Peut être ai-je été marqué par les noirs et blancs familiaux que mon père faisait quand j’était petit avec le Semflex de  l'époque et que ça a été inconsciemment le déclic ( hahaha ) qui plus tard va me pousser à me lancer. Je passe sur la période instamatic Kodak reçu en classique cadeau de la communion solennelle … mais qui a quand même duré assez longtemps et qui au vu des piètres résultats assez fréquents a fait grandir lentement en moi l'envie de passer à autre chose de plus efficace .
    C'est avec une de mes première paies, en 1984 je pense, que je franchis le pas et m'offre un Minolta XG1 avec un 35-70 Rokkor de bonne facture … et les quelques conseils de celui qui plus tard deviendrait mon beau frère qui lui pratiquait déjà …. Même si ça a été toujours un sujet de discussion et de prise de tête , d'otiche comme on dit dans le sud entre moi et certains autres qui deviendrait des amis , je n'ai jamais été attiré a l'époque de l'argentique par le développement, bien que ayant a cette période  là un attrait plus poussé pour le noir et blanc que pour la couleur.
     
    Est ce que tu as des domaines de prédilections en photographie ? 
    Allez, ça commence les questions compliquées …. C'est  quoi un domaine de prédilection ?? C'est un truc en particulier ou tu excelles et que tu t'éclates quand tu le fait ??? Ou juste tu t'éclates et tu penses que tu excelles mais aux yeux des autres t'es juste dans la moyenne … et puis il y a les trucs ou tu voudrais t'éclater , mais t'es pas bon … ou t'as même pas les moyens d'essayer de t'éclater .. Alors certains ici qui m'ont connu sur un forum précèdent te diront que je fais des filés qui sont pas trop mal dans l'ensemble, que je sors quelques portraits des fois qui sont assez sympas ….. Et puis quelques photos de paysages, montagne ou plage qui tiennent la route …
    Voila , on va dire ça , je tiens la route sur les photos d'actions , de sport , de mécanique , quand ça bouge, j'aime bien…. Et les portraits au naturel, avec un fort pourcentage de ces dames zé demoiselles … oui ça c'est mon pêché mignon ( les portraits , pas les dames zé les demoiselles elles-mêmes..... quoique   ) mais même dans ces deux domaines, je me loupe régulièrement.
     
    Tu as donc plusieurs domaines de prédilections mdr.  Et des domaines qui ne t'intéressent pas du tout, tu en as ? 
    Dans l'absolu non ! Toute photo issue de n'importe quelle technique m'intéresse à priori; du moins lire, regarder,étudier les résultats… comparer… j'aime tout ce qui a attrait au visuel… les photos, les dessins, les affiches, les bd, la peinture aussi , mais là, je suis beaucoup plus difficile et en plus assez ignare, je ne connais que les grands classiques et pour un seul artiste il m'arrive de passer de l'admiration béate au rejet complet suivant les œuvres …
    Pour les photos, c'est un peu pareil, mon appréciation est presque immédiate , ça me plait ou pas !
    Pour la pratique en elle-même de certaines spécialités, certains domaines comme tu dis, il y en a oui que je ne pratique pas alors que j'aime bien voir ce que les autres font.  Une en particulier, c'est la macro…. Déjà, j'ai un certaine aversion pour les tites bêtes, alors passer du temps à essayer de faire des photos avec elles, même si certains résultats sont magnifiques ... Non merki, je n'ai pas envie de ça … Bon les fleurs, c'est pas pareil et peut être je vais m'y risquer de temps en temps, mais je ne vais pas chercher spécialement ça dans une sortie.  Ça sera l'occasion qui fera le larron .   
    Je me régale aussi à voir ce que certains font en astrophotographie … mais ça aussi, je sais que  je ne ferais pas … J'ai l'impression qu'il faut du temps , beaucoup de temps … et je suis plutôt dans l'immédiat. C'est pour ça aussi que je sais que je ne ferais pas du studio par exemple. .. Bien que là aussi, je sois en admiration devant certains.
     
    Qu'est ce qui fait une bonne photo pour toi ? 
     
    Haaaaaaaaa  voila une question qu'elle est bonne !
    Ce qui me parait bien à moi peut ne pas plaire à un autre. Le jugement, les goûts, les ressentis, les émotions,  nous sommes tous différents et nous avons tous nos propres critères pour décider si une photo est " bonne " ou pas … Quels sont ces critères  pour moi …
    En premier lieu, un certain seuil de qualité technique, les bases quoi, le cadre, la compo, gestion de la lumière, des couleurs, ou du noir et blanc  ( 216 niveaux de gris si j’ai bien suivi  lol ) et je place ces seuils assez bas si le sujet m'interpelle ou me plait, si le truc a attiré mon œil d'entrée.
    Disons que si des  pro attendent une qualité digne d'un 18/20 ou plus, moi ma limite basse va être a 14/20…
    Second critère : le sujet en lui-même et comment il est traité. On pourrait y attribuer la note artistique. Là pour que ça me plaise, que la photo me paraisse bonne, je monte le seuil à 16-17/20 .
    Et enfin une chose qui ne se note pas : l'émotion qui peut se dégager d'une photo. Critère totalement abstrait et dont le ressenti est vraiment très personnel. Pour moi, principalement c'est avec une présence humaine sur la photo que je peux ressentir une émotion en fonction de ce que l'auteur a voulu ou pas qu'elle exprime, si il y a un visage, un regard, c'est encore mieux bien sur. Parfois, il m'arrive de ressentir une émotion sans qu'il y ait cette présence d'une personne sur la photo… mais c'est  plus rare .
     La célèbre  phrase de Cartier-Bresson prend tout son sens quand on cherche a faire une bonne photo : Photographier : c’est mettre sur la même ligne de mire la tête, l’œil et le cœur.
    Ça peu paraître un peu " bateau " comme citation sur un forum de photo, mais c'est tellement vrai.
    Le slogan de ParisMatch est aussi assez parlant   " le poids des mots, le choc des photos " pour suivre cela, les photos doivent être obligatoirement bonnes.
    Un dessinateur de BD,  caricaturiste, Tignous, aujourd'hui disparu, mort dans l'attenta de Charlie-Hebdo a écrit  :  Un dessin réussi prête à rire. Quand il est vraiment réussi, il prête à penser. S'il prête à rire et à penser, alors c'est un excellent dessin. En faisant  abstraction du coté " humour " , on pourrait presque faire un parallèle pour une bonne photo.
    Un ou deux exemples de bonne photo suivant mes critères :
    https://i.pinimg.com/originals/29/cd/93/29cd937615f8ed3a31a221573fbd9c52.png
    Cette photo de W.A. Allard est célèbre car, représentant un jeune berger péruvien qui viens de perdre 6 moutons, tout son troupeau , suite a un accident avec un chauffard  et qui pleure … parue dans le National Geographic, les lecteurs 7000 dollars de don pour indemniser le jeune berger.
    https://photoshistoriques.info/m-zbigniew-religa-surveille-son-patient-de-letat-civil-apres-23-heures-la-transplantation-cardiaque-1987/
    Photo de James Stanfield pour le National Geographic toujours .1987 : Ce médecin polonais a appris la transplantation cardiaque tout seul , dans les livres . Il surveille les fonctions vitales  de son patient pendant qu'un collègue épuisé dort dans un coin.
     
    Et qu'est ce qui fait un bon photographe selon toi ? 
     
    Quelqu'un qui aligne dans la mire , la tète , l'œil et le cœur   lol .
    Sincèrement, je n'ai pas la recette idéale. Et si je l'avais, je ne suis pas sur de  pouvoir la mettre en pratique ... 
    Sinon, quelqu'un qui aime ce qu'il fait, qui aime le partage, qui aime les gens, qui aime la nature, qui aime  tout ce qui a trait au visuel, pas rebuté par la technique mais qui sait  aller à l' essentiel avec sans s'y perdre.
    Qui a gardé une part de l'enfant qu'il a été  et malgré tout reste capable de vendre son âme au diable pour shooter ce que le autres ne feront pas.  
    un mix de tout ça doit arriver à faire de bonnes photos.
     
    Parlons un peu de l'homme sans son appareil photo. Tu as d'autres passions ? 
     
    Oui mais certaines sont inavouables  lol .
     
    Inavouables ? Vraiment ?
    Oui certaines sont inavouables pour un public non averti dirons nous ... D'autres pourraient paraître immorales en  ces temps troubles,  le retour de certains courants de pensées, les montées des extrémismes ont vite fait de vous classifier dans les catégories à réprouver ,.... et puis il y a celles qui peuvent plaire a tout le monde... desquelles parlerons nous ?  
     
    De celles que tu veux. Tu as tribune libre. 
     
    Ouééééééééé !!!
    Alors au cas où vous ne l'auriez pas encore compris, et certains ici le savent déjà  ( Nino , Paced , Andre ...) mon autre grande passion, c'est le planeur, le vol a voile !
    Ça tombe bien, les machines que l'on y trouve sont très photogéniques, on y trouve souvent de jolies personnes, et pour finir, dans ce relativement nouveau forum pour moi, la majorité des gens n'ont pas l'air de trop connaitre ça....
    Pour moi tout a commencé il y a un peu plus de 40 ans … Un dimanche matin où je m'ennuyais un peu et où j'ai tanné mon père pour que l'on fasse quelque chose. Il m'a emmené au terrain d'aviation du coin, un de ses employé y était pilote. j'ai fait un tour avec lui et puis je ne suis jamais sorti de l'avion… Enfin si .. Mais bon …C' était en 1977. En 1978 à 15 ans, je commence à prendre des leçons pour pouvoir être " lâché " à 16 ans … Ce qui arrivât donc en Avril 1979, mon premier vol solo sur Jodel D112 , un petit coucou de 65 ch, qui se pilotait vraiment … Les connaisseurs comprendront. Un moment que TOUS les pilotes se rappellent à jamais.
    Le temps passe.. Le prix du pétrole augmente, les revenus de mon père qui me finançait baissent : Fin de l'aventure vol moteur. En 1989, un ancien copain du club avion vient me chercher : lui et d'autres après une scission du club ont monté une association de Vol à voile. Rebelote, grosse piqûre de rappel, la 3 ieme dimension c'est Top. Le planeur a ceci de plus qu'un avion si je puis dire, c'est que il y a un moteur en moins . Et que si vous ne " pilotez " pas , si vous ne pratiquez pas votre art du vol à voile  à votre maximum, vous avez vite fait de regagner le monde des " rampants ", le vol va vite se terminer. Ce petit côté " sportif " , ce challenge renouvelé à chaque vol a apporté un intérêt de plus à ma passion pour le vol, d'autant plus que j'ai la chance d'habiter près des plus belles montagnes du monde , les Pyrénées , et chaque vol près de ces sommets est magique.
    En 2008, pour la première fois, je découvre la compétition de Haut niveau dans ce monde, rassurez vous, pas en temps que pilote : complètement par hasard suite à une annonce dans un magazine spécialisé. Je vais faire le " dépanneur " d'un pilote de l'équipe de France pour le championnat du monde. Une aventure de 3 semaines en Italie, à Rieti, superbe place du monde du vol à voile, où je vais découvrir encore d'autres particularités de ce milieu. Les gens y sont généralement très agréables, ouverts d'esprit , faciles au contact, à l'échange, au partage, à l'entraide.  Les moments festifs et les franches rigolades y sont nombreux. Ce qui n empêche pas  le sérieux nécessaire à la compétition de niveau mondial.  Les galères aussi sont assez fréquentes mais donnent souvent lieu à de très bons souvenirs. Petite précision : comme partout, on trouve des cons, mais franchement, je n'en ai pas rencontré beaucoup, du moins en très faible pourcentage par rapport à la norme…
    Petite anecdote : je reviens à cette occasion pour la première fois dans ma patrie  de cœur et de sang... l' Italie . Le voyage aller m'a replongé dans mes souvenirs d'enfance , les trajets  de 2 ou 3 jours dans la 404 familiale pour aller à Florence, la ville de mon père. La traversée de la toscane au soleil couchant pour rejoindre Rieti  a été un merveilleux voyage dans le temps. Mes retrouvailles avec la nourriture italienne, un plaisir renouvelé 3 à 4 fois par jour ! Nous logions dans une pension  de famille, cuisine locale et familiale, le patron qui nous reçoit à minuit après nos 1700 km de trajet, nous propose un palt de pâte " vite fait ".  Nous sommes régalé de spaghettis à la truffe blanche et copeaux de parmesans... Je suis reparti à la maison après 3 semaines de championnat avec 6 kg de plus  !!!!  
     La bonne  entente avec mon pilote font qu'il va me rappeler pour l'accompagner aux Championnats du monde 2010 en Slovaquie. Là aussi, de très bons souvenirs. Et puis les contacts noués au fur et à mesure vont me faire accompagner l'équipe de France Féminine en 2011 en Suède ( 3 jours de route en petit groupe avec deux voitures et deux remorques de planeur pour monter rejoindre l'équipe à Arboga, un super chouette roadtrip ) puis  en 2013 à Issoudun ( dans le Berry ) et en 2017 en Republique Tcheque , mais aussi l'équipe de France ( Homme et éventuellement une femme ou deux ) pour les Championnats du monde de 2014 et 2018 en Pologne ( Leszno et Ostrow  ) et Européen 2019 encore en Pologne ( Turbia ) et Slovaquie . Avec aussi en 2015-17-18 ( Espagne , France , Italie ),  ma participation avec un pilote  en individuel à la formule SGP Grand Prix qui est une autre forme de championnat .
    Je dois dire que depuis 2014, date de l'achat de mon premier gros boitier ( Canon EOS 60 ) ces " expéditions " m'ont aussi permis de beaucoup shooter  et je dois dire très modestement que j'ai acquis un certain talent à retranscrire tous les bons moments, toutes les bonnes ambiances, toutes les belles rencontres et à les diffuser sur les réseaux sociaux. Ce qui me vaut un toute petite renommée, mais surtout qui permet à tous les participants de ces championnats de retrouver avec plaisir ces chouettes  moments, de revoir leurs beaux jouets pris sous de bons angles, de belles lumières, de revoir les sourires de leurs copains d'équipe, des personnes rencontrées … Je ne sais pas si j'arrive à bien retranscrire, à vous faire comprendre comment  sur la base de ce que j'avais déjà dit plus haut , l'échange et le partage , je me régale vraiment à combiner ces deux mondes , le vol a voile et la photo… Oui vraiment de très bons moments ! De bons Kiffs comme ils disent les djeuns ! 
    Un petit détail sur le monde des Championnats : C'est un monde où on fréquente donc des pilotes. Un très grand nombre d'entre eux sont aussi pilotes de lignes, grandes ou petites compagnies. Dans la classe 18m et encore plus dans la grande classe Open ( les  planeurs de + de 18 m d'envergure , jusqu’à 31 pour certains ) les machines dépassent allègrement les 200000 euros l'unité, toute l'électronique accessoire, tout le matériel de support en plus … Bref c'est un monde où il y a quand même de l'argent . Et où on trouve aussi plus de gens qui pratiquent ou qui fréquentent le vol à voile et qui sont issus de milieux plus modestes, en particulier les jeunes volontaires que l'on embauche pour faire les services de piste pour la durée du championnat.
    Tous ces gens se mélangent, réunis par la même passion, et tout se passe parfaitement  bien tout le temps. Sur la petite quinzaine de  championnats internationaux et nationaux que j'ai eu la chance de faire, j'ai laissé plus d'une fois mon matos photo, ou mon matos informatique, ou celui de mon pilote posé dans des endroits improbables sans aucune surveillance, et je ne suis pas le seul a faire ça …. Jamais un seul vol, un seul emprunt, jamais une histoire… Toujours retrouvé tout ce que j'avais laissé.
    Voila le monde vol à voile tel que je le connais…
    Pour la pratique en elle-même, personnellement elle  se résume à voler dans mon coin, sur mes montagnes, à se sentir presque comme un oiseau, à les voir justement les grands beaux oiseaux vous accepter dans leur monde ( vautour , cigognes , milans …) à évoluer en silence aux grès des ascendances, entre les cumulus, au ras des pentes… À ressentir la moindre réaction de votre machine, piloter au " fesses "  comme on dit…  De temps en temps, je me fait un petit " circuit " imposé, manière de rajouter un petit challenge… Mais le seul fait de voler suffit à mon plaisir :
    celui de regarder les autres voler, de regarder les avions, planeurs, ballons... et de les coincer dans la mire de l'olympus  et de réussir un beau filé, ou même une simple prise de vue de bonne qualité , tout ça, c'est aussi assez jubilatoire.
    Alors … Le Vol à voile, les avions , l' aérien c'est fait … J'ai un peu tartiné quand même.
    Qu'est qu'il y a d'autre ?
    Le Vin !!!!!!
    Je me lance ou la suite à un prochain épisode ?
     
    Vas-y, tu peux te lancer. Les personnes passionnées sont toujours intéressantes. 
     
    Quand je t'ai dit autre passion : le vin, j'aurais du dire le BON vin, voire le très bon.
    Non, je ne suis pas tombé dedans quand j’étais petit. Ça m'a même pris assez tard… Quoique…
    En 1988, j'ai 25 ans, mon père décide de nous jouer un sale tour, et sur un ultime  KO face au crabe, nous laisse ma maman, ma sœur et moi-même, continuer nos chemins tout seuls… Je ne vais pas vous la jouer Zola hein… Je suis déjà au travail dans l'usine que j'ai quittée il y a juste 6 mois, ma sœur est, elle, aussi indépendante  et ma mère reste seule à la maison familiale, mais je suis installé pas très loin. Papa avait laissé sa cave et je ne m'y intéressais pas jusqu’à que ma mère me serve un jour une daube à sa façon aux arômes particulièrement fins.
    Je pose la question et demande le secret de préparation : " bah j'avais la flemme d'aller au Mamouth ( les anciens ici sauront ce que c'est ) alors j'ai pris ça en bas! " .
    Ça, c'est un Gevray Chambertin 1 ier cru " la Perriere " 1977. Même si je n y connaissais pas encore grand-chose, je me dit qu'il y avait surement mieux à faire qu'une daube avec ce petit bijou. Et donc je récupère la totalité de la cave et commence à me documenter et enfin à tester quelques quilles et à commencer à me faire mon palais. J'ai eu la grand chance ( merci papa d'être parti si tôt ) de tomber à cette époque sur les premières foires au vin d'Edouard et pouvoir acheter de très très bonnes bouteilles à des prix encore assez raisonnables. Je me suis de plus acoquiné avec des collègues des plus fins connaisseurs que moi et commence à partager avec eux des repas dégustation a l'aveugle…puis des expéditions dans le bordelais pour visiter et déguster . C'est avec eux qu'est venu cette passion , la découverte des grands bordeaux , jusqu'aux premiers crus, dans des repas mémorables au cours desquels  s'est révélé à moi, sans plus jamais me quitter, la première obligation de l'amateur de bon vin : Une bonne bouteille n'est pas faite pour être bue seul ! On retombe ici sur une notion déjà évoqué plus haut, tant en photo, qu'au vol à voile, une notion essentielle à mes yeux, à toute personne qui se veut , se doit d'être une " belle personne ".
    Le partage ! Le Partage du plaisir d'un bon vin avec des amis qui savent l'apprécier… Du pur bonheur ! Des moments que l'on vit en jouissant de presque tous les sens, la vue pour la robe, l'odorat pour les effluves, les parfums, le goût bien sur pour les arômes… L'ouïe… Ben c'est pour écouter les potes en parler de ce nectar, confirmer ou infirmer tes propres sensations, idées… On en parle, on cherche… On reprend un verre bien sur pour se refaire une idée… Est-ce que l'association avec le plat va bien, bref, les plaisirs les plus simples de la vie poussés dans leurs extrêmes , de quoi bien manger et bien boire avec de bons amis … Maintenant que je suis un peu moins ignare dans ce domaine, il me plait aussi de faire découvrir à certains/ nes les possibilités qu' offrent ces " belles bouteilles ". Quand c'est mon tour d'organiser une soirée avec les amis, j'invite toujours un ou deux  " candide "… À ceux qui s'y connaissent un peu, j'offre la possibilité de boire des choses qu'ils ne connaissent pas, ou qu'ils n'ont pas le moyen de découvrir. En ayant commencé ma cave dans ces années 1989/1990 et en profitant petit a petit d'un réseau pour les bons/ très bons coups , j'ai la chance d'avoir encore aujourd'hui de petits trésors qui seraient aujourd'hui intouchables ou presque… Car malheureusement, les hommes du vin sont devenus fous… J'ai acheté mon  dernier 1 ier grand cru en 1995, c'était un Mouton Rothschild 1993 , 270 fr…  Ce n'était pas une folie à l'époque  et c'est à partir de cette année là que les grandes bouteilles, les grands châteaux ont pété les plombs parce que les vins devenaient un moyen de spéculer... En 1996, qui  était pas une super bonne année, juste bonne, les propriétaires de Château Léoville las caze décident de doubler le prix de la bouteille en primeur sans aucune raison qui justifie, ni qualitative,ni quantitative, ni en relation avec la mto ou quelques problèmes d'élaboration, juste comme ça parce que le marché le permet  1995 : 500 Fr  et 1996 1000 fr …. Et ils ont tout vendu ! Et ça n'a pas arrêté depuis… 2009 année exceptionnelle, depuis quelques années déjà tous les 1 ier crus bordelais sortent à peu près  au même tarif, pour 2009 donc ca sera 900 euros LA bouteille en  primeur ! Fous je vous dis !
    Alors avec mes amis, nous tapons dans nos caves moins souvent et pour les repas plus " communs ", nous nous tournons vers des plus " petits " vins et mettons maintenant en avant pour nos choix un triple critère. Le rapport qualité/prix/PLAISIR…. Et nous nous régalons presque autant qu'avant, car la folie des grands a eu quand même un gros avantage : c'est d'entraîner tout le monde vers le haut, vers  la qualité. Qui veut vendre cher, doit d'abord faire ses preuves, et l'offre qualitative est maintenant tellement énorme… Il faut être capable de faire de bonnes choses et de le vendre un prix correct avant de pouvoir faire de très bonnes choses et de les vendre un peu plus cher.
    Je vais m'arrêter là … Je ne parles plus de mon plaisir… mais du marché. Ça fait partie du monde du vin, il faut connaitre pour pouvoir toujours s'en sortir et être capable de trouver de petites pépites. Le principal restant là… se faire plaisir, faire plaisir, faire découvrir, offrir du bonheur.
    Voila ... Épicurien, je crois ça s'appelle, mais c'est un nom trop compliqué je trouve... Je vous laisse choisir comment me définir, si cela vous dit de vous essayer à l'exercice.
    J'ai oublié de vous parler d'un rouleau d'étiquettes code barre, laissé à portée de ma main une veille de grande foire au vin ... J'étais plus jeune et ne pensais pas à mal, surtout pour des bouteilles de bon vins. Je n'en ai que très peu honte maintenant, et même cela nous fait sourire quand je le raconte encore lors de repas avec mes amis " pinardiers " comme on nous appelle... Quoiqu'il en soit un certaine année, Edouard a vu disparaître des ses rayons et de sa compta, une bonne cinquantaine  de grandes bouteilles... dont j'avais  innocemment  et très discrètement changé le code barre grâce au rouleau qui était tombé dans ma poche. D' où les quelques pépites qui me restent encore dans ma cave. 
    être capable de vendre son âme au diable pour une belle photo je vous disais plus haut... Pour une très bonne bouteille aussi pourquoi pas.
    Surtout ne dites rien...
     
    Tu es sur le forum depuis le 17 mai 2020. Qu'est ce qui t'a donné envie de t'inscrire ici ? Qu'est ce que cela t'apporte ? 
    J'étais sur un ancien forum qui a fermé, pp, et donc je suis parti en recherche d' un nouveau site. J'ai vu Nino et André et Paced déjà présents et j'avais de bon feelings avec eux déjà  alors j''ai sauté le pas .
    Mais  surtout, j'étais en manque... de partage, de lecture.  Le covid a aidé pour ça. Ici,  j'ai commencé par poster pleins de photos anciennes, des trucs que je n'ai pas trouvé dans les différentes catégories historisées, en particulier mes grands oiseaux blancs, et puis je me suis adapté a l'offre. 
    Ici, justement l'offre de lecture est assez importante, le choix dans les catégories est très bien fait, très diversifié, catégorisé. 
    Je pense que la configuration du site telle qu'elle a été voulue et pensée, si elle permet un coup d'œil global assez facile et offre une grande variété de publications ( qui sont de plus d'une qualité générale assez élevée je trouve )  entraîne au contraire une restriction inconsciente au niveau des réponses. 
    Par rapport à l'ancien forum où j'étais, je trouve ici plus souvent de bons avis techniques, au détriment d'un certain manque de fantaisie... Bien sur dans le bar il y a des discussions, des délires, mais oui, je trouve que les commentaires sur les photos sont parfois un peu trop austères.
    J'aimerais bien qu'un personnage assez truculent avec qui je m'entendais bien sur l 'autre forum, l'ami Labat  nous rejoigne.... Un gars du sud ouest bien sur, au style rédactionnel inimitable, avec une certaine gouaille, des partis pris parfois discutables, je suis sur qu'il manque à Nino aussi.
    Bref, j'ai trouvé ici une manière différente de ce que j'avais l'habitude pratiquer, avec en plus ce coté un peu plus exigeant aussi au niveau qualité qui je dois le reconnaître me force quand même à monter moi aussi mon niveau dans ce que je vais poster, et donc d'essayer aussi de monter mon niveau de qualité dans mes prises de vues, ma manière de shooter. 
    Un truc qui m'a plu aussi, c'est que si il y des  personnes  qui ont tendance à prendre la tète et si les posts partent en sucette , ça s'arrête très vite... même si ça a un petit coté dictatorial, le forum n'est pas pollué  et c'est agréable pour ceusses qui restent.
     
    Nous arrivons au bout de cette interview Jamba-31. Veux tu ajouter quelque chose pour les membres et les visiteurs qui te liront ? 
     
    Bah que c'était chouette cette interview, l'exercice est intéressant.
    Sinon, vous l'aurez compris je pense, plaisir et partage sont les maîtres mot de ma ligne de vie... 
    Proverbe suedois : livet är för kort för att dricka dåligt vin
    Et pour regretter de ne pas l'avoir fait, surtout, avant qu'ils disparaissent, dites à ceux qui vous sont chers  que vous les aimez... Vous ne savez jamais de quoi demain peut être fait et ce qu'il peut arriver. 
    Heureux soient les fêlés , car ils laisseront passer la lumière ( M.Audiart ) 
     in terrae pax hominibus bonae voluntatis ( l'Evangile selon St Luc et pourtant  je ne suis pas croyant ).
     
    Je te remercie d'avoir accepté de répondre à mes questions Jamba 31. C'était très agréable de discuter avec toi. 
    ......................
     Ma grande passion : WWGC 2017 ( World Women Gliding championship ) à Sbraslavice (république tcheque ) Melanie Gadoulet , équipe de France , dans on beau JS1 , au décollage , qui deviendra championne du monde en 2019 à Lake Keepit. En bout d’aile sa coéquipière Sol, en Anglais , la Crew , seule jeune femme parmi les crew ( dont moi ) et que nous avions affectueusement surnommé bien sur la Crewpette et qui s’est acquittée de sa tache a la perfection .

    Une photo qui a une petite histoire, dont je suis le plus fier et qui résume en partie tout ce que j’ai écrit :
    Portrait de mon amie Amélie , elle aussi pilote de l'équipe de France et dont j’avais été le Crew   pour le WWGC 2011 . Nous sommes là encore à WWGC 2017 Sbraslavice . Il y a un peu plus d’un an en 2015 , Amélie a connu un grand malheur , son compagnon avec qui elle comptait faire sa vie a été tué sous ses yeux dans un accident de voiture . Au moment de la photo  elle n’as pas fini de remonter la pente encore, mais elle se bat, l’encadrement de l’équipe de France, y croit et sait aussi que cela pourra l’aider de venir à ce championnat et lui fait donc confiance. C’est une compétitrice.  Le planeur sa passion depuis longtemps , elle est dans son monde et y connait de bons moments ... Elle sourit, rigole… Je suis content de la voir ainsi et je shoote cet instant de vie, même si il n’est pas parfait, c’est un beau portrait . Je décide de le diffuser sur les réseaux sociaux , FB et Insta où l’on peut suivre le championnat… Au lendemain de cette diffusion, Amelie vient me voir, elle a l’air touchée  et me demande, en connaissant la réponse  si c’est moi  qui ai fait la photo et l’ai diffusée… Oui bien sur c’est moi…. Elle me montre alors son téléphone… avec plus de 250 messages de personnes qui étaient heureuses de la voir sourire, qui lui disaient, et avec pleins d’autres marques d’affection et d’encouragement… Elle m’a juste embrassé et dit merci


  • F2P
    Pour ce mois d'août 2020, je vous propose de découvrir l'interview de Tork, l'un de nos membres qui nous régale de ses prises de vue toujours bien réalisées.
    Tork participe également activement à la vie du forum photo par ses commentaires toujours constructifs et conviviaux.
    Un grand merci à lui de sa participation à cette interview et pour son implication sur le forum. 
    ...........
     
    Bonjour Tork. Je te remercie d'avoir accepté de te prêter au jeu de l'interview pour le forum photo. Peux-tu te présenter à nous et nous expliquer d'où vient ton pseudo ? 
     
    Je m’appelle Denis et ça fait 3 jours que j’ai arrêté de boire…ah non c’est pas ici.  
    Ceci dit je m’appelle vraiment Denis. Je suis professeur des écoles, en maternelle. Je vis sur la Côte d’Opale.
    Pour mon pseudo, il provient de l’époque où j’étais jeune, si si j’ai été jeune, mais ça c’était avant au siècle précédent. Bon, j’entends déjà les mauvaises langues : non je ne suis pas vieux ! Pour en revenir au sujet, à l’époque nous étions une joyeuse bande férue de jeux de rôle et nous avions tous un surnom plus ou moins lié à cette activité. Il m’est resté et c’est toujours ainsi que l’on m’appelle.
     
    Tu fais de la photo depuis quand ? Comment t'est venue cette passion ? 
    Je fais de la photo depuis quand ? difficile à dire. Disons que j’ai eu mon premier appareil photographique à ma communion. Cela remonte. C’était un Kodak pocket instamatic 130. Bien sûr, nous étions loin des réflex, mais c’était un début et pour moi c’était suffisant. Puis je me suis offert mon premier reflex grâce à ma solde de militaire que j’avais économisée. Cette fois, c’était un Pentax SF7. L’air du numérique est ensuite arrivée avec un compact Fujifilm finepix 2600z pour commencer. Ensuite les reflex numériques sont devenus plus abordables, ce qui m’a permis de me procurer un Canon 300D qui a laissé la place à un Pentax k20D. C’était un bon appareil, mais la gestion du bruit en pose longue n’était pas terrible. Alors je suis revenu chez Canon avec un 600d, puis un 7 et pour finir le 7d mark 2. Et un jour, peut être, un plein format. Donc voilà, cela fait longtemps que je photographie.
    Comment m’est venue cette passion ? Tu l’auras compris, je dirais que je n’ai pas eu de déclic, cela m’est venu tout naturellement. J’ai toujours eu envie de réaliser des photos d’aussi loin que je me souvienne.
     
    Parle-moi de ton travail photographique. Quel genre de photographe es-tu ? 
    Je dirais que j’ai tendance à photographier tout ce qui représente un intérêt photographique à mes yeux. Cela peut aller de la photo instinct au détour d’un chemin à une volonté bien définie de faire une photo précise. Presque tous les thèmes m’intéressent, même si je n’ai pas eu l’occasion de les essayer tous évidemment. Par exemple, je viens de me mettre à la photographie de collisions de gouttes d’eau. Cela faisait longtemps que j’étais tenté. Ici encore beaucoup d’apprentissages et de techniques. Comme dans l’astrophotographie, domaine complexe s’il en est, tant au niveau de l’acquisition que du traitement.
    Mais je ne progresse hélas, pas assez. J’avoue avoir bien du mal à traiter mes photos d’astro. Cela viendra, je finirai par trouver. C’est ce qu’il y a de bien dans la photo, il y a toujours à apprendre.
    Pour moi la photo c’est aussi de la création. J’aime réaliser des photomontages. Cela laisse libre cours à l’imagination. Pour ces photos, il m’arrive, d’ailleurs, de photographier « un peu tout et n’importe quoi » ! Les passants doivent parfois me trouver un peu dérangé de photographier un coin d’herbe, des branches ou des gravats. Mais ainsi je me constitue une bibliothèque d’éléments et de textures que je peux utiliser librement dans mes montages. Tout ce qui se trouve dans mes montages est de moi, sauf parfois, quelques textures que je n’ai pas encore, mais dont j’ai les droits pour les utiliser.
    Sinon pour la majorité des photos, je me contente souvent de pas grand-chose en post traitement : jouer un peu avec les courbes et les niveaux lorsque cela est utile, recadrer ou alors transformer en noir et blanc, là c’est un peu plus long.
     
    Qu'est ce qu'une " bonne photo " pour toi ? 
    Wouah la question piège ! Il faut que j’y réfléchisse un peu.
    Il y a plusieurs sortes de photos. Les photos souvenirs, les photos techniques, celles qui veulent faire passer un message ou encore toutes les autres. Elles doivent toutes répondre à des critères différents. Même s’il y a des points communs : le cadrage, la netteté, la profondeur de champ, la lumière, la composition, etc…
    Mais, je pense, qu’une bonne photo est avant tout une photo que l’on prend plaisir à regarder.
     
    Y a t-il des domaines que tu affectionnes plus particulièrement ? 
    J’affectionne particulièrement le photomontage, activité chronophage s’il en est. D’où le nombre limité de réalisations. La macro m’inspire aussi. L’astrophotographie aussi est très intéressante, mais j’ai encore beaucoup de lacunes qu’il me faut combler. L’astrophotographie prend aussi beaucoup de temps, aussi bien pour la prise de la photo elle-même que pour le post-traitement.
     
    Et des domaines qui ne t'attirent pas du tout,  il y en a ?
    Il y a peut-être la photo de rue qui m’attire un peu moins car j’ai des scrupules à photographier des personnes. J’aurais l’impression d’empiéter sur leur vie privée. À chaque fois que j’essaie quelque chose de nouveau, j’y trouve un intérêt. J’aime découvrir et apprendre. Donc à la réflexion, je ne pense pas qu’il y ait des domaines qui ne m’attirent pas du tout.
     
    As tu une culture photographique ? Des photographes dont tu admires le travail ?
    À ma grande honte, ma culture photographique est très limitée. Je connais bien sûr quelques photographes célèbres comme Doisneau, Yann Arthus-Bertrand, Bresson, Nikita, Potochat, Photophile...euh, ah non.    Ce n’est pas ce à quoi tu pensais en me posant cette question, même s’il y nombre de photographes de talent sur le site.
    Cette culture limitée ne m’empêche de découvrir et d’admirer leur travail, ni même d’analyser leur façon de faire, bien au contraire. Mais je n’associe pas toujours un nom sur le travail, c’est un peu bête peut être.
    Je lis aussi régulièrement des magazines sur la photo ainsi que des livres. Cela me cultive et m’instruit.
     
     Il n'y a pas de honte à avoir.  Quelles sont tes autres passions ? 
    Et bien tu l’auras compris, il y a l’astronomie. Même si je n’en fais pas souvent ( les nuages sont d’éternels casse-pieds dans ma région, la Lune joue souvent les trouble-fêtes avec sa luminosité agaçante, sans compter la fatigue et les lendemains travaillés…). Je trouve que c’est très complémentaire de la photo : il faut savoir observer, savoir cadrer, gérer les lumières…
    Je suis également instructeur d’aïki jujutsu Takeda ryu ( ryu voulant dire école, donc l’école Takeda, un clan seigneurial réputé au Japon ), un art traditionnel japonais dont beaucoup d’écoles d’aïki sont en partie originaires.
    Et je fais aussi parti d’un club de maquettisme. C’est très bien pour faire des photos de macro avec des choses qui ne bougent pas !
     
    Parlons de l'homme, as-tu une philosophie de vie ? 
    Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage. Ce proverbe pourrait très bien résumer ma façon de voir la vie. Si quelque chose ne va pas, un problème ne trouve pas solution, rien ne sert de s’énerver. Il faut au contraire aborder les choses sereinement, y réfléchir posément, voire même différemment. Et pourquoi pas, laisser de côté quelques temps et laisser mûrir la solution.
     
    Pourquoi t'être inscrit sur un forum ? Qu'est que cela t'apporte ? 
    Je recherchais un forum dynamique, convivial où les photographes n’hésitaient pas à critiquer les photos. C’est comme ça que j’ai trouvé ce forum, testé et adopté. Ici les critiques sont bonnes et justes. Que la photo soit réussie ou, au contraire, moins réussie, il y a toujours des commentaires constructifs. C’est d’autant plus important quand la photo mérite d’être améliorée. C’est comme cela que l’on progresse : en se confrontant aux avis des autres.
    De plus, les gens ne sont pas avares de conseils, c’est bien. Le partage est aussi important pour avancer. Personne ne se prend la tête, il y règne une bonne ambiance, c’est ce qu’il faut.
    Il y a aussi le plaisir de voir de nombreuses et belles photos. Donc pour résumer : avis, partages et plaisir des yeux voilà ce que cela m’apporte.
     
    Nous sommes arrivés à la fin de cette interview Tork, y a t-il un sujet que tu souhaiterais aborder particulièrement ? Veux-tu transmettre un message aux autres membres et aux visiteurs qui passent sur le forum ? 
    Nous avons déjà abordé pas mal de sujets. J’ai la tête un peu vide. Non je plaisante, mais pour l’instant je n’ai pas d’idée de sujet, peut être que j’en aurai une plus tard, quand il sera trop tard évidemment.
    Je remercie tous les membres pour leurs commentaires, toujours justes, les photos qu’ils nous montrent et leur bonne humeur.
    Un grand bravo à toute l’équipe du forum. Je suis impressionné par le nombre de réponses que vous postez. Continuez comment ça pendant encore un ou deux siècles.
    Quant à ceux qui ne sont pas encore inscrits, je leur dirais ceci : vous attendez quoi ? Allez-y, consommez sans modération !
     
    Je te remercie encore d'avoir accepté de répondre à mes questions tork et pour ta participation au forum photo. 
    ......................

     


  • F2P
    Pour ce mois de juillet 2020, je vous propose de découvrir l'interview de Potochat.
    Inscrit sur le forum photo depuis le mois de mai, il a réussi à se faire une belle place parmi tous les membres par sa participation très active, ses partages et ses critiques toujours très intéressantes. 
    C'est donc avec grand plaisir que je l'ai invité à répondre à mes questions. 
    .......................
    Bonjour Potochat. Tout d'abord, merci d'avoir accepté de participer à cette interview. Ma première question est toute simple :  peux-tu te présenter à nous et nous expliquer d'où vient ton pseudo ? 
     
    Potochat, comme tu l'as deviné ( tu es très forte ) n'est pas mon vrai nom. Ça vient donc d'une histoire de chat, ce qui ne devrait pas te déplaire. Je l'ai juste évoqué lors de mon arrivée dans le Forum, mais puisque tu me le demandes, je développe ( je te préviens, c'est assez long ). 
    Je me baladais dans une rue déserte d'un village angevin, en juillet 2006, je crois. Déserte ? pas tout à fait : 50 m devant moi, un monsieur seul avec, comme moi, un appareil photo en bandoulière. Tout à coup, il s'arrête devant une maison et photographie " quelque chose ". Arrivé devant la même maison, je regarde évidemment et je vois un chat derrière une fenêtre. Très photogénique effectivement, je fais moi aussi la photo. À l'époque, je fréquentais le site de partage de photos Ipernity. Trois jours après ma balade, en fouinant ledit site, je tombe un peu par hasard sur " ma " photo... qui n'était pas de moi ! On a donc correspondu sur Ipernity avec ce monsieur, un Angevin aussi, échangeant des amabilités réciproques sur nos photos. C'est vrai que c'est un bon photographe, mais il est aussi et surtout peintre de l'art circassien. C'est lui :  https://www.artcompulsion.com/fr/89_boccacino-jean. On a fait connaissance physiquement lors du vernissage d'une de ses expos et on a bien ri. Dès le début, je l'ai appelé mon " pote au chat ", et moi j'étais aussi son " pote au chat ". Même si on s'est perdus de vue et même de photos, j'ai gardé ce pseudo que je trouve rigolo. Voilà pour ça, désolé, je n'ai pas pu faire plus court...
    S'agissant de ma présentation ça pourrait aussi durer, ne sachant moi-même pas trop qui je suis ( photographiquement parlant, je te rassure ) et ça c'est le nœud du problème  ! Je me lance mais je ne sais pas, à ce stade, où m'arrêter...
    Je pratique donc la photo depuis 1968 ( avec le Kodak familial ) et j'ai acheté mon premier reflex en 1969 ( c'était le mythique Asahi Pentax Spotmatic...) pour aller plus loin et plus large. À mon mariage, j'ai reçu un agrandisseur en dot. Autodidacte en potassant quelques bouquins, j'ai eu la chance d'assez vite comprendre comment ça marche, notamment le trio infernal vitesse, diaph, sensibilité. Photos-souvenir d'abord, surtout de famille et d'architecture ( passion pour les édifices gothiques et surtout romans ( oui, oui...), de montagne ( en diapos ) pendant les vacances ).
    J’ai été animateur photo dans une MJC, je suis, de loin, le plus ancien membre du Club photo d’Angers, ce qui m’a permis de faire des choses, dans le reportage notamment ( qui reste mon sujet de prédilection ) que je n’aurais pas faites ou osé faire « livré à moi-même ».
    Le passage au numérique a été pour moi un cataclysme : j'ai laissé tomber l'agrandisseur du jour au lendemain ou presque. Je suis un pragmatique, pas un nostalgique, et les énormes avantages des nouvelles technologies ont fait que je n'ai jamais regardé en arrière. Comme je suis un peu geek, je me suis vite mis aux logiciels de retouche. D'abord Photoshop comme tout le monde, puis, comme je n'ai pas les moyens de me payer le roi des logiciels,  j'ai exploré le " monde du libre " en passant sous Linux. Comme pour le reste je suis un pragmatique et j'ai trouvé que, pour ce que j'ai à en faire, ça marche vachement bien. Je n'ai pas encore trouvé de limites à mon système ( actuellement ART et Gimp ) qui, en plus, évolue tous les jours ou presque ( je parle de ART essentiellement ).
    Mais l'essentiel de la photo n'est pas dans la technique, plutôt dans la tête du photographe. Je reste persuadé que ce n'est pas le matos qui fait le photographe. J'ai par exemple horreur des gros tromblons blancs et même, par principe c’est vrai, du « plein format » ( je traduis : « full frame »  ) ; en plus ça pèse très lourd et pour l'épaule et pour le porte-monnaie pour un plus, me concernant tout au moins, qui reste à me démontrer . Encore une fois le pragmatisme...
    Donc l'essentiel est pour moi ( mais pas que bien évidemment ! ) dans la connaissance de l'art de la photo et de son histoire. Donc il m'arrive de fréquenter des galeries, les expos et de regarder et lire des revues, des bouquins ( que j'achète ou emprunte )... C'est en puisant dans ces références que je pense avoir acquis des réflexes de composition, de cadrage ( en ne respectant pas la " règle des tiers " par exemple...) qui font la force d'une photo. Aussi me chercher ( à défaut de le trouver ) un style. Mon intérêt actuellement croissant pour la peinture va dans le même sens.
    Petit à petit je me suis dit que j'avais peut-être quelque chose de plus à dire, mais quoi ? je n'ai encore trouvé rien de précis, je tâtonne... mais je cherche . Mon but ultime, c'est de faire des photos qui ont du sens, avec un " message ", ce mot n’étant pas à prendre dans un sens trop prétentieux, simplement que mes clichés  veuille dire quelque chose et permette à celui qui la regarde de s'interroger, de s'évader, d'aller ailleurs dans le sens de s'imaginer des histoires, de faire phosphorer les neurones. Mon slogan serait peut-être " photographier c'est donner du sens ". 
    Mon gros truc, celui que je préfère serait peut-être la photographie de gens : photos de rue, reportage, portraits ( moins ) en évitant si possible les photos volées. Je suis persuadé que, dans la photo de personnes, le plus compliqué c'est d'aborder les gens. Une fois que c'est fait, que la glace est brisée, ça roule. C'est pour ça que, pour ce sujet-là, je préfère le grand angle au téléobjectif. " Si ta photo n'est pas bonne c'est que tu étais trop loin " disait Robert Capa... J'adore ça mais je n'en fait pas assez et même de moins en moins. Ça m'attriste un peu.
    Je suis de loin le plus ancien adhérent du Club photo d'Angers, j'en ai été le président à 2 reprises, et c'est beaucoup grâce à lui que je trouve de la motivation et des idées de thèmes ( le Centre National de danse contemporaine, le facteur...). Mais je fais " malheureusement " un peu de tout, ne sachant pas sur quoi me fixer ni vraiment réaliser de véritable " projet photographique ". C'est la face sombre du personnage. Je ne fais en fait que papillonner et tirer sur tout ce qui se présente. J'ai l'impression de ne jamais avoir trouvé véritablement mon style, ma démarche photographique.
    Et en plus, depuis quelques temps, je tente de la " création numérique ". à partir de mes photos mais pas que. Et ça, c'est encore moins simple et ça n'arrange pas les choses.
     
    Se cantonner à un seul domaine en photo, c'est un peu comme rester sagement dans sa case non ? Tu crois vraiment qu'il est nécessaire de se trouver un style ? 
     
    Sur le premier point, faire ça n'est pas synonyme de sagesse ! il y a des gens qui ont fait ça sans être sage du tout : exemple extrême bien connu, de nous deux tout au moins : Diane Arbus !  Ce choix n'est pas non plus du tout mon credo. Mais il va y avoir des gens qui vont ne faire que du portrait, par exemple, ou du paysage, qui vont se spécialiser dans leur domaine et y devenir très pointus. Ça j'admire.  Et il y a des photographes et des grands qui avaient ou qui ont plusieurs cordes à leur arc et même plusieurs arcs ( Frank Horvat, photographe iconique de mode des années 60 s'est lancé sur ses vieux jours - avec un bonheur relatif - dans le délire informatique...) et ça me va aussi très bien. Pour ce qui me concerne, Je me reproche simplement mon éclectisme, de toucher à trop de choses pour les faire à fond, de ne pas ( ou rarement, il y a longtemps que je n'en ai pas fait en tout cas ) faire de projet construit. Ceci dit, j'ai, depuis longtemps deux " fils rouges " : Versailles et Paris. J'aime beaucoup tourner autour du sujet de Versailles, du parc surtout ( on peut y entrer gratuitement !), je pense aux photos qu'y ont faites Atget ou Doisneau...
    Non ce n'est pas " nécessaire " de se trouver un style... . En fait, le fond de l'histoire, c'est qu'il y a deux types de photos :
    - les photos-souvenir ( clic-clac c'est dans la boîte ), qui font plaisir à faire vite-fait mais dont d'ailleurs beaucoup ne seront jamais regardées plus d'une fois ( je parle pour moi mais je ne dois pas être le seul ). Mais-qu'on-ne va-quand-même-pas-jeter-parce-qu'on-ne-sait-jamais... Les photos de famille et de tourisme font majoritairement partie de ce type
    - les photos plus chiadées qui sont l'aboutissement d'une certaine " culture " ( ça y est, j'ai lâché le grand mot ! ) qui, donc, me demandent plus de soin et à la prise de vue et au post-traitement, mais qui sont bien plus passionnantes à faire. En faisant ça, Je veux  donner plus de poids à ces photos, plus de sens, leur faire dégager plus d'émotion.
    Les deux types ne sont pas bien sûr pas exclusifs l'un de l'autre et, des fois, avec le temps, la décantation, certaines peuvent passer d'un type à l'autre.
    Pour les premiers, pas besoin véritablement de style même si on peut faire de la bonne ou de la moins bonne photo-souvenir.  Les connaissances techniques suffisent pour en faire et mes photos ressembleront à celles du touriste d'à côté pour peu qu'il soit aussi pointu que moi en technique . 
    Mais si on a la " prétention " de faire dans le deuxième type, alors oui, il faut se trouver un style ou tout au moins travailler pour et le bagage culturel aide. Dans mon club, on a pour habitude de montrer ses photos anonymement et j'aime bien quand les gens reconnaissent qu'une photo est de moi. Ça me prouve que ne suis pas " n'importe qui ". Ici on m'a dit qu'une de mes photos ressemblait à du Depardon ! le Graal !!!  Non mais c'est vrai, ça fait plaisir, quoi...
    En dehors du cercle familial, je ne montre que celles du deuxième type.
     
    Donc une bonne photographie pour toi, c'est quoi ? 
     
    Alors là, attention, ça démarre  Je sais, je blablate beaucoup.
    C’est une bonne question, ça, je te remercie de me l’avoir posée ! Un peu compliquée quand même...
    Une bonne photo peut appartenir à chacun des deux types dont je viens de parler, mais les critères ne seront pas les mêmes
    Pour le premier type, la « carte postale », ils seront avant tout techniques ( netteté, exposition…) en ne négligeant pas le cadrage ( les cartes postales sont en général bien cadrées ). Dans ce cas, la notion de « bonne » photo peut se confondre avec celle de « belle » photo. Mais si elle a « trop » de qualités, elle peut basculer dans le second type ! 
    Très important : ne pas confondre le sujet photographié avec la photo qu’on en fait. Et vice-versa. Ne pas croire que parce que le sujet est " joli " que la photo sera automatiquement bonne. Inversement, une photo d’un sujet qui ne vous plaît pas n’est pas pour autant forcément mauvaise et rien ne vous empêche de l’apprécier ( les vers de terre, l’armée…). Éviter par-dessus tout le réflexe affectif : oh c’est joli, c’est « dans la pastille », je prends ! Sans se poser d’autre question. Cas type de la photo de son chat ou de son enfant avec un arrière-plan dégueu ( ah le grillage bien net! ) qu’on ne voit pas parce que par réaction affective, on polarise sur le pourquoi on a déclenché, tandis qu’une personne tierce va ne voir que les défauts. On ne verra pas non plus un cadrage catastrophique ( en plongée par exemple pour un enfant… ou un chat ). Ça, c’est pour les souvenirs, point barre. Bien sûr il faut que ce soit bien exposé et net, mais avec les appareils actuels, il faut parfois le vouloir pour « rater » techniquement une photo, à tel point qu’une photo ratée peut parfois, au second degré, avoir davantage d’intérêt qu’une photo réussie !  ( ça m’est arrivé, sur un flou de bougé par exemple…)
    Au sens du deuxième type, une bonne photo est d’abord une photo originale. Tourner autour de son sujet, ne pas se contenter d’une prise ou deux, varier les angles d’attaque, les focales différentes, les profondeur de champs différentes, chercher l’ORIGINALITÉ, pour trouver LA photo qui se démarquera des milliers d’autres qui, souvent, seront prises du même sujet, celle qui, donc aura un « style », le vôtre, qui sera peut-être ( reconnaissance suprême ! ) reconnaissable. Un coucher de soleil, c’est toujours beau, une bonne photo de coucher de soleil, c’est une autre paire de manches et ça doit forcément être original, ce qui n’est pas évident s’agissant d’un tel sujet ! Mais c’est le cas, par exemple, de la photo qui a gagné le concours du mois de mai, avec ce nuage magique qui vient transformer le soleil en planète Saturne.
    Pour ce deuxième type, surtout, " belle photo " n’est pas synonyme de " bonne photo " ! Une photo peut être belle et ne pas avoir d’intérêt autre que la satisfaction personnelle de l’avoir prise en tant que souvenir familial ou autre. Combien de « petites fleurs »... Le sujet de la photo peut être beau, mais c’est le sujet qui est beau, pas la photo… Mon idéal : faire une « belle » photo avec un sujet moche... 
    La beauté peut évidemment être un critère de qualité, mais, en général, il ne suffit pas. D’abord il est très relatif. La notion de « beau » n’a pas toujours été la même et n’est pas partout la même, même si là comme souvent, la mondialisation fait ses ravages. Si Monet ou Van Gogh avaient peint à la Renaissance, on aurait crié au fou ! Et on a crié au fou même à leur époque : il a fallu qu’ils rament sec pour s’imposer ( ce que Van Gogh n’a même pas fait de son vivant ! ). La montagne n’est devenue « belle » qu’au 19ème siècle, avec les romantiques... En photo c’est pareil : regardez un calendrier des Postes des années 50 ou 60, ça vous semblera ringard au possible ! Donc se méfier du « beau ». Lui privilégier le « lourd » ; une photo doit avoir du « poids », même si ce poids peut provenir de sa légèreté ! ( le minimalisme…). Quand je dis lourd, je veux donc bien sûr dire « lourd de sens ».
    Oublier ou faire passer au second plan la perfection technique, là n’est pas l’essentiel d’une photo. Lui donner du sens, une « signification » est bien plus important et… bien plus compliqué ! Pour apprendre ça, une seule recette : arpenter les galeries, voir les bons sites et lire et regarder des bouquins. Je me dis que les gens qui exposent des photographes, en parlent dans des livres ou sur des sites ont infiniment plus de connaissances que moi dans le domaine de la photographie et de l’art en général, et que s’ils le font c’est qu’il doit y avoir des raisons...
    Et puis, donc, on peut rarement faire une bonne photo d’un mauvais sujet. Une recette pour faire de bonnes photos est de se trouver un projet et de s’y lancer à fond. J’ai, comme ça, il y a 20 ans, choisi de suivre un facteur dans sa tournée. J’ai fait ce qu’il fallait pour en trouver un, sympathiser avec lui, etc... ( d’où la photo que vous avez, je crois, appréciée ). Mais ça peut être n’importe quoi ( faire le « portrait » d’une ville, par exemple ), avec, en tête, l’idée de se dire qu’on va en faire une expo, un bouquin, même si, bien sûr on ne le fait pas ! En général, si vous faites ça, c’est que vous êtes motivé et ça se verra dans vos photos, qui seront « forcément » bonnes ! Il y a longtemps que je n’ai pas eu de projet, tiens…
    Exemple d’un photographe « anonyme » que j’ai découvert récemment sur Flickr et qui me fait grimper aux rideaux http://www.pkomo.gr/portfolio-4/nggallery/page/1/slideshow Vraiment le type de photo dans lesquelles il n’y a rien de « beau » au sens commun, encore moins de « joli », mais tellement pleines d’émotion, de poésie, de rêve, d’humour aussi parfois... Ce monsieur n’a d’autre but que d’exprimer ses états d’âme, sans même chercher à se faire connaître plus que ça. Un photographe qu’on ne peut donc pas « accuser » d’être reconnu et encensé pour ça, ni moi d’être un « mouton suiveur » à son sujet. Un pur, en plus. Ses photos touchent pour moi au sublime sans pourtant rien « sublimer » pour employer un mot à la mode... Et on se fiche carrément de savoir ce qu’elle valent sur un plan technique, ce n’est clairement pas le sujet ! Je n’approcherai jamais une telle qualité, mais ces photos resteront dans un coin de ma tête pour, peut-être, m’influencer un peu inconsciemment...
     
    Quel est ton meilleur souvenir photographique ? 
     
    Houlà, quelle question !…Il y en a pas mal. Tu te doutes que les meilleurs ont pour moi été ( et sont ) ceux qui sont issus d’un partage humain. Ainsi ceux que j’ai vécu en photographiant un couple de luthiers ( en 1990 ) ou mon facteur ( en 1999 ) ou trois danseurs du Centre de danse contemporaine d’Angers ( en 2015 ) ou un ferronnier d’art à la retraite ( en 2019 ). Mais je crois que j’ai une préférence pour mes luthiers, Patrick Robin et Andrea Frandsen. À l’époque j’animais l’atelier photo d’une MJC et je cherchais un sujet pour mes « élèves ». J’ai trouvé ces luthiers un peu par hasard, mais après un premier contact, je me les suis gardés pour moi tout seul. Ils sortaient de leur école en Angleterre et venaient de s’installer à Angers. Ils étaient incroyablement simples et sympas. Alors qu’ils travaillaient pour le haut du haut de gamme des musiciens, ils m’ont laissé faire ce que j’ai voulu, jusqu’à manipuler leurs œuvres en petits morceaux. Lui m’a même confié sa boutique un jour qu’il était parti faire une course ! Il en est résulté des photos dont je suis « assez » content et que j’ai accrochées dans une expo qui leur était consacrée.
    Mais la cerise sur le gâteau de l’histoire, c’est qu’ils ont tous les deux participé en 1991 au premier concours international de lutherie de Paris et que Patrick a obtenu le premier prix pour le violon et le violoncelle et Andrea le premier prix pour l’alto ! Ça m’a valu d’écouter sur France-Musique le violoncelle que j’avais manipulé en petits morceaux joué par… Mstislav Rostropovitch, le monsieur qui a joué sur les décombres du Mur de Berlin en novembre 1989 ! Et ça, tu te doutes, ça m’a fait quelque chose.
    Pour la petite histoire, Patrick est le frère de Titi Robin, musicien plutôt connu qui donne dans la folk moyen-orientale, indienne et gitane et qui joue notamment un oud fabriqué par Patrick.
     
    Que dirais-tu à un jeune qui voudrait faire de la photographie son métier dans le monde d'aujourd'hui ? 
     
    Je ne connais pas vraiment le sujet. Devenir célèbre et vénéré en exposant dans des galeries, vivre de mon art... C'est ça mon rêve.
    En fait, le côté " métier " qui consiste à travailler sur commande, c'est vraiment pas mon truc. Tout ce que je sais, c'est que c'est compliqué de faire son trou. C'est un peu le miroir aux alouettes et la concurrence doit être féroce. Je connais pas trop mal un photographe de mariage. Pour lui, c'est de l'alimentaire. En dehors de ça il fait de bons trucs, il est créatif. mais ce ne sont pas forcément ses photos les plus créatives qui intéressent ses clients. C'est notamment lui qui me pousse à travailler sur des projets et à concevoir mes photos comme des ensembles. Le côté fric est compliqué aussi : il ne faut ni être trop exigeant, ni brader son boulot en faisant du dumping, c'est se dévaloriser et perturbant pour le marché. J'en connais aussi une qui s'est plantée probablement parce qu'elle manquait de... créativité, qu'elle n'avait pas su se démarquer de la concurrence. Et puis la période actuelle, pour les mariages...
    Photographe de presse, ça peut être un bon truc. Je connais depuis 20 ans le photographe attitré du journal municipal d'Angers, à mon avis il a une place en or !  Mais la place est prise ! Il y a aussi les pigistes qui bossent à la petite semaine pour les journaux locaux. Bof...
    Autre piste : se spécialiser dans ce qu'on aime tant qu'à faire et y devenir pointu dans son domaine, donc tenter de se rendre indispensable. Dans la photo de mode par exemple ou la photo culinaire. Mais là aussi la concurrence est  féroce évidemment et la réussite est pour le moins aléatoire.
    Mais encore une fois je sens pas du tout compétent pour être un conseil en la matière même si je n'encouragerais pas mes petits-enfants à se lancer là-dedans.
     
    En dehors de la photographie, tu as d'autres passions avouables ? 
     
    Mes autres passions… mes autres centres d’intérêt dirons-nous…
    Il y a d’abord et surtout la musique. Classique ( oui, je suis bizarre, ça se confirme ! ). J’ai horreur du métal, donc, mais je connais les neuf symphonies de Beethoven par coeur et aussi ( enfin presque ) ses 15 quatuors à cordes, sans parler de ses 32 sonates pour piano… En fait, en musique, c’est un peu comme en photo : au conservatoire on apprend la technique, le solfège, mais l’émotion passe au second plan. Ça vient après, bien plus tard, bien trop tard… Ma fille a fait 5 ans de guitare et on ne lui a jamais parlé du répertoire de l’instrument. Elle s’est arrêtée et n’en sait toujours pas plus, on ne lui a pas donné envie d’en savoir plus. Je trouve ça aberrant. Par contre, moi je suis incapable de lire une partition ni de jouer d’un instrument ! Deux planètes irréconciliables. C’est très dommage.
    Donc je prends mon pied en écoutant Youtube sur ma chaîne pendant que je suis sur mon vélo d’appartement, explorant des choses ou des interprétations que je connais pas, c’est assez génial. Je n’écoute plus beaucoup mes CD et j’ai revendu ma platine vinyle. Un peu comme avec l’argentique !
    Ce qui me glace, c’est de voir l’âge moyen du public des concerts classiques. Je fais presque partie des jeunots ! Il y a bien des tentatives de vulgarisation mais ça ne vole pas haut, on ressasse toujours les mêmes trucs genre Boléro de Ravel ( qui au demeurant est fabuleux ! ) et ça ne fait pas d’audience. Alors même que les « expériences » faites avec les gamins, même des milieux défavorisés, donnent d’excellents résultats ! Comprends pas.
    En fait je ne suis pas beaucoup allé voir ailleurs, mais le jazz c’est quand même vachement bien, surtout le côté impro qui n’existe pas en classique ( qui n’existe plus : Bach, Mozart,Chopin... la pratiquaient ). J’aime bien la chanson française, de Trénet à Bénabar et passant par Barbara et j’ai « découvert » l’autre jour Christine and the queens : très bien ! Par contre j’accroche pas du tout au rock actuel : « Téléphone » ( qui n’est plus très actuel...) ça ne me parle pas. Mais Elvis et les Beatles, ah là oui ! Certainement une question de génération… Mais je culpabilise un peu de ne pas vraiment écouter comme je fais avec le classique.
    J’essaie de temps en temps de marier photo et musique. Avec le classique c’est pas simple, même si j’ai photographié l’Orchestre des Pays de la Loire en répétition. J’ai « couvert » aussi 2 ou 3 concerts de rock et Joan Baez.
    À part ça, j’aime aussi, je l’ai déjà dit l’architecture en général, romane et gothique en particulier ( j’ai un répertoire des églises et cathédrales dans ma tête…). C’est un des mes fils rouges en photo bien sûr.
    L’histoire aussi, mais d’une façon superficielle, à laquelle j’associe la ( ma ) généalogie.
    La langue française et l’orthographe, l’étymologie, le... latin et là on me dit que je suis assez pénible…
    Les trains : je suis un frustré du train miniature alors je me rabats sur les vrais, en photo bien sûr.
    Il y a d’autres choses, mais c’est plus anecdotique.
    Je ne suis pas sportif pour deux ronds, sur sur mon vélo d’appartement, pour raison médicale…
    Ah ben si, il y a aussi la " création numérique " dont j'ai mis un petit aperçu sur le forum, pour le cas où on n'appellerait pas ça de la photo, ce que je peux concevoir ( merci de ne pas me l'avoir viré  
     
    Si tu avais un don, ce serait lequel ? 
    J'aurais bien aimé pouvoir changer le plomb en or, mais d'autres s'y sont essayé avant moi et n'y sont pas arrivé et je ne crois pas, finalement, que ce soit possible. Dommage pourtant...
     
    Quel est le plus grand défaut de Potochat ? 
    Ne pas avoir de chat. Mais je photographie ceux des voisins. 
     
    C'est bien d'essayer de s'améliorer.   Si je te dis rouge, tu penses à quoi et pourquoi ? 
    Aux fraises parce que j'aime ça et pas aux cerises parce que je n'aime pas ça.
     
    Pourquoi fréquenter un forum photo ? 
     
    Pour échanger bien sûr. Je suis toujours curieux de voir ce qui se fait ailleurs que dans ma tête pour à la fois en prendre de la graine et dispenser mes points de vue, éventuellement mes connaissances, si ça peut intéresser. Je discutais avec André33 sur un site de vulgarisation du logiciel ART et je suis allé voir quelles étaient ses fréquentations. C'est donc par hasard, sans vraiment chercher, que je suis tombé sur Forumdephotos.com . J'ai fait l'essai et pour l'instant ça me plaît. Je trouve le ton de ce site très libre, très sympa. Il y a de bonnes idées pour les " animations " ( photo de la semaine, concours...).
    Je me trouve curieusement plus libre pour parler que dans mon club. C'est plus simple de converser, de se dire des choses " en tête à tête " que dans une assemblée " physique " dans laquelle d'ailleurs les gens s'expriment plutôt moins que sur ce site. C'est curieux mais je constate. Je souhaitais, dans les avis sur les photos, notamment aller au delà du " ça me plaît " ou " ça me plaît pas ", connaître les raisons des choix des gens. Ici ça marche plutôt bien, les gens s'expriment vraiment en expliquant leurs choix et leurs goûts... qui ne sont pas forcément les miens et c'est très bien comme ça.
     
    Nous arrivons au bout de cette interview Potochat. Y a t-il un sujet dont tu veuilles parler, qu'il soit en rapport ou non avec la photographie ? 
     
    Quitte à radoter, je reviens sur ce qui est un peu mon leitmotiv, mon idée fixe.
    Il y a de « grands photographes » comme il y a des grands peintres. Ces grands peintres ne sont pas " devenus grands " par hasard. Ils ont bossé pour ça, ils ont innové pour la plupart. Libre à vous bien sûr de les aimer ou pas, de préférer tel plutôt que tel autre Mais je crois qu'il est essentiel d'en connaître et de chercher à les comprendre, à comprendre leur démarche. Ça donne des balises. Pour comprendre la Joconde, Guernica ou l’église d’Auvers, il faut avoir un minimum de connaissances. Pour les photographes c'est pareil. Lorsqu’on les a, l’émotion éprouvée est bien plus grande. En musique c’est pareil (je veux bien qu’on m’explique Jean-Louis Aubert et Téléphone  ), en architecture c'est pareil, etc.. etc...
    Le problème c’est qu’en disant ça je passe pour un élitiste. C’est pas ça du tout. Simplement, depuis ( il y a longtemps quand même ) que je fréquente des galeries, que je lis des revues, des bouquins de photos, que j’apprends, les émotions que j’éprouve sont plus grandes et je m’émeus plus souvent. Je trouve donc que c’est un bon investissement. Ceci dit, je ne dis pas non plus que je « comprends » tout ce qui s’affiche dans les galeries, que tout me plaît, mais j’essaie ! Et des fois ça marche, notamment quand on m’explique. Je ne comprenais pas un type comme Stephen Shore, par exemple, et puis un des ses fans, dans mon club, me l’a expliqué, et maintenant je suis accro! C’est un peu ( beaucoup ) comme en peinture. En outre, souvent l’oeuvre d’un photographe ne doit pas s’apprécier sur une seule photo, mais dans la cohérence de séries, de démarches, parfois de toute une vie. Et aussi, quand ça ne me plaît pas, je sais pourquoi !
    J’ai déjà dit que j’ai la prétention de manger aux deux râteliers : de faire de la photo spontanée pour le plaisir ( juste physique des fois…) de déclencher, et puis, donc de faire une photo plus « réfléchie » on va dire. La photo c’est tout ça à la fois.
    Tout ça pour dire que je voudrais réconcilier les deux mondes et si possible emmener avec moi celles et ceux qui le voudraient. Dans mon club, on a ( on avait avant le virus ) une séance par semaine au cours de laquelle il y a une séquence intitulée d’Art d’Art ( oui, le titre est pompé...) au cours de laquelle un adhérent présente en 5 minutes un photographe qu’il a découvert et qui lui a plu. Eh bien c’est une des activités qui plaît le plus ! Il y a sur la Toile quelqu’un qui fait ça très bien, je trouve, c’est Laurent Breillat : à la fois une initiation aux bases de la photo et des vidéos sur la culture photographique. Je pense que c’est assez rare. À voir ici par exemple : https://www.youtube.com/watch?v=vWC9HhqJrQs
    Je voudrais terminer en remerciant toute l’équipe de Forum de Photos pour la qualité du site, la bonne humeur contagieuse qu’ils savent introduire, de m’avoir accueilli et, donc… interviewé.
     
    C'est moi qui te remercie Potochat pour ta participation à la vie du forum photo et pour avoir accepté cette interview.  
    .................

     


  • F2P
    Pour ce mois de juin 2020, je vous propose d'en apprendre un peu plus sur l'un de nos membres : Nino-bdx.
    Photographe aux goûts très éclectiques, il participe activement dans de nombreuses rubriques du forum photo. 
    Un grand merci à lui donc d'avoir accepté de jouer le jeu de l'interview et de son implication.
    ..................
     Bonjour Nino-bdx. Je te remercie d'avoir accepté de répondre à mes questions. Peux-tu te présenter à nous et nous expliquer l'origine de ton pseudo ? 
    Bonjour. Je m’appelle Dany et ce n’est pas un diminutif. Cela fait bientôt huit années que j’ai cessé de travailler dans l’aéronautique comme technicien en électronique, donc je serai soixante-huitard cette année ( ouh, ça pique ! ). Je suis originaire d’une région qui s’appelle la Beauce vers Chartres et je réside à Bordeaux depuis plus de 45 ans, une ville que j’adore par sa situation et sa qualité de vie au point de presque renier mes origines.
    Mon pseudo est en fait tiré du surnom  ( El Nino ) qui m’a été donné il y a fort longtemps au boulot car j’étais ( j’étais ? ) facétieux comme un gamin. Donc j’aime l’humour sous toutes ses formes et je dis souvent que les gens qui ne rient jamais ne sont pas des personnes sur le sérieux desquelles on peut compter…. ce qui ne veut pas forcément dire que je suis très fiable !
    Bref je vis ma vie de retraité tranquille ( avec 4 petits enfants, tranquille ?? ) et dépense une énergie incroyable pour éviter de travailler, au grand dam de mon épouse.
     
    Depuis quand fais-tu de la photo ? Comment est née cette passion ? 
    La photo a fait partie de ma vie depuis mes premiers souvenirs, à commencer par la fameuse " Boîte à savon " le Agfa Synchro Box que mon père utilisait dans les années 50 . C’est vers l’âge de 9 ou 10 ans qu’un voisin photographe amateur m’a fait découvrir le développement, je n’oublierai jamais la magie de voir une image se former dans le bain de développement, et le virus était entré en moi .
    Bien sûr, j’ai demandé un appareil photo comme cadeau de communion à mes 11 ans, un  Kodak Starlux et c’était parti ! Avec l’argent gagné en travaillant pendant les vacances scolaires, je me suis ensuite acheté un équivalent du Rétinette 1 A , un Ferrania Lince 3 que j’ai toujours dans sa sacoche de cuir ainsi que le posemètre que j’utilisais il y peu de temps encore .
    Le travail en labo argentique est venu vers la quinzième année et à 18 ans, pause photo car j’avais d’autres centres d’intérêt. Ah ces années post 68, le rock, la libération des mœurs… !
    Ce sera vers 1975 que j’achèterai le fameux Zénit E , puis un Praktika revendu pour m’offrir le petit bijou MAT 124 G, un 6X6  Yashica que je regrette d’avoir revendu . Ensuite suivit un Konica avec des optiques et le sac fourre-tout plein est toujours dans une armoire. C’était alors la grande mode des diapos et j’en ai des boîtes et des boîtes bien à l’abri .
    Mon premier Pentax fut le MZ 6 argentique dans les années 2000 et depuis je suis resté fidèle à la marque mais il était secondé par un compact Olympus qui marchait super bien. J’ai fait un peu de résistance pour passer au numérique mais j’avais quand même acheté un petit IXUS et bien sûr l’acquisition du Pentax K 100 était inéluctable. C’était parti pour la photo numérique ! 
    Suivirent le K5 et maintenant le K1.
    Et depuis que je suis à la retraite la photo occupe 75 % de mon temps libre, on peut parler de passion dévorante…
     
    Puisque tu as touché aussi bien à l'argentique qu'au numérique, que penses-tu du monde la photo aujourd'hui ? 
    J’ai eu la chance de voir évoluer la photographie de l'époque de la chambre photographique qu’utilisaient encore pendant ma jeunesse les photographes de mariage, aux appareils numériques aux performances impensables à l’époque. 
    Pour faire le parallèle, j’ai connu la même chose en électronique où j’ai d’abord étudié les amplis à lampes et suivi les évolutions techniques jusqu’aux matériels actuels. En fait, je me rends compte que toute ma vie j’ai été obligé d’apprendre pour suivre le rythme et d’ailleurs en quelques années je me trouve largué en électronique faute d’exercer.
    Je  fais partie de ces gens qui se refusent à dire que l’évolution de la photographie ne va pas dans le bons sens et je dirai qu’il ne faut pas opposer le numérique et l’argentique, ce sont deux technologies parallèles qui n’ont pas assez d’éléments communs pour les comparer . 
    Pour faire encore un parallèle avec l’audio, on pourrait dire que rien ne remplacera en qualité les amplificateurs à lampes pour la rondeur des sons des musiques, mais à condition qu’elles soient enregistrées en analogique. C’est vrai qu’un noir et blanc numérique n’atteindra peut-être jamais cette rondeur du rendu argentique, c’est en tout cas ce que je me dis à chaque fois que je regarde un ami développer ses photos au collodion humide.
    Par contre là où la photo demande de la précision, comme par exemple la macro, le numérique est largement supérieur et puis les couleurs sont inégalables, et ne parlons pas du post traitement qui offre des possibilités inépuisables, je garde en mémoire mes films de 36 poses…
    Quand on me parle de numériser un film argentique noir et blanc pour le tirer sur une imprimante ou d’écouter un vinyle enregistré en studio numérique, je souris intérieurement tout en trouvant ça bien.
    Je trouve génial qu’avec les progrès de la technique quasiment tout le monde puisse obtenir une belle photo en automatique car cela permet à des personnes qui ont un sens artistique avéré de pouvoir l’exprimer en toute liberté, délivrées de l’obligation du savoir technique. C’est vrai que parfois j’ai un pincement au cœur en voyant de superbes images faites avec un smart phone par quelqu’un qui n’y connait rien en photo, mais je me dis qu’il y a le coup d’œil et ça pour l’instant, c’est un don artistique qui ne s’achète pas.
    Alors, moi qui ne pense pas avoir ce don, j’essaie de compenser en travaillant la technique… Finalement, je suis rarement content de mes productions alors que je peux m’extasier devant une image de qualité technique discutable mais qui transmet une émotion et où tout parait à la bonne place.
    Probablement que je referai de l’argentique mais pour l’instant, je tire satisfaction de développer mes raws sur Light Room avec un peu l’impression de faire le tirage d’une diapositive. Pour le noir et blanc c’est un peu pareil et je me refuse à utiliser les presets tout faits avec silver machin ou autres outils que je ne dénigre pas car je ne suis pas un intégriste du tout manuel.
    Pour en terminer, je souris en voyant certains se déclarer photographes professionnels parce qu'ils ont  le matériel dernier cri à coups de milliers d'euros et eu des likes sur un réseau social .Cela m'amuse beaucoup aussi de voir des jeunes découvrir l'argentique et de trouver superbes des tirages pourris ,mais là je suis bienveillant car nul doute que j'étais pareil il y a 50 ans,  c'est la magie du tirage .
     
    Étonnant que tu penses ne pas avoir de qualités artistiques... Quand on regarde tes photographies, tu es plutôt créatif. 
    Quel genre de photographes es-tu ? Qu'est ce qui te donne envie de déclencher ? 
    C’est difficile pour moi de me définir comme photographe tant mes goûts sont éclectiques et varient suivant mes états d’esprit du moment. Ce qui est sûr c’est que je suis un passionné de technique photographique et de lumière. J’ai mes périodes architecture, paysage, objets, proxiphoto, macro, pause longue, nocturnes, nature morte, lumière douce, lumière dure et tout ce qui a un rapport avec les gouttes d’eau. Mais toujours c’est avant tout la lumière qui me donne envie de faire telle ou telle prise de vue. Je déteste  être tenu de faire des photos sur un sujet défini comme c’est souvent le cas dans les clubs photo, alors je suis plutôt du genre solitaire, mais j’aime bien me fixer de temps en temps des challenges style une sortie avec une focale déterminée ou un appareil compact par exemple.
    La lumière artificielle est mon domaine de prédilection et il ne se passe pas plus d'une semaine  sans que j’aie essayé tel ou tel truc pour faire de la lumière à partir de n’importe quelle source lumineuse : le soleil, une bougie, une lampe de poche, une lampe de bureau, des flashes cobras ou du matériel de studio. Bricoleur, je peux passer des heures et des heures à concevoir et fabriquer à partir de matériaux divers, une source de lumière spécifique juste pour savoir faire en cas de besoin. Ce qui me sert parfois des mois, voire des années plus tard. Pour exemple je me limite chaque année à  une période de deux ou trois semaines de collision de
    gouttes d’eau car c’est addictif ce truc, et bien il m’a fallu 5 ans pour parfaire la technique d’éclairage de l’arrière-plan grâce à des essais faits tout au long de l’année.
    Je peux aussi passer une semaine ou deux à mettre au point un éclairage particulier pour une nature morte par exemple, oui cela m’est arrivé plusieurs fois !
    Mais je ne me prends surtout pas au sérieux car la photographie est pour moi uniquement un loisir pour m’amuser même si souvent un problème m’empêche de dormir car j’ai beaucoup de mal à déclarer forfait… têtu moi ?, fou ? … sans doute, si j’en crois mon épouse !
    Pour finir, juste un conseil : ne me branchez pas sur la lumière car je suis intarissable sur le sujet !
     
    Si, justement, on va te brancher là dessus. Où as-tu appris tout ça ? 
    Pendant longtemps comme tout photographe amateur, mon rapport avec la lumière se résumait à éviter les lumières trop dures en privilégiant les prises de vue le matin ou le soir ainsi que les périodes de l’année où le soleil n’est pas trop ardent ou bien alors alors les endroits à l’ombre. Pour les intérieurs c’était plutôt la cata quand l’utilisation du flash devenait indispensable donc le domaine était limité aux  photos de famille et basta.
    Et puis, il y a une douzaine d’années, on m’a demandé de faire des portraits en intérieur. L’utilisation de la lumière naturelle y étant limitée il a bien fallu que je me mette à l’éclairage artificiel. Tout d’abord je me suis lancé dans l’éclairage continu, plus simple à utiliser, mais avec des bricolages style spot de chantier,  etc... car le matériel spécifique est onéreux. J’ai avancé un peu mais je me suis trouvé assez vite limité par les performances et maintenant je considère que j’ai perdu presque deux années à faire du DIY selon des solutions douteuses qu’on trouve sur le net. Donc après avoir étudié la question sérieusement sur les livres et le net j’ai décidé de me lancer dans l’éclairage au flash. Achat de deux flashes cobra, de parapluies et de réflecteurs, et c’était parti pour une progression intéressante. Pas de secret il faut faire beaucoup d’exercices pour apprendre la lumière, à l’aide de tutoriels trouvés sur la toile par exemple, mais pour cela il ne faut pas compter sur les photographes professionnels français qui défendent leurs intérêts... 
    Deux ans après je passais à l’éclairage de studio avec une torche, puis deux, et un assortiment de modeleurs de lumière au fur et à mesure des besoins grandissants et des investissements dans la littérature spécialisée. La mise en lumière est devenue plus simple, l’expérience aidant et surtout avec l’aide précieuse des lampes pilotes des torches de studio qui permettent d’apprécier où seront les ombres. Et depuis  sept ans que j’ai cessé mon activité professionnelle, je travaille régulièrement la lumière sous toutes ses formes, et je m’amuse à faire de des éclairages avec n’importe quoi, une vraie addiction !
    Si je ne devais conseiller qu’un seul livre traitant le sujet ce serait : Manuel d’éclairage photo de Fil Hunter, Steven Biver et Paul Fuqua aux éditions Eyrolles, une mine d'informations !
     
    Pendant longtemps comme tout photographe amateur, mon rapport avec la lumière se résumait à éviter les lumières trop dures en privilégiant les prises de vue le matin ou le soir ainsi que les périodes de l’année où le soleil n’est pas trop ardent ou bien alors alors les endroits à l’ombre. Pour les intérieurs c’était plutôt la cata quand l’utilisation du flash devenait indispensable donc le domaine était limité aux  photos de famille et basta.
    Et puis, il y a une douzaine d’années, on m’a demandé de faire des portraits en intérieur. L’utilisation de la lumière naturelle y étant limitée il a bien fallu que je me mette à l’éclairage artificiel. Tout d’abord je me suis lancé dans l’éclairage continu, plus simple à utiliser, mais avec des bricolages style spot de chantier,  etc... car le matériel spécifique est onéreux. J’ai avancé un peu mais je me suis trouvé assez vite limité par les performances et maintenant je considère que j’ai perdu presque deux années à faire du DIY selon des solutions douteuses qu’on trouve sur le net. Donc après avoir étudié la question sérieusement sur les livres et le net j’ai décidé de me lancer dans l’éclairage au flash. Achat de deux flashes cobra, de parapluies et de réflecteurs, et c’était parti pour une progression intéressante. Pas de secret il faut faire beaucoup d’exercices pour apprendre la lumière, à l’aide de tutoriels trouvés sur la toile par exemple, mais pour cela il ne faut pas compter sur les photographes professionnels français qui défendent leurs intérêts... 
    Deux ans après je passais à l’éclairage de studio avec une torche, puis deux, et un assortiment de modeleurs de lumière au fur et à mesure des besoins grandissants et des investissements dans la littérature spécialisée. La mise en lumière est devenue plus simple, l’expérience aidant et surtout avec l’aide précieuse des lampes pilotes des torches de studio qui permettent d’apprécier où seront les ombres. Et depuis  sept ans que j’ai cessé mon activité professionnelle, je travaille régulièrement la lumière sous toutes ses formes, et je m’amuse à faire de des éclairages avec n’importe quoi, une vraie addiction !
    Si je ne devais conseiller qu’un seul livre traitant le sujet ce serait : Manuel d’éclairage photo de Fil Hunter, Steven Biver et Paul Fuqua aux éditions Eyrolles, une mine d'informations !
     
    Qu'est ce qu'une bonne photographie pour toi ? 
    Pour parler d’une " bonne photo " il faut déjà préciser quel est son domaine, sa finalité : il est évident que des photographies d’architecture, de revue botanique, de reportage, ou artistiques ne répondent pas aux mêmes critères de qualité.
    Disons que lorsque il ne s’agit pas de satisfaire à des besoins bien spécifiques nous, amateurs, faisons des photos selon des critères plutôt liés à la beauté, aux couleurs, à l’originalité, à l’émotion, à un message à faire passer.
    Une « bonne photo » s’apprécie selon deux classes de critères : les critères techniques et les critères subjectifs.
     Dans les critères techniques je retiens :
    - la qualité de la lumière
    - la composition de l’image, son équilibre, sa dynamique
    - le cadrage et si la mise au point est judicieuse pour mettre le sujet en valeur
    - bien sûr le contrôle de la netteté et du flou
    - l’absence d’éléments perturbateurs à l’arrière-plan ou en avant plan
    - l’équilibre colorimétrique qui est sans doute selon moi le critère le plus difficile à satisfaire
    Pour les critères subjectifs pas vraiment de recette : une bonne photo est techniquement réussie et c’est aussi et surtout une photo qui provoque de l’émotion au spectateur .
    Pour engendrer de l’émotion, la photo doit délivrer un message au lecteur et la bonne photo est celle qui raconte une histoire que tout le monde peut comprendre, au-delà des barrières culturelles et des langages, celle qui n’a pas besoin de titre pour être bien interprétée et c'est cela le plus difficile, la photo qui fait mouche à tous les coups .
    Bien sûr, il est impossible de plaire à tout le monde  mais personne n’a le droit de qualifier une photo de mauvaise sur de seuls critères subjectifs.
    Pour résumer, la bonne photo est pour moi celle que j’aime et qui me parle, celle qui me fait sourire, me met les larmes aux yeux ou m’émerveille.
    Je rajouterai qu’elle n’a pas besoin d’être techniquement parfaite car c’est comme pour les gens, la beauté est aussi à chercher à l’intérieur .
     
     As-tu un " rêve " photographique ? J'entends par là, une photo que tu rêverais de faire. 
    Je n’ai pas vraiment de rêve d’une photo mais l’espoir de réussir un jour certaines prises de vue qui me tiennent à cœur comme par exemple arriver à saisir parfaitement une image de tendresse et d’amour entre deux êtres, pas nécessairement des humains d’ailleurs.
    Mais par contre un fantasme oui ! : j’aimerais passer un peu de temps dans la peau d’un photographe célèbre et talentueux qui a un carnet d’adresses de modèles suffisant pour laisser libre cours à sa créativité, et avec les moyens en matériel qui vont avec…  mais pas du tout  un fantasme sexuel hein !
     
    Tu es inscrit sur le forum photo depuis le 25 décembre 2019. C'est ton cadeau de noël ?  Plus sérieusement, qu'est ce que t'apporte le fait de participer à un forum ? 
    Je suis venu comme certains que je retrouve sur ce site suite à la fermeture d'un autre lieu de partage de photos et j'ai été attiré par l'ambiance sympathique qui règne sur ce forum . Pour moi la photographie a toujours été un amusement et je ne me sentirais pas bien dans un forum où les gens se prennent au sérieux .
    J'ai mis des années à me décider à faire voir mes photos car pour moi c'est me dévoiler, toutes mes images sont faites pour moi-même à des moments correspondant à mes états d'âme . Et puis je considère rarement avoir fait une bonne photo donc un forum est en quelque sorte pour moi une thérapie, oser montrer mes images, les donner à l'appréciation d'inconnus .
    Je viens sur un forum aussi pour partager du savoir-faire que j'ai acquis au fil de mes années de pratique et de mes essais dans tous les domaines de la photo. Sans oublier d'en profiter aussi pour apprendre au contact des autres car on en a toujours à apprendre, moi en tout cas ... J'en profite pour dire que j'apprécie les participants qui disent comment ils ont fait telle ou telle photo et aussi ceux qui posent des questions, ont envie de progresser au contact des plus aguerris.
    J'espère retrouver ici l'occasion de nouer des liens amicaux avec des personnes partageant la même passion dans la bonne humeur  et aussi parler à travers les images d'autres choses que de photo, sans autre tabou que le manque de respect...
     
    Quelle est ta philosophie de vie ? 
    Philosophie de vie, une expression qui pourrait nous mener dans un long débat alors je parlerai plutôt de ce que j’appelle mon art de vivre, ce qui est déjà un peu plus restrictif. Encore faut-il que je donne ma vision de l’art de vivre : pour certains c’est la quête du bonheur absolu, pour un autre ce sera ne plus souffrir, ou d’autres avoir accompli l’œuvre de leur vie, etc...
    Pour moi l’art de vivre, c’est d’abord mettre en cohérence ses idées et sa manière de vivre, en toute éthique. Pour un contre-exemple, je citerai ceux qui disent soutenir un discours sur l’écologie et qui le plus souvent possible prennent l’avion pour aller visiter des pays à l’autre bout du monde... cherchez l’erreur …
    Vivre c’est décider à tout moment du meilleur parmi un éventail de choix et de faire les choses bien, c’est-à-dire par et pour ce qu’on estime être le bien selon ses valeurs.
    J’ai toujours envie d’élargir mes horizons mais tout en pensant à la place que je tiens dans mon monde et dans la nature, pas que je sois un écolo pur et dur mais je suis conscient que c’est ma génération qui a mis la planète dans cet état.
    J’essaie d’être quelqu’un d’ouvert, de tolérant, mais tolérance ne veut pas non plus dire laxisme, opposé à toute violence mais aussi à la lâcheté, et l’hypocrisie est un défaut que je supporte mal ( par tact je ne dis pas toujours ce que je pense, mais jamais une chose que je ne pense pas ).
    Pour faire court, j’essaie de me faire une tranquille petite vie de retraité en me faisant plaisir raisonnablement et la photo est en quelque sorte mon lâcher prise qui me sort des tracas de la vie car quand mon œil est collé au viseur plus rien d’autre ne vient troubler mon esprit.
     
    En cette période assez particulière, nos certitudes sont bousculées. Comment la vis-tu ? Quelle est ton opinion sur tout cela ?
    Aïe, la question qui tue et le sujet à éviter dans les réunions de famille par exemple !
    Je vais quand même répondre brièvement, sans trop me mouiller car c’est un sujet qui peut très rapidement dériver et passer dans le registre des convictions politiques, donc je vais rester le plus possible objectif.
    J’ai l’impression d’être devenu le vieux qui me faisait rire quand j’étais jeune si je dis que depuis les années 80, je sens la société évoluer dans un sens qui m’inquiète. « Vous êtes sur la pente savonneuse » nous disait avec emphase un prof de technologie et ça me fait encore sourire.
    Les gens me paraissent être devenus individualistes, ne plus se préoccuper que de leur bien-être matériel, d’être devenus impatients, de ne plus supporter de devoir attendre pour avoir ce qu’ils désirent et de plus les désirs montent en gamme…
    Mais je ne leur jette pas la pierre car les pensées sont formatées par les médias de tout poil et il est difficile de résister au matraquage qui passe par tous les moyens de communication, à commencer par la télé avec les émissions, les reportages et les films qui sont faits pour insidieusement ancrer des idées dans ceux qui les suivent. Je vais donner un exemple de ce qui se passe en ce moment : le covid 19 crée de sérieux problèmes pour les hébergements de vacances et bien les constructeurs de camping-cars y vont à plein tube pour l'information dans les médias. Ben oui c’est vrai ça, dans le camping-car on ne risque rien, on est protégé des contaminations ! Sauf qu’un véhicule pareil, ça coûte une blinde ! Mais ça va marcher, j’en suis persuadé car les banques feront plus facilement un crédit à un acheteur de ce genre de produit qu’à une petite entreprise qui risque de couler sans un apport de trésorerie pour passer le cap de la crise en cours.
    Le phénomène n’est pas nouveau, la pub existe depuis longtemps mais elle est devenue plus pernicieuse, plus sournoise, elle est maintenant le fruit de la recherche sur les comportements humains à diverses sollicitations. Non, je ne soutiens pas les théories de complot mais je suis très vigilant concernant tout ce qu’on nous prépare psychologiquement à avaler.
    Comme beaucoup, j’ai l’impression qu’on nous ment en permanence et en finalité les gens finissent par se mentir à eux-mêmes et advienne que pourra.
    Un phénomène qui me préoccupe beaucoup : c’est l’importance que devient le groupe bien connu de vente par internet. Si les gens ne réagissent pas rapidement, ce géant aura le monopole du marché de tous les biens de consommation, et qui dit monopole… C’est vrai que c’est la facilité, on a besoin d’un produit, on va le trouver chez eux d’un click et on l’aura reçu dans les deux ou trois jours et souvent à moins cher mais pas toujours. Et tant pis pour les magasins de vente et leurs employés et plus indirectement tant pis pour les fabricants qui ne sont pas retenus par cette société. En ne faisant pas l’effort de chercher ailleurs, on condamne toutes ces entités qui elles, respectent les droits des travailleurs. J’ai bien peur qu’il soit trop tard car déjà cette hydre tentaculaire est devenue plus puissante que les gouvernements et échappe à toutes les lois et même défie les gouvernements, nous en avons un parfait exemple en France.
    Allez, j’arrête, tout n’est pas si noir car il y a encore de l’entraide dans notre pays, de la reconnaissance, je parle pour les personnels soignants. Quoique j’attends de voir comment réagiront les gens qui acclamaient tous les soirs les personnels hospitaliers quand ils défileront dans la rue et les empêcheront d’aller au boulot ou se promener… j’espère me tromper mais je ne suis pas persuadé de la mémoire collective…
    Et zut, vous allez croire que je suis un pessimiste, mais non car il y a des jeunes qui se rendent compte de ce qui se passe , ils ne sont pas plus cons que les vieux les jeunes et puis franchement ma génération n’a pas fait partie des plus malins, tout ça nous l’avons laissé s’installer et le pire c’est que parfois en connaissance de cause  !
     Pour ne parler que du confinement, j'ai la chance d'avoir  un petit  jardin et des petits commerces à proximité que j'ai toujours fait travailler donc finalement je l'ai bien supporté... Mais bon il était temps que ça s'arrête ! 
    J'ai une grande reconnaissance pour tous ceux qui ont continué à travailler pendant cette période pour nous permettre de vivre décemment et bien sûr à tous les personnels soignants au péril de leur vie et ils l'ont payé cher... 
     
    Je ne peux qu'être d'accord avec toi. Avant de te laisser repartir faire de la photo, j'aurais aimé savoir si tu avais d'autres passions ?
     
    Ah les passions… dire que j’ai des passions n’est pas totalement vrai, disons que j’ai vécu dans ma vie des passions exclusives comme toute véritable passion, alors je vais dire que depuis que je suis à la retraite, je vis ma passion de la photographie à presque 100 % . J’ai eu dans le passé une grande passion pour la moto, à tel point que je n’ai passé le permis voiture que très tard, à la naissance de mon second enfant, c’était lui ou un side-car… C’est la raison et mes problèmes articulaires qui ont  étouffé cette passion qui est devenue secondaire si je puis dire. La raison est venue il y a une dizaine d’années, après une balade à moto avec mon fils qui me suivait sur la sienne et qui, lors d’un petit arrêt après avoir enroulé des petits virolos me dit " t’es dingue papa !  t’as vu comment tu prends des risques ? j’ai failli me vautrer plusieurs fois à te suivre !! " . Ce jour-là j’ai compris qu’il était temps que j’arrête car jamais je ne saurai me discipliner à rouler comme un papy, ma femme qui ne voulait plus monter à moto avait raison .
    Puis il y a eu aussi la pêche à la ligne en rivière, la pêche au coup avec des cannes dépassant les 14 m et la pêche à la mouche. Paradoxalement, arrivé à la retraite je n’ai plus eu le temps ni l’envie de m’y adonner à fond, sans doute pas envie de ressembler à un retraité…
    La lecture et le cinéma font partie de mes passions secondaires. Le cinéma exclusivement en salle car j’adore l’ambiance étouffée qui y règne, les réactions du public, le partage des émotions qu’on sent palpables. En ce moment je me contente du petit écran… pfff
    Pour la lecture, pas de polars à part juste les livres de Fred Vargas, avec une préférence pour les romans historiques mais aussi pour les auteurs poétiques et bien sûr la littérature photographique. Par périodes je rassemble des petites notes rédigées sur des bouts de papier à la volée pour en faire des poèmes.
    Et puis je passe pas mal de temps à étudier sur tous les domaines car mon rêve serait de posséder le savoir universel, mais à mon grand regret la mémorisation a de plus en plus de mal à suivre…
    Et bien sûr je profite un maximum de mes quatre petits-enfants que je regarde grandir  avec bienveillance en me disant que les années passent bien vite …
     
    Il ne me reste qu'à te remercier d'avoir accepté de répondre à ces questions. Veux-tu ajouter quelque chose pour les membres et les visiteurs qui te liront ?
    Tout d'abord merci à toute l'équipe qui a créé ce site sympathique et l'anime tous les jours, ce qui est à souligner car c'est rare .Et il faut aussi remercier les photographes qui partagent leurs photos et prennent le temps de commenter celles des autres en toute sympathie . Souhaitons que cet état d'esprit dure encore longtemps pour le plaisir de tous.
     

     


  • F2P
    Pour ce moi de mai 2020, Forumdephotos.com vous propose de faire plus ample connaissance avec l'un de nos membres : Gups. 
    Grand amoureux de la nature, il nous régale de ces photographies animalières prises en milieu naturel. 
    Un grand merci à lui de sa participation active sur le forum et d'avoir bien voulu répondre à mes questions.
    ...............
    Bonjour Gups. Je te remercie d'avoir accepté cette interview. Peux-tu te présenter à nous et nous expliquer d'où vient ton pseudo ? 
     
    Bonjour Nikita,
    Mon prénom est Stef. J'habites aux abords d'Autun, une petite ville en Saône et Loire aux portes du Morvan. J'ai toujours vécu à la campagne parcourant les bois de long en large et en travers et ça depuis 1/2 siècle.
    Mon pseudo me vient d'un ami qui me la donné il y a environ 35 ans, ça date déjà.  À cette époque, on appelait ça un surnom car le web n'existait pas.
    Je me suis offert mon premier reflex il y a 11 ans maintenant, mais l'idée d'un gros téléobjectif monté sur un reflex me trottait dans la tête depuis minot. Je rêvais déjà de mettre en boite toute la faune que j'adorais observer, mais faute de moyen, je me contentais de paire de jumelles.
     
    Depuis quand fais-tu de la photographie ? Comment est née cette passion ?
     
    J'ai commencé la photo en 2009, après des soucis de santé, j'ai du vendre ma moto et avec l'argent, je me suis offert mon premier reflex, un Sony A290 et un objectif 70/300 Sigma avec lequel j'ai fait mes armes pendant près de 7 ans.
    Ma passion pour la photo vient en fait de Dame Nature, de l'animalier, de l'approche des animaux, de l'affût et de l'observation. J'ai toujours été fasciné par les oiseaux.
    Gamin déjà, je passais des heures le nez collé aux carreaux à observer les mésanges et autres oiseaux qui venaient picorer ce que j'avais à leur donner.  Depuis, rien n'a changé, je passe la majorité de mon temps libre en forêt, APN en bandoulière...
     
    En dehors de la photographie animalière, il y a d'autres domaines qui t'intéressent et que tu pratiques ? 
    En fait, pas grand choses d'autres. Je vis ma passion à fond et ça me va très bien. Je joue un peu de guitare depuis 30 ans. Je m'occupe dehors dans le jardin, je bricoles des trucs inutiles.
     
    Quand tu critiques une photo sur le forum, qu'est ce qui prime pour toi ?
    J'aime quand une photo me parle, me raconte une histoire, me fait voyager, ce que je suis bien incapable de faire.
    Le travail réalisé pour obtenir un bon cliché m' intéresse aussi. Une photo prise à la va vite sans recherche m'attire moins, mis à part quelques exceptions bien sur...
     
    Parlons justement du travail photographique, le tien en l'occurrence. Tu es plutôt un photographe instinctif ou quelqu'un qui prépare tout à l'avance ? 
    En règle générale, je prépare mes sorties et vise une espèce bien précise aperçue quelques temps avant lors d'une billebaude. Aussi, tous les ans, je me fixe 2/3 objectifs et essaie de m'y tenir tout au long de l'année. J'aime suivre une espèce et en apprendre un maximum sur elle.
    Ce qui me plait le plus est la recherche de l'animal convoité et obtenir un bon cliché est la cerise sur le gâteau. Cette année je m'étais fixé comme objectif, le Chat sauvage et la Martre des pins, mais confinement oblige, ce sera pour l'année prochaine...
     
     Il faut être très patient pour faire ça. Combien de temps es-tu capable d' attendre ton sujet ?
    Mes affûts excèdent rarement plus de 6 heures. Ce qui me prend le plus de temps est la recherche du sujet ensuite vient l'approche et enfin l'affût pour finir à rechercher des situations bien précises. Tout ça me prend un temps fou.
    Certaines recherches ont duré des années. Je prends exemple de la Chevêche d'Athéna, une chouette de la taille d'un Merle qui ne chante qu'un mois dans l'année, trouver son trou m'a pris près de 5 ans.
    L'accouplement du Chevreuil, en sachant que la Chevrette n'est féconde que 3 jours par an, m'a pris près de 8 année. 
    Alors oui, je pense être patient,  voir même un peu barré...
     
    Ah oui quand même ! C'est plus que de la patience à ce niveau là. Avec la situation actuelle, tu dois être sur les dents. Parlons-en justement. Comment vis-tu cette période de confinement ? 
     
    Je vis cette période plutôt sereinement. J'ai la chance d'habiter en campagne, d'avoir du terrain et de pouvoir m'évader quelques temps dans les bois.
    Ce qui me manque le plus, est de traîner aux abords des rivières, des lacs, de faire de long affûts. Pour l'animalier, le printemps est une superbe saison où les oiseaux reviennent de migration, les mammifères se définissent un territoire, les naissances commencent et la lumière est superbe, mais ce n'est que partie remise...
    Ce virus est une belle saloperie, mais je pense faire partie des privilégiés. On vit tous une période difficile, il faut prendre son mal en patience, après la pluie, vient le beau temps...
     
    En effet. Revenons à la photo. Tu aurais aimé en faire ton métier ? Faire des expositions ? 
    Faire des expos, oui j'aimerais bien. Avoir une petite notoriété est plutôt sympa, ça flatterait mon égo.
    En faire mon métier, il est sur que ce serait plus agréable que de faire les 3x8 en usine, ce que je fait depuis plus de 30 ans, mais à coté de ça, je pense que je me perdrais à en faire mon métier. Ma passion se transformerait en obligation et ça, non.
     
    Tu participes au forum photo depuis le premier février 2020. Pourquoi t'y être inscrit ? Qu'est ce que cela t'apporte ? 
    Je me suis inscrit sur le forum pour avoir des avis de personnes qui aiment et connaissent la photo. De ses propres images, on ne voit pas tout. On se concentre sur le sujet principal en en oubliant le reste. Des avis extérieurs m'ouvrent les yeux sur la qualité ou non des mes images.
    Voir les photos des autres adhérents me permet aussi de m'améliorer. Certains ici font des clichés magnifiques que j'envie et ça me tire vers l'avant. 
    De plus ce forum est très sympa avec une superbe participation et vous y êtes pour beaucoup, alors Bravo à toute l'équipe de Forum photo.
     
    Merci beaucoup pour le forum. Un bon photographe, c'est quoi pour toi ?
    Un bon photographe est quelqu'un qui sait tirer partie de toute les situations et est capable de les sublime. 
    Quelqu'un qui voit au delà de ce que voit le commun des mortels, quelqu'un qui arrive à raconter une histoire rien avec une image.
    Je pense qu'un bon photographe est avant tout, un Rêveur....
     
    Nous arrivons à la fin de cette interview Gups. Y a t-il un sujet que tu veuilles aborder, qu'il soit en rapport ou non avec la photographie ?
    Tout a été dit je pense, juste que je ne me considère pas comme un photographe animalier, mais plus comme un naturaliste amateur qui fait de la photo.
    J'aimerais aussi m'excuser auprès des autres adhérents de ne pas commenter leurs photos dans les autres rubriques, mais malheureusement par manque de temps, je ne passe que très peu de temps sur la toile, et c'est toujours la course.
    Vous en savez maintenant un peu plus sur moi, à mon tour de vous découvrir grâce à vos clichés.
    Merci...
    Merci encore d'avoir accepté de participer à cette interview Gups et de ta présence sur le forum photo

     


  • F2P
    Pour ce mois d'avril 2020, je vous propose d'en apprendre un peu plus sur Paced, l'un de nos membres les plus actifs sur le forum photo. 
    Touchant à tous les domaines photographiques et participant dans de nombreuses rubriques, Il a su se faire une place très vite grâce à ses critiques toujours constructives, son sens de l'humour et sa convivialité. 
    Un grand merci à lui donc pour sa participation à la vie du forum et pour avoir accepté de participer à cette interview. 
    .................
     Bonjour Paced. Tout d'abord, je te remercie d'avoir accepté cette interview. Peux-tu te présenter aux membres et nous expliquer d'où vient ton pseudo ? 
     
    Bonjour ,
    Pour répondre simplement à la première question, mon prénom est Patrice . Je suis  fonctionnaire retraité ( encore un ... ), j'ai 67 ans, toutes mes dents, originaire de Strasbourg. Je réside dans les Vosges avec ma compagne, dans notre maison située un peu en hauteur,  en lisière de forêts de sapins, avec vue sur la vallée vosgienne.
    J'aime beaucoup l'humour et j'évite si possible les gens constamment négatifs.
    Mon pseudo est très simple :  je l'ai composé en partie de mon prénom et une partie du prénom de mon fils.
    En ce qui concerne mon avatar, comme vous devez le deviner, j'aime l'aviation. D'ailleurs j'ai été militaire dans l'armée de l'air. Je suis un retraité avec beaucoup d'activités, notamment sportives.
     
    À quel moment t'es venue cette passion pour la photographie ? 
     
    En fait c'était d'abord par curiosité. Lorsque j'avais environ une douzaine d'années, mon père faisait de temps des photos et les développait .Pour ce faire il s'enfermait dans un  petit débarras emménagé en '' labo ''  photo, qui faisait environ 1,50m de large sur 2,00m de long. Il n'y avait pas grand chose, un agrandisseur de base, et trois cuvettes ( révélateur, fixateur et rinçage ) Et bien sûr, le papier photo.  
    Un jour comme il pleuvait, mon père me dit : " Tu n'aurais pas envie de voir comment on développe des photos  de toutes façon dehors il pleut... " À l'époque il n'était pas question de télé dans la journée, de plus je crois qu'à l'époque il n'y avait que trois chaînes.
    J'ai donc assisté à son travail.  Du coup j'avais aussi envie de développer mais pour développer il fallait faire des photos. Au début '' j'empruntais ''  celui de mon père, un vieil Agfa avec des pellicules de 120. Bien sûr les prises étaient catastrophiques, au début. Et comme à force cela devenait un peu cher car au début les prises étaient ratés pour différentes raisons. Il fallait racheter des pellicules et du papier et les produits pour développer. Il n'y avait pas encore de numériques.
    Par la suite, on m'a offert un petit appareil photo. À l'époque, il existait des touts petits rectangulaires  les pockets, puis arriva les polaroïds . À partir de là, je ne faisais que des photos avec le Polaroïd. Puis arriva une période où je n'avais plus envie de faire des photos. Je passais donc à autre chose.
    Quelques années après, je me suis acheté un Canon '' argentique '' et je recommençai à faire des photos de temps en temps et à les développer.
    Puis La vie prenant le dessus, la famille, le travail, etc... j'ai arrêté  à nouveau pour reprendre il y a une dizaine d'années, suite à mon cadeau d'anniversaire où ma femme m'avait acheté un autre appareil numérique.  À cette époque, j'avais aussi découvert un site de photos qui m'a beaucoup aidé et que je viens de quitter récemment pour les raisons que je vous avais cité dans ma présentation.
    En complément à ce site, je me suis bien sûr acheté des bouquins concernant les techniques de photos, notamment celui de Scott BELBY.
    Voilà un peu d'où vient  ma passion de la photo et son cheminement.
     
    Tu as des domaines de prédilection ?
    Non, je n'ai pas particulièrement de domaine, c'est en fonction de mon humeur du jour...
    Cela peut être une photo animalière, sportive, portrait ,scène de rue etc... Ce qui m'oblige  à travailler différemment à chaque fois, et à revoir les techniques, donc me permettre de progresser régulièrement.
    Par contre, j'aime bien essayer de trouver des choses qui sortent de l'ordinaire. J'essaye aussi au moment de prendre la photo ( dans la mesure des possibilités ) de tourner autour du sujet pour essayer de trouver le meilleur angle mais un angle qui lui aussi sort de l'ordinaire. 
    Ce qui me tenterai aussi c'est de faire des photos de nu artistique  ( sans vulgarité et plutôt  sensuelles douces, sobres et  qui mettent en valeur. ) Mais ce n'est pas évident de trouver des modèles qui conviennent .Et souvent, si elles conviennent, elles n'osent pas ou ne veulent pas être exposées sur un site  de photos où autres, ce que je peux très bien comprendre ( c'est le cas de ma compagne )? Je n'ai pas pour habitude  de forcer les choses, je préfère la manière douce, donc je respecte ce choix, et je laisse tomber. Il y a tellement d'autres sujet à photographier que ce n'est pas un problème pour moi.
     
    Tu passes beaucoup de temps en post traitement ? 
    En ce qui concerne le post-traitement des photos, c'est rare que je l'utilise. J'essaye dès le départ de faire de mon mieux pour réussir '' la '' photo. Et si je m'aperçois qu'il y a vraiment un gros défaut que je n'ai pas vu, je le corrige.
    Par exemple, un objet, un brin d'herbe, ou d'autres facteurs qui parasitent la photo. Dans ce cas, j'essaye de rectifier le tir.
    Mais c'est très rare. Il est même des moments où je post tel quel avec le défaut... ( personne n'est parfait ).  Ou alors dans de rares cas, pour des montages humoristiques.  
    Je pense que le traitement  est très bien pour certaines photos où vraiment il faut qu'elles soient nickelles. Par exemple, celles des mariages, pour certains il est le plus beau jour de leur vie et pour celui qui prend la photo elle risque d'être la pire parce qu'on à pas de seconde chance, la photo doit être réussie du premier coup. Je ne pense pas qu'on pardonnera ces ratés, de même qu'une panne de l'appareil photo . Si on veut augmenter notre espérance de vie, on a intérêt à ne pas rater ces photos. Donc c'est un cas où je conçois utiliser le traitement si nécessaire.
    Je pense qu'il est aussi important de se préparer aux photos qu'on souhaite faire, vérification des réglages de l'APN ou argentique , photos d'intérieur, extérieur, photos sportives, animalières, de rue etc... À moins qu'on ne choisisse la solution de la facilité, on laisse le réglage sur automatique et on rectifie par la suite part post traitement si nécessaire... Bref, ce que la plupart d'entre nous savent déjà...
    Voilà un peu mon point de vue sur le Post traitement.
     
     Quand tu regardes une photographie, qu'est ce qui passe avant tout pour toi ? La technique ou le sujet ? 
    Très bonne question, merci de l'avoir posée. Je reviens dans une heure....
    Bon restons sérieux. La première chose que je regarde, c'est  la photo dans sa globalité, puis  le sujet, parce que  je pense ( en ce qui me concerne ) qu'une photo doit parler, faire ressentir une émotion, raconter une histoire. Après bien sur, je regarde la technique  utilisée.
    Y a t-il eu traitement, l'angle de prise de vue est-il judicieux, le cadrage correspond t-il  à la situation, y t-il des éléments parasites, les couleurs  sont-elles douces ou  trop saturées, la luminosité, etc... Bref, tout ce qui peut faire  à ce que ce soit une belle photo ou....pas.
    En tous cas chaque photo que je vois me permet également  de me faire une idée comment les autres collègues travaillent. Ce qui est bien sûr bénéfique  pour progresser régulièrement et doucement... À condition de rester humble, et de savoir accepter les conseils avisés.
     
     Justement, y a t-il des photographes, amateurs ou " professionnels " qui t'inspirent ? Dont tu admires particulièrement le travail ? 
     
    En fait pour l'inspiration, j'essaye de la trouver par moi même.  Néanmoins, il est vrai que parmi les professionnels que j'aime bien, il me vient à l'esprit sans trop réfléchir, David Hamilton, pour ses flous de surface. Yan hartus Bertrand, pour ses photos reportages, et bien sûr Robert Doisneau pour ses photos de rue.
    Je pense que le mot " inspire " est bien choisi, car il y a beaucoup de gens qui '' singent '' les professionnels  ou des amateurs, en  se prenant pour eux. Mais on sait bien qu'une copie ne vaut  pas l'original. D'ailleurs je dirais même des " eux " il y en plein, mais des " moi " il n'y en a qu'un.
    Et si ces personnes sont devenus célèbres, c'est par le travail, l'assiduité, de la passion qui les anime et bien sûr, il y a aussi une grande partie de chance pour être publié. Lorsque je dis j'essaye de m'inspirer par moi même, je veux dire, que j'essaye de mettre ma patte personnelle afin que les gens qui me connaissent puissent reconnaître une de mes photos sans voir mon nom apparaître. Mais mettre sa patte personnelle est assez difficile. Cela signifie pour moi avoir son propre style ( lieux , événements, maîtriser techniquement etc...), savoir faire parler une photo au premier coup d'œil afin qu'elle communique direct une émotion sans avoir à mettre un commentaire et je ne pense pas y être parvenu à ce jour. Je tiens également à rajouter qu'il n'est pas nécessaire d'être un professionnel pour faire de belles photos. La preuve en est avec ce forum où la plupart des photographes ont de superbes photos dont on pourrait s'inspirer.
    Ce n'est pas non plus  parce que l'on a un Appareil photo  onéreux qu'on fait de meilleurs  clichés que d'autres personnes ( je parle de la prise de vue ). Un bon appareil ne fait pas forcément un bon photographe...
    Le secret, c'est le travail et la passion. La personne n'ayant pas les moyens de s'acheter un appareil haut de gamme, pourra avec un simple appareil faire de belles photos s'elle respecte certaines règles, ( bien sûr en fonction de ce qu'on veut faire avec les photos, le rendu ne sera techniquement pas pareil ). Néanmoins, l'image par elle même sera présentable. Je pars du principe que rien n'est acquis. Il faut travailler, mettre de l'assiduité et de la passion dans ce que l'on fait. Et surtout règle d'or qu'il souvent difficile à respecter : Faire quelque chose lorsque l'on en a envie ( si on peut se le permettre ), parce que si l'on fait par obligation, le résultat ne sera que très rarement celui qu'on attendait. Chose que je mets en pratique même dans la vie courante.
    Je terminerai sur cette question par un proverbe chinois :
    Soigne ton corps afin que ton âme ai envie d'y rester. Autrement dit soigne ta passion pour avoir envie de continuer.
     
    Justement, en parlant de passion, tu as d'autres en dehors de la photo ?
     
    Oui, j'en ai pas mal d'autres, comme par exemple : l'aviation. Il y quelques années, je pilotais encore, maintenant, je pratique l'aéro-modélisme, la pêche, mais no kill ( je pêche avec des hameçons sans ardillons ce qui  ne blesse pas le poisson et me permet de le remettre à l'eau sans qu'il meurt ). J'enseigne le judo, le Jiu jitsu,le taiso ( préparation physique aux arts martiaux ). Je pratique et enseigne également le Qi Gong thérapeutique, un des points les plus fort de la médecine traditionnelle chinoise. Pratiquant le Feng Shui, je  fais des analyses sur plan et sur le terrain. De la géo-biologie ( réseaux telluriques, cours d'eau souterrains ), les points nocifs, comme par exemple, l'électro-magnétisme etc... Bref la santé de la maison et de ses occupants ...
    Entre temps, il y a le bricolage dans ma maison, les promenades en forêt. Je n'ai qu'à sortir de chez moi et parcourir 200 mètres.  Je suis en bordure des forêts vosgiennes. Je suis toujours très occupé. 
    En  dehors de ces activités, Je suis aussi un peu gourmand ( mais raisonnable).  J'aime aller de temps en temps  faire de bons restos, ou auberges. On ne vit qu'une fois, il faut en profiter...
    S'il n'y a pas de priorités, je m'occupe en fonction de mes envies du jour.
    Tu es très actif en effet. Quel est ton regard sur le monde d'aujourd'hui ? 
     
    Houlalaha, il y a beaucoup de chose à dire. Je vais essayer d'être assez bref ( car mon défaut est qu'à partir du moment où je commence à répondre par écrit, je ne m'arrête plus car les mots et les phrases se bousculent rapidement... J'aurais peut être dû me lancer comme écrivain ).
    Pour en revenir à ta question, il faut dire que  depuis une trentaine d'années, je ne me reconnais de moins en moins dans ce monde. Et aujourd'hui, j'ai l'impression de débarquer. Je me sens pas du tout à ma place... Il me semble qu'il n'y que le paraître qui compte pour la majorité des gens. On veut nous conduire comme un troupeau d'ânes, en essayant de nous aseptiser le cerveau avec différentes méthodes. C'est un monde égoïste, une terrible jungle. Il y de plus en plus de violence, de plus en plus de corruption, où il n'y a que le profit qui compte, sans tenir compte  des sentiments humains, de la nature, etc... il faudrait que tout le monde soit parfait. 
    Mais on est tous des êtres avec des besoins différents. On ne tient malheureusement plus  vraiment compte des malheureux, des faibles, des malades, des pauvres de leurs difficultés etc... Qui bien souvent restent dans leur coin sans oser se manifester. J'ai même l'impression qu'on essaye indirectement d'éliminer de façon détournée cette catégorie de population. Tu es fort et tu suis ou  tu es faible et tu restes sur le carreau....
    Et je ne parle même pas des fainéants qui n'ont jamais rien apporté et profitent de la société sans être vraiment inquiétés.
    Il n'y a plus d'état d'âme. On fait  beaucoup de promesses pour rester politiquement correct, mais en réalité, tout le monde s'en fout et ne pense qu'à s'enrichir sur le dos de l'autre.
    On est dans une société d'égoïstes  et de lèches bottes. On nous ment régulièrement. Il n'y a plus de respect pour rien. J'aurais encore beaucoup de choses à dire mais ce n'est pas le lieu pour le faire... 
    Pour abréger et finir sur une note positive, heureusement qu'il y a encore de bonnes âmes qui essaient de faire du mieux qu'ils peuvent leur boulot  en se dévouant corps et âme, en espérant mieux. Et malheureusement ces gens, on en parle pas... Du fond du cœur, un grand  bravo à ces personnes.
     
    Qu'est ce que le forum t'apporte ? Pourquoi t'y être inscrit ? 
     
    Pourquoi m'inscrire à ce forum ?  
    Tout d'abord avant de m'inscrire à ce forum, il faut savoir que j'étais pendant dix ans sur autre forum qui fonctionnait pratiquement de la même manière que celui ci avec la même présentation à peu de choses près. Depuis plusieurs semaines, cet ancien forum commençait à avoir des bugs de plus en plus nombreux, on avait pas d'explications et on ne pouvait pratiquement plus poster. Un coup cela marchait, puis ça ne ne marchait plus. Le forum déclinait de plus en plus....  Il y avait une bonne ambiance et après quelques années, il y avait des liens qui s'étaient crées. À contre cœur, je décidai de voir ailleurs et comme par hasard ( ouspsss le hasard n'existe pas...) je suis tombé sur ce forum qui comme je l'ai dit plus haut, se présentait presque de la même manière que l'ancien. C'était un signe... ( dans la vie on reçoit souvent des signes mais on ne fait pas assez attention). J'ai donc décidé de faire un tour d'horizon. La présentation me plaisait bien, l'ambiance paraissait sympathique et après un petit temps d'observation et de réflexion, j'ai décidé de m'inscrire.
    Que me rapporte ce forum ? Tout simplement je pense qu'il me permettra d'échanger cette passion de la photo  avec d'autres personnes, en toute simplicité, sans se prendre la tête, en essayant de rester chacun à sa place et en aidant les moins bons avec des conseils, des expériences, pour les rendre meilleurs au lieu de les casser.
    Je m'explique pourquoi j'utilise le mot '' casser '' :  Il y a une catégorie de gens dont je ne fais pas du tout partie. Comme par exemple, ceux qui  se la pètent et cassent les autres car ils croient que parce qu'ils sont un peu ou beaucoup connus, ou  qu'ils ont de belles techniques et connaissances en photo, ils peuvent se permettre de casser les autres au lieu de leur faire profiter de leurs connaissances.
    D'autres part, il y a aussi ceux qui postent juste pour avoir les bottes cirées en ignorant volontairement les autres participants, ou ne laissent jamais aucun commentaire  nulle part.
    Je conçois qu'on ne peut pas aimer toutes les rubriques, néanmoins un forum c'est avant tout un échange. Par conséquent, j'estime que la moindre des choses pour le respect des autres participants qui partagent la même passion, qu' il est normal de s'arrêter au moins de temps sur une photo afin de donner son avis sincère, qu'il soit bon ou mauvais.
    C'est en étant sincère qu'on aide la personne. Bien sûr, il y a ceux qui n'acceptent pas les suggestions constructives. Mais il y a aussi une manière de passer ce message ( il y des gens timides, sensibles aux réflexions etc... J'en reviens à ceux qui cassent volontairement et avec plaisir ), qui heureusement, sont très rares.
    Pour finir sur cette question, ce forum, me permet ( en principe ) aussi d'échanger avec d'autres personnes, en ayant leurs avis, même de rigoler avec eux à travers des réflexions ( sans se moquer méchamment .) Bref, de créer entre nous une ambiance de potes qui partagent une même passion en mélangeant humour, technique, et entre-aide. Pardon pour mon langage un peu cru, dans le dernier paragraphe, mais je suis quelqu'un  qui n'aime pas tourner autour du pot.
     
    Tu es pardonné. D'autant plus que la sincérité est appréciée sur le forum photo.
    Est-ce qu'il y a quelque chose que tu aimerais voir figurer sur le forum que l'on ne trouve pas actuellement ?
     
    En ce qui me concerne, Je ne vois pas ce qui pourrait être rajouté à ce forum.
    Il est bien présenté, il y a des rubriques qui correspondent à toutes les attentes. D'ailleurs si on veut regarder un peu tout, on y passe beaucoup de temps. Ce qui prouve que c'est intéressant.  
    On voit qu'il à été préparé avec soin et bien réfléchi. Que cela a certainement coûté beaucoup d'investissement personnel et d'heures de travail. Le  +  la " Boss " et les modérateurs qui  visitent régulièrement les rubriques .
    Bravo à toute cette équipe.
     
    Merci je transmettrai au staff, s'ils sont sages. Y a t-il un sujet spécifique que tu aimerais aborder lors de cette interview ?
     
    Mes petites méninges se bousculent pour trouver quelque chose.......????
    Peut être sur le comportement... Une petite phrase  pour synthétiser tout ça.
    Chers passionnés du déclencheur, continuez à poster vos photos sur ce site, toujours dans l'esprit de partage et d'entre-aide, d'humilité. Soyez indulgent avec ceux qui apprennent. Chaque personne est unique. Avec des goûts  et une vision différente ( comme je dis toujours même le chêne un jour a été un gland ), et bien sûr, un petit brin d'humour de temps en temps ne fait pas de mal. Au plaisir de vous retrouver tous sur le forum.
     
    Actualité oblige. J'aimerais que tu nous fasses part de ton regard sur ce qui ce passe actuellement avec cette pandémie due au covid19. 
    Mon regard est très bref mais en dit long... ( et je ne parle pas de l'origine réel du virus, ce qui est un autre débat ).
    Tout d'abord, il y un sentiment de colère par rapport à la négligence de l'état, leur laxisme au départ, des décisions souvent incohérentes ( les exemples sont nombreux )  et pour certains, leur totale incompétence ( je dirais même plus grave, des incompétents inconscients de leur incompétence), qui préfèrent écouter leur ego et mettre en avant leur intérêt électoral plutôt que d'écouter les conseils avisés de spécialises.
    Même si par la suite, ils ont écouté quelques conseils, c'était déjà un peu tard... Comme dirait le proverbe : ce n'est pas au moment où tu as fait dans ton pantalon qu'il faut penser à le descendre, il fallait y penser avant.
    Il y a aussi le fait que des milliers de masques ont été détruits volontairement  et qu'il a été décidé de ne plus les reproduire par pure économie. C'est pour moi une négligence inimaginable, impardonnable, car pour gouverner, il faut prévoir le pire afin d'être prêt ( ne dit on pas qu'il faut montrer sa force pour ne pas avoir à l'utiliser? ) Cette faute impardonnable met en danger tous les services de santé censés nous aider, met en péril ses acteurs et patients. C'est totalement un manque de respect vis à vis de tous ces personnels qui se donnent corps et âme pour aider les gens en détresse. Et de fait cette négligence va entraîner la paralysie du pays avec tous les problèmes qu'on connait.
    À une échelle moins grave, c'est comme si on disait à un reporter photographe : " va faire ton reportage ( si c'est un appareil photo argentique), mais on n'a pas de films à te donner, débrouille toi ou alors si c'est un " numérique " :  on a plus d'appareil photo, essaie avec ton téléphone portable...
    Ensuite il a y également le comportement intolérable d'une certaine catégorie de personnes qui se croient au dessus des règles ( il n'y a qu'a regarder les infos ) en pensant qu'ils ne sont pas concernés. Mais en oubliant qu'en réagissant de la sorte, qu'ils mettent en danger d'autres personnes. Et bien sûr, ceux qui en allant faire leurs courses se battraient pour un rouleau de papier cul, en remplissant leur chariot à outrance. Comme apparemment c'était le cas d'une personne qui acheté plus de 700 boites de conserves... À méditer, la connerie des gens.
    Ce qui est malheureux, c'est que maintenant ( heureusement pas tout le monde ) on vit dans un monde de cupidité, de violence, d'individualisme, d'égoïsme. Où le paraître semble plus important que le naturel. Pour la généralité, il faut absolument s'enrichir de plus en plus, même au détriment de la santé et du respect de l'être humain et  en oubliant ceux qui sont dans la détresse et restent dans le silence de peur de déranger....
    Au lieu de vivre en harmonie avec la terre qui nous héberge, on la détruit inexorablement. Mais, je crois que la terre se venge. Elle commence à se débarrasser de nous comme un chien qui secoue ses puces ( tsunami, changement climatique, tremblements de terre etc...)
    Je pense que l'homme est devenu un vrai parasite pour la terre et pour l'homme lui même. La terre n'a pas besoin de nous, elle se suffit à elle même . Mais l'être humain a besoin de la terre. Respectons cette terre, elle nous le rendra et respectons la race humaine afin essayer de trouver un équilibre harmonieux avec la nature et l'homme.
    Je finis par cette citation  faite par Sitting Bull un célèbre chef de guerre indien qui disait : " Quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière empoisonnée, le dernier poisson capturé, alors le visage pâle s'apercevra que l'argent ne se mange pas. " À méditer ...
    Néanmoins, gardons espoir, peut être que la jeunesse va tirer tous ces inconscients idiots de leur léthargie. Prenez soin de vous.
     
    Nous arrivons à la fin de cette interview Paced. je te remercie encore d'avoir accepté de répondre à mes questions. Est-ce que tu as quelque chose à ajouter ? Un message pour les membres du forum photo ou pour les visiteurs ?
    Tout d'abord merci à toi et à toute l'équipe pour m'avoir accordé cet interview.
     Ensuite, merci aussi à tous les membres de ce forum, pour les photos postées pour le plaisir de nos yeux.
    Que ceux qui ont plus de technique n'hésitent pas à aider ceux qui en ont besoin. Ne donnez pas d'avis style '' c'est une très belle photo '' si vous ne le pensez pas vraiment. Car ce n'est pas aider celui qui à pris la photo. Par contre, ce qui à mon avis est important, c'est aussi de dire pourquoi une photo vous plait et pourquoi elle ne vous plait pas ( sans pour autant casser l'auteur de la photo ), on peut y mettre des formes...
    De plus chaque personne à une vision différente  de ce qu'il présente... Je crois que c'est aussi une façon d'aider à progresser et surtout à rester honnête envers nous même. Longue vie à ce forum.

     


  • M-clik29
    Pour ce mois de février 2020, je vous invite à en apprendre un peu plus sur M-clik29, l'un de nos membres, qui a bien voulu participer à cette interview.
    Il nous fait régulièrement voyager grâce à ses photographies et participe activement à la vie du forum photo. 
    .....................
    Bonjour M-clik29. Je te remercie d'avoir accepté cette interview. Peux-tu te présenter à nous en quelques mots et nous expliquer la signification de ton pseudo ? 
    Bonjour Nikita,
    Je m'appelle Michel,je suis passionné par la photo depuis très longtemps mais je peux vraiment consacrer du temps à ma passion depuis 4 ans, date à laquelle je suis arrivé en retraite.
    Je voyage aussi beaucoup, à raison de 2 à 3 voyages par an,et j'en profite pour prendre énormément de photos. J'aime particulièrement l'Asie.
    Je suis breton, je vis à quelques mètres de la mer, terrain propice pour shooter, mais j'adore aussi les ballades en forêt.
    Je fais du sport plusieurs fois par semaine, essentiellement de la course à pieds.
    Mon pseudo à été choisi en concertation avec mes enfants:M pour Michel bien-sûr et click 29 en référence à la photo et au département dans lequel je vis ( Finistère ).
     
    Cette passion pour la photographie justement, elle est née comment ? 
    Je crois que je l’ai toujours eue, mais elle s’est surtout déclarée à la fin de l’adolescence , et n’a fait que croître par la suite.
    Mon premier appareil était un zénit,,acheté en 1974.
    Par la suite, avec l’arrivée du numérique, j’ai commencé à beaucoup photographier.
     
    Quel genre de photographe es-tu ? Quels sont tes domaines de prédilections ?
    Je suis un photographe passionné , toujours en quête de la meilleure photo que je trouve rarement réussie car je suis très critique envers moi même .
    Pour mes domaines de prédilections : les portraits bien sûr que je shoote en voyage, les expressions que l'on  trouve sur marchés d'Asie ( inégalables à mon point de vue ).  Je photographie aussi en permanence  paysages et photos de nuit et pose longue .
    J'ai beaucoup photographié mes  4 enfants, maintenant c'est au tour de mon petit-fils !!!
     
    Nous avons eu en effet l'occasion d'admirer tes portraits. Parlons-en. Comment tu t'y prends ? Tu demandes aux personnes que tu croises si tu peux les photographier ? Elles acceptent toutes ? 
    Comme j'ai travaillé toute ma vie sur les marchés, quand je voyage je me dirige toujours vers ces lieux colorés et très animés. J'ai l'impression que c'est là que je trouve les plus beaux sujets de photographie et les plus expressifs.
    Parfois, je photographie par surprise ou à l'abri des regards afin de faire des photos les plus naturelles possibles s'il s'agit de personnes, mais généralement je demande l'autorisation .
    À l'étranger, rares sont les refus. Je ne photographie jamais les enfants sans l'autorisation d'un adulte qui les accompagne.
     
    Il semble que ce soit plus facile à l'étranger de photographier des personnes dans la rue par rapport à la France. Ici, tu as une chance sur deux de te faire taper dessus. Crois-tu qu'il y ait un autre rapport à l'image à l'étranger ? 
    Oui je pense que c'est plus facile à l'étranger car il y a le côté touriste. On est plus indulgent. Ensuite,quand tu réussis à prendre contact avec des personnes, elles sont fières d'être prises en photo, elles adorent regarder l'écran et elles ont l'impression qu'on leur témoigne de l'intérêt.
    Parfois, on me demande un peu d'argent en échange  d'une photo. Généralement je refuse mais parfois, quand la photo m'inspire, cela m'arrive d'accepter.
    Je me dis que nous n'avons pas le même niveau de vie. En France,on donne bien de l'argent aux gens qui mendient aussi !
     
    Est ce qu'il y a des photographes qui t'inspirent ? Dont tu admires particulièrement le travail ? 
    Oui, certains photographes m'inspirent, comme Doineau, Gilles Caron.
    Je viens de voir une exposition de Caron, je trouve formidable son travail à chaque fois : il réussi à capter le regard, toutes ses photos sont authentiques.
    Quant à Doisneau, je trouve géniale la façon dont il capte les gens dans la rue, la photo paraît tellement naturelle à chaque fois !
     
    Que penses-tu du monde de la photographie aujourd'hui ? 
    Le monde de la photographie a bien évolué depuis l'apparition du numérique !
    Maintenant, tout le monde peut s'intéresser à la photographie et en pratiquer en tant qu'amateur.
    La diffusion et le partage se font aussi beaucoup plus facilement via Facebook ou Instagram.
    Photographier les endroits qu'on visite et les partager devient même une façon de vivre, avec parfois ses dérives.
     
    As-tu d'autres passions que la photographie ?
    Oui, la course à pied à raison de 40 à 60 km par semaine. Je fais beaucoup de Trail dans les bois en Bretagne. Nous avons la chance d' avoir beaucoup de beaux parcours. J'ai eu la chance de concilier mes deux passions pour avoir fait plusieurs marathons, PRAGUE, ROME , LISBONNE... donc courses et photos .
     
    Ah oui quand même ! Ce n'est pas rien. 
    Pourquoi t'être inscrit sur le forum ? Qu'est ce qu'il t'apporte ? 
     En fait, c'est JAKEZ membre ( intoxiqué ) de forum photo qui m'en a parlé, nous faisons partie du même club photo.
    Il ma convaincu que c'était très bien pour progresser.
    En rentrant , je suis allé sur le forum photo et j'ai trouvé que c'était très bien pour s'améliorer. Le fait d'avoir des critiques négatives ou positives te remet à ta place pour t'améliorer.
     
    Nous arrivons à la fin de cette interview, y a t-il un sujet que tu souhaiterais aborder en particulier, que ce soit en rapport avec la photo ou pas ? 
    Nous avons parlé de pas mal de choses. Je pense que nous pourrions discuter pendant longtemps tellement la photographie est passionnante.
     
    C'est vrai. Je te remercie encore d'avoir accepté cette interview. As-tu quelque chose à ajouter pour les autres membres et pour les visiteurs ?
    forumdephotos.com,  un site sympa, pour progresser avec une charmante administratrice. 
    ..................

     


  • F2P
    Ce Mois-ci sur le forum photo, je vous propose de faire un peu plus ample connaissance avec Ave-cesar, qui est parmi nous depuis le mois de novembre 2019. 
    Participant dans de nombreuses rubriques, il a su se faire une place petit à petit sur le forum.
    Un grand merci à lui pour sa participation active. 
    ........................
     
    Bonjour Ave-cesar. Je tiens tout d'abord à te remercier d'avoir accepté de participer à cette interview. 
    Peux-tu te présenter en quelques mots aux membres du forum et nous expliquer le choix de ton pseudo ? 
     
    David, 44 ans. Originaire du Puy-de-Dôme où je suis encore aujourd'hui très présent avant de finaliser mon installation dans le Cantal, département que j'affectionne tout particulièrement pour sa douceur de vivre.
    Une mégalomanie égocentrique exacerbée m'a tout naturellement amenée à me réincarner en Jules : " Ave César ". J'aurais aimé lever le pouce ou le baisser dans l'arène, porter une couronne de laurier sur la tête, des sandales aux pieds et une toge blanche immaculée. Avoir des serviteur autour de moi et des secoueurs de feuilles de bananiers au dessus de ma tête pour me ventiler. Quel homme ce Jules.
     
       C'est vrai que doit être plaisant.
    Depuis quand fais-tu de la photographie ? Comment est née cette passion ? 
     
    J'ai toujours fait de la photo : petit, mes parents m'avaient laissé " jouer " avec un petit Kodak à flash cubique. Plus tard, de passage en Andorre, j'achète un premier petit Canon qui me permet de griller des centaines de peloches de photos familiales. Puis un passage en Fnac  a eu raison de moi : Minota Dynax 4, les débuts dans la photo " artistique " : macro, animaux, moto, paysage, photos familiales de portraits. Cela date des années 2000. Beaucoup de photos de voyage.
    Passage par Sony Alpha Full Frame et optique Zeiss, une tuerie, puis un Leica M9 et Summilux, une autre tuerie mais revendu rapidement car le joujou était bien trop onéreux pour le balader en baroude ( beaucoup de randonnée de Montagne à l'époque ). 
    Et puis gros passage chez Fuji : X-Pro1, XT-1, XT-2 puis XT-1 et finallement XH-1. 
    Entre temps je me suis pris de passion pour les objectifs anciens. Je joue donc avec mes focales fixes sur mon boitier récent. Les résultats ne sont pas toujours à la hauteur de mes espérances mais je persévère.
    En fait j'aime l'observation des choses, des objets et des bâtiments anciens. J'ai la " technique " de la photographie. J'aime l'association d'un outil technique à la création imaginaire pour aboutir à une création personnelle.
     
    On ne se connait pas beaucoup mais tu m'as l'air de toucher à tous les domaines en photo, y compris la photographie de nu. C'est une discipline que peu de photographes du forum pratiquent.
    Peux-tu nous expliquer comment tu l'abordes et d'où te vient l'inspiration dans ce domaine particulier ?
     
    Aujourd'hui j'ai délaissé le paysage, je n'y arrive plus. Je continu les végétaux, la proxi et j'affectionne effectivement tout particulièrement le portrait pour capter les expressions.
    Le nu, effectivement, me plaît par ailleurs beaucoup. 
    J'aime les femmes, leur corps. Je les trouve belles. Je voudrais essayer le nu masculin mais je ne trouve pas le corps masculin très photogénique. 
    Faire modeler le corps à son modèle, trouver un terrain d'entente sur les pauses, sur le rendu souhaité, essayer de montrer le juste nécessaire. 
    Je trouve que l'on se rapproche d'un scénario à énigmes où l'on souhaite donner juste des pistes nécessaires pour la lecture et la compréhension. Le nu est pour moi la discipline la plus graphique et la plus esthétique. C'est dur car à la spontanéité de la photo de rue, on doit trouver l'alchimie entre la vision que l'on a du résultat souhaité, la vision interprétée par le modèle en fonction des directives données et ... la technique photographique... 
    Je ne fais jamais de studio, je n'aime pas. J'aime les photos en lumière naturelles, dans des lieux réels, avec aussi le challenge de photographier nu en extérieur. J'aime aussi l'imperfection dans le nu.  j'aimerais trouver des modèles divers et variés pour m'exercer, apprendre, m'améliorer, mais c'est très difficile...
    Je n'aime pas la photographie de sport. Je ne suis pas un fondu non plus d'animalier.
     
    Parlons de post traitement. Certains disent que l'on dénature les photos et d'autres que c'est un travail à part entière.  
    Qu'est-ce que tu en penses ? Est-ce que tu y passes beaucoup de temps ? 
     
    Je suis un peu mitigé sur ce sujet. Pour moi le post-traitement fait partie de la photo à part entière mais jusqu'à une certaine limite. Sitôt que l'on touche à l'infographie, on n'est plus dans la photographie. Même le studio me laisse perplexe. Les éclairages non naturels me posent problème. Certes les résultats sont là avec tous ces artefacts, mais reste t-on réellement dans la discipline ?
    De mon côté, je recadre au besoin, j'accentue un peu la netteté au besoin, je reprends un peu les courbes sans exagération ( sauf cas exceptionnel ). Il est vrai qu'en noir et blanc si l'on ne fait pas un Post Traitement et qu'on laisse le boitier faire... C'est plat, très plat, trop plat. Qui plus est j'aime les noirs et blancs marqués, suggérés, crûs.
     Je serais incapable de passer plus de cinq minutes à retoucher un cliché sur ordinateur. Je me poserais trop de questions quant au rendu final. Les possibilités sont trop nombreuses, l'étalonnage de l'écran joue pas mal de tour aussi. Donc je laisse à ceux qui se plaisent avec les logiciels, les apprivoiser. J'ai déjà beaucoup à faire pour apprivoiser encore mieux la technique photographique.
     
    Y a t-il des photographes qui t' inspirent, dont tu admires particulièrement le travail ? 
    Alors, je suis fan du travail de Lee JEFFRIES et ses portraits magiques. J'aimerais savoir réaliser ce genre de cadrage serré aux traits très marqués. Il faudrait aussi avoir sous le coude des sujets " marqués " par la vie pour pouvoir évoquer leur souffrance sur la pellicule. Sinon, j'aime les dessins de Derek HESS, qui pourraient être des sources d'inspiration dans les pauses de nus.
     
    Pourquoi t'être inscrit sur le forum photo ? Qu'est-ce qu'il t'apporte ? 
     
    Partager évidemment, autour d'une passion commune.
    Avoir un retour sur ce que l'on fabrique et que l'on imagine être superbe et qui ne l'est peut être pas autant que ça... et pouvoir donner son avis sur ce que font les autres. Rien de bien exceptionnel en fait. 
    Par contre le forum est joli ( ça me paraît essentiel par exemple de pouvoir présenter ses clichés sur un fond sombre permettant de faire ressortir les images ), la manière de présenter les photos est simple, le forum est convivial, pas de prises de tête. Et quelques initiatives découvertes à postériori que je trouve tout à fait cohérentes avec le bon esprit qui réside : les interview des membres ou le magazine annuel. Bref on voit que ce forum est tenu, suivi et que ses administrateurs s'investissent pour le faire vivre.
     Il me booste dans mes démarches. Je me suis remis sérieusement à photographier. L'envie de présenter son " travail ".
     
    En parlant de présenter ton travail photographique, as-tu déjà participé à des expositions ? 
    Pas encore. Je travail pour en ce moment pour exposer sur une thématique du patrimoine bâti industriel de la ville de Thiers.
     
    Il faudra nous montrer ça.  As-tu d'autres passions en dehors de la photographie ?
     
    Oui bien sûr !
    Par ailleurs, je suis fan de moto et en particulier les motos anciennes des années 20-30. Le vtt crosscountry et d une manière générale le bricolage. 
     
    Quand tu donnes ton avis sur une photographie, qu'est-ce qui est primordial pour toi pour que l'image soit réussie ? 
     
    Alors évidemment : qu'elle me procure un certain plaisir. Je n'attache que très peu d'importance à la technique et aux règles. Si le sujet est cadré en bas, surexposé mais que le rendu global est bon selon moi, je trouve cela bon. Je n'aime pas la perfection sur un cliché. Idem sur le modèle pris. Faire du beau avec du laid peut être un challenge, une sinécure. Le noir et blanc est d'ailleurs une bonne technique pour aller dans ce sens. En couleur ce pourrait être bof, en  noir et blanc lorsque c'est réussi, c'est beau... 
    Après j'aime néanmoins les clichés assez piqués, ce que je ne trouve pas forcement dans mes résultats avec mes optiques anciennes... Mais je me soigne !
     
    Quelle serait pour toi " la photo ", celle que tu rêverais  de pouvoir réaliser ? 
     
    Un nu artistique sur une place publique.
    C' était une blague !  
    Une photo réussie serait de faire aimer mon style. J'aime les noirs et blancs très tranchés qui ne font pas toujours l' unanimité. 
     
     Nous arrivons à la fin de cette interview Ave-cesar, merci encore d'avoir bien voulu participer.
    As-tu quelque chose à ajouter ? Un message pour les autres membres du forum et pour les visiteurs ? 
     
    Un grand merci aux avis avisés ( ! ) de tous les participants du forum. Un grand merci à ma muse.
    J'espère que la présentation de mes clichés vous apporteront du plaisir à les regarder et que vos retours me permettront d'améliorer ma technique et ma vision des compositions.
    David
    .....................

     


×
×
  • Create New...